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ce texte dans son sens exact il n’annonce pas le départ immédiat de la Galilée, mais seulement la proximité de ce départ. Il n’est pas douteux que Luc reproduise ici un élément qu'il puise à une tradition qu'il y a tout lieu de considérer comme excellente. Elle contredit nettement, et sur plusieurs points, des idées dominantes de la tradition évangélique qui sont en même temps des idées de Luc. Elle ne représente pas les pharisiens comme systématiquement et constamment hostiles à Jésus, puisque ce sont quelques-uns d'entre eux qui l’avertissent d’un danger qui le menace; en second lieu elle suppose que les démarches de Jésus peuvent être déterminées par des circonstances contingentes et humaines et non simplement par un plan à réaliser.
La mention de Jérusalem à la fin du v. 33 introduit la parole de Jésus sur Jérusalem qui tue les prophètes et sur les multiples tentatives qu'il a faites pour rassembler ses enfants. « Voici, conclut-il, votre maison sera déserte et vous ne me verrez plus jusqu’à ce que vienne le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! »(13, 34-35). Il n’est pas possible d'admettre, de Jésus de la Galilée ne pouvait avoir été motivé par une menace d'Hérode et il aura introduit le v. 33 pour expliquer ce départ par un motif de baute convenance : un prophète ne doit
pas mourir hors de Jérusalem.
1. Cette parole, qui est celle de l'acclamation du peuple à l'en-
comme l'ont proposé quelques exégètes, que Jérusalem soit pris ici dans un sens figuré, que ses enfants soient indistinctement lous les Juifs et qu’ainsi il puisse être question ici du ministère galiléen de Jésus. Cette parole, qu'elle ait été prononcée en Galilée comme le dit Luc, ou à Jérusalem comme l'indique Matthieu (23, 37-39) et comme cela est beaucoup plus vraisemblable, suppose plusieurs tentatives de Jésus à Jérusalem. Nous avons donc certainement là un fragment de tradition détaché de son contexte et inséré ici par association avec les derniers mots du morceau précédent et pour faire dominer toute cette partie du récit par la perspective de Jérusalem et du drame de la passion.
Les récits et enseignements contenus dans les 24 premiers versets du chapitre 14 sont enfermés dans le cadre d’un repas que Jésus prend chez un pharisien. Ce cadre convient parfaitement pour la majeure partie du contenu de ce fragment, pour l’enseignement sur les places à table et sur l'invitation (14, 7-14) et pour la parabole du
trée de Jésus à Jérusalem (/9, 38), ne peut guère viser cette entrée mais doit se rapporter au retour glorieux. C’est du moins en ce sens que l'entend Matthieu qui la place après l'entrée à Jérusalem (23, 37-39). Originairement cette parole aurait donc été prononcée tout à la fin du ministère public de Jésus. Il y aurait lieu de rechercher si elle n'a pas, en quelque mesure, influencé le récit de l'entrée de Jésus à Jérusalem.