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; cs quelque grande qu’ait pu être l'affinité entre les systèmes spéculatifs édifiés de part et : d'autre. | Mais cet intérêt primordial des chrétiens à conserver le souvenir de la vie historique de leur maître ne suffit pas pour épuiser les raisons 4 qu'avaient les disciples de ne paslaisser s’évanouir le souvenir de la vie terrestre de Jésus. Il avait été pour ceux qui avaient vécu prèsde lui l'incarnation de la plus haute autorité morale. On avait | pris l'habitude de regarder à lui, d'attendre ses conseils, de s'inspirer de son exemple dans toutes les circonstances graves ou délicates. Lui disparu, l'autorité morale de sa personne ne s’évanouit pas, elle s'attacha, non plus à la personne vivante mais au souvenir, aux actes, aux paroles. Rien ne montre mieux la portée de cette autorité que l'exemple de l’apôtre Paul. Il n'avait pas connu Jésus, l’ascendant de sa personne ne s'était par conséquent pas exercé sur lui et il n'avait subi \ son influence que d’une manière toute indirecte. Il ne connait cependant pas d'autorité morale plus haute que celle d’une parole de Jésus et ïl lui subordonne nettement la vou de l'inspiré, de l’homme qui cependant possède l'Esprit du D Christ (7 Cor., 7, 25. 40).
bé Un triple intérêt s'attachait donc aux souvenirs conservés de la personne et de l’œuvre du Christ:
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l'intérêt théologique qui ne pouvait faire abstraction de l'épisode terrestre du drame de la rédemption, l'intérêt humain: ceux qui directement ou indirectement avaient été en contact avec la personne de Jésus ne pouvaient laisser son image s’'évanouir dans leurs esprits et dans leurs cœurs ; enfin l'intérêt moral, les paroles et les actes de Jésus étant considérés comme fournissant la solution des problèmes moraux et pratiques en présence desquels on pouvait se trouver. Ainsi s’explique que la communauté chrétienne n'ait jamais pu se passer de la tradilion relative à la vie historique de Jésus. |
De la nature même de l'intérêt qui s’attachait à cette tradition, il résulte que l’on ne devait pas, à l'origine au moins, attacher un prix particulier à ce que la tradition conservât une histoire cohérente dela vie de Jésus. Au point de vue spéculatif, la seule chose qui importait c'était le simple fait de la mort du Christ; au point de vue sentimental, c'étaient des paroles, des actes, des attitudes dans lesquels s'était exprimée l’âme de Jésus bien plutôt qu'un tableau homogène de son activité, au point de vue moral auquel se joignit ultérieurement un point de vue doctrinal, ce qui importait c'élaient des faits isolés, des paroles, des actes, ce n’était pas l’ensemble de la vie de Jésus et la cohérence de ses divers éléments.
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