‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 8 sur 141 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

EX I. — APERÇU GÉNÉRAL 71 | L étude critique du problème synoptique Ée

provoqué une multitude d? int qui 7 mis.

successivement en lumière les diverses données à et les divers aspects du problème et qui ont Fa comme mis à l'épreuve un certain nombre: de théories qui successivement proposées ont dû être,

1. Sur l'histoire du problème synoptique, notamment sur lapériode la plus ancienne, on consultera, outre les paragraphes consacrés à cette question dans les diverses introductions et dans les divers commentaires, Baur, Krilische Untersuchungen über die : kanonischen Evangelien, Tübingen,1847,p.1-76 ; H.-J. HozLrzManN, Die synoplischen Evangelien, ihr Ursprung und geschichtlicher Charakter, Leipzig, 1863, p. 15-43. Pour les quarante dernières

années, on trouvera dans la Theologische Literaturzeitung et dans le Theologischer Jahresbericht une abondante documentation. L'ouvrage d’ALBERT SCHwEITZzER | Geschichle der Leben-Jesu-Forschung (2° éd. de Von Reimarus zu Wrede\, Tübingen, 1913] ne touche qu'indirectement le problème évangélique.

l’une après l’autre, écartées à cause des insuffi-

sances qui se révélaient à mesure qu'on les confrontait plus complètement avec les faits. Peu à peu on voit se dégager, non point sans doute une solution définitive, mais au moins un certain nombre de principes qui déterminent comme un cadre à l’intérieur duquel doit être cherchée l'explication de la manière dont nos trois premiers évangiles se sont formés.

Au point de départ de l'étude critique de la composition des évangiles se place la constatation de l’inutilité des efforts faits depuis Le n° siècle pour harmoniser et fondre en un seul les quatre récits évangéliques. On voit alors passer au premier plan une préoccupation qui n'avait guère existé Jusquelà qu’en fonction, peut-on dire, du problème de l'harmonie, celle de déterminer comment se sont formés les évangiles. On s’en tenait habituellement à la théorie de saint Augustin qui admettait la dépendance des évangiles les uns par rapport aux autres dans l’ordre indiqué par leur place dans le canon. Cette théorie fut appliquée notamment par Griesbach (1783) à l'explication de la formation de l’évangile de Marc. Elle était en réalité — on ne devait pas tarder à s'en apercevoir — insuffisante, puisqu'elle n’expliquait pas la formation du premier évangile mais seulement comment, celui-ci étant donné, les autres étaient nés sur la

base fournie par lui. Lessing (1778), suivi par Semler (1779), essaya de montrer comment il fallait la compléter par l'hypothèse d’un évangile primitif fort ancien dont les évangiles canoniques ne seraient que des recensions ou des fixations diverses. Herder (1797), puis Gieseler (1818) substituèrent la tradition orale à l'évangile primitif. Schleiermacher (1817), à son tour, proposa l’hypothèse des diégèses, c'est-à-dire d’une multitude de petits récits isolés dont le groupement aurait constitué nos évangiles actuels. Ce que ces diverses théories ont de commun, c'est qu’elles constituent un effort pour saisir d’une manière organique la naissance de la littérature évangélique. Mais, par leur caractère trop général, elles avaient quelque chose de prématuré, elles constituaient des anticipations de conclusions qui ne pouvaient être solides que si elles étaient formulées sur la base d’études de détail qui n'étaient encore qu'esquissées. Elles l'avaient été, par exemple, dans les études de Koppe (1782) et de Storr (1786) qui avaient essayé d'ébranler ce qu'on pourrait appeler le dogme traditionnel du caractère secondaire de Marc. Une ère nouvelle s'ouvritlorsqu'en 1832 Schleiermacher appela l'attention sur le témoignage de Papias et essaya d'en faire la base d'une théorie sur l'origine des deux premiers évangiles. Quelques années plus tard, le coup de tonnerre que fut dans

le ciel théologique la Vie de Jésus de David-Friedrich Strauss (1835) fit sentir aux théologiens la nécessité de serrer de plus près l'étude du problème évangélique. C'est à ce moment que virent le jour les pénétrantes études de Hermann Weisse (1838) et de Wilke (1838) dont on peut dire qu'elles ont posé le fondement sur lequel devait reposer en grande partie le développement ultérieur de la critique évangélique.

Son cours normal allait cependant être bientôt interrompu par les discussions passionnées auxquelles devaient donner naissance les théories sur la composition des évangiles développées par l'école de Tubingue en relation étroite avec sa conception générale de l'histoire du christianisme primitif. Ce furentsuccessivement Schwegler (1846) et Ritschl (1846), puis Baur lui-même (1847) et enfin Hilgenfeld (1850), qui donnèrent les principaux exposés de la théorie. -

Les adversaires de l’école de Tubingue furent tout naturellement amenés à faire porter une grande partie de la discussion sur le caractère de l'évangile de Marc dont Baur et ses partisans faisaient un évangile secondaire et neutre où les oppositions primitives étaient systématiquement effacées. Leurs travaux se relièrent par là aux solides études de Weisse et de Wilke. IL faut nommer ici principalement Reuss (depuis 1842),

"LR PT NCRES ÉVANGILES sy TIQUES | 2 Nibert Réville 1862), M.) Hola (1863) et Bernhard Weiss (1864). Le résultat de leurs efforts = fut-de poser le principe de la théorie des deux sources qui explique la formation des évangiles synoptiques à l’aide de deux documents principaux : le récit de Marc, sous une forme que l’on se, représente parfois un peu différente de celle que nous connaissons et un recueil de discours. L’effort principal de la critique pendant les quarante dernières années du xix° siècle consiste à préciser le détail de la théorie. Les travaux de Wernleet des Hawkins, qui datent de 1899, dressent en quelque sorte le bilan de ce travail.

Depuis le début du xx° siècle la critique est entrée dans une voie nouvelle. En partant de la base solide que lui fournissait la théorie des deux sources, elle s’est efforcée de soumettre ces sources elles-mêmes à une analyse à la fois historique et littéraire et, en étudiant leur formation, elle esquisse, en quelque sorte, la préhistoire de la littérature évangélique. C'est à cette préoccupation,

en partie nouvelle, que répondent par exemple les 4 travaux de Wrede (1901), de Johannes Weiss 3 (1903), de Wellhausen (1903-1941), de Loisy 3

(1907-1908) et d’autres.

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