‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 70 sur 141 · THAT ARE UPS LES LOGIA · texte numérisé non relu

THAT ARE UPS LES LOGIA

comparés ont une racine commune et qu'ils ont évolué dans des sens différents, mais au point de vue de la forme seulement, car on ne constate pas que les divergences d'expression s’accompagnent de notables différences de sens. Le travail rédactionnel des évangélistes ne suffit pas pour expliquer les faits constatés. On ne comprendrait pas, en effet, que pour certains éléments des Logia, les évangélistes se soient bornés à de simples retouches stylistiques tandis qu'ils auraient donné pour d’autres morceaux des rédactions entièrement nouvelles. Il faut admettre pour ces passages l'utilisation par Matthieu et par Luc de formes différentes des Logia. Nous aurons à examiner ensuite si et comment cette hypothèse peut se concilier avec les constatations faites à propos des morceaux du premier groupe.

Revenons maintenant aux éléments pour les-,

quels les divergences entre les textes de Matthieu et de Luc ne présentent que peu d'importance. La priorité semble être tantôt du côté de Matthieu, tantôt du côté de Luc.

Dans la prédication de Jean-Baptiste le p% doEnote kéysuw de Luc (3,8) parait être une explication de ce que le y d6£nre Aéye de Matthieu (3, 9) avait

11, 33-36. Mt. 5, 25-96. Le., 12, 58-59. M, 6, 95-34. Le., 12, 29- 31. Mt., 18, 15-22. Le., 17, 8-4, etc.

d’un peu obscur. La priorité de Matthieu parait aussi certaine pour la parabole de la maison bâtie sur le roc (M4., 7, 24-27), car chez Luc (6, 47-49), l’image est précisée et plus systématiquement développée. La maison n’est pas seulement bâtie, on a creusé et établi ses fondations. Dansle discours d'envoi des disciples en mission, Luc paraît secondaire en ce qu’il a supprimé la recommandation faite par Jésus d'après Matthieu (10, 5-6) de n'aller ni chez les Samaritains ni chez les païens. On comprend aisément la suppression de ce détail sous l'influence du développement de la mission en terre paienne, on ne concevrait pas, au contraire, qu'il ait été secondairement ajouté. Citons enfin un dernier exemple de priorité de Matthieu. [nous est fourni par la péricope sur le signe de Jonas (Mf., 12, 38-42. Lc., 11, 29-32). Abstraction faite de l'introduction, les deux textes sont identiques, sauf sur un point. Matthieu (12, 40) a: « De mème que Jonas a été dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l'Homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre », tandis que Luc (71, 30)a : « De mème que Jonas a été un signe pour les Ninivites, le Fils de l'Homme en sera un pour les hommes de cette génération! » Harnack (LI, p. 21), qui d’ordinaire reconnait la priorité au texte de Matthieu, se prononce ici pour celui de Luc parce que le

troisième évangéliste n'aurait pas, pense-t-il, supprimé l’allusion au séjour de Jésus dans le tombeau s'il l'avait trouvée dans sa source. Matthieu, d’après lui, aurait altéré le logion en y introduisant un nouveau terme de comparaison. Nous ne pouvons souscrire à cette opinion : l’idée du Fils de l'Homme demeurant trois jours et trois nuits dans le tombeau est tellement en contradiction avec l’idée qui a prévalu de la résurrection au matin du troisième jour qu'on ne voit pas comment le premier évangéliste aurait introduit cette idée alors qu'il a eu soin de la supprimer dansles trois prophéties des souffrances et de la résurrection du Messie (16, 21 ; 17, 23 ; 20, 19). Il est au contraire facile de comprendre que Luc ait fait disparaître une formule qui n’était plus en har- -monie avec la foi des chrétiens.

Les cas où la priorité de Luc peut être établie pour l’ensemble d’une péricope sont moins nombreux. Il en est cependant un qui parait caractéristique. C’est celui de l’Oraison dominicale (Mt, 6,9-15. Le., 11, 1-4) !. En faveur du texte

4. Harnack (Ueber die ursprüngliche Gestall des Valerunsers, Silzher. Berl. Ak. d. Wiss., 1904, p. 195 s.), reprenant une idée déjà exposée par Blass et par Resch, a soutenu que le texte primitif de Luc contenait, à la place de la demande du Royaume, celle de l'Esprit: äX0écew ro dyrov mvebud cou éo "fus xal xalaptodre fu&c, cette lecon qui est donnée par les manuscrits 700 (RS AEGE (xure s.), Grégoire de Nysse, Maxime le Confesseur, Marcion (chez

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de Luc il faut d'abord constater que Jésus y enseigne sa prière en réponse à une demande que lui font ses disciples et non pas d’une manière abstraite, sans relation avec des circonstances par- ‘iculières. Cela paraît mieux s’accorder avec le caractère général de son enseignement. Toutefois cette considération est secondaire par rapport à la comparaison des textes. Abstraction faite de différences de pure forme dans la demande du pain quotidien, dans celle du pardon et dans la promesse du pardon aux offenseurs, le texte de Luc se sépare de celui de Matthieu sur les points suivants: dans l'invocation Luc a simplement « Père » sans l'addition de « Notre... dans les cieux ». Il n'a pas la troisième demande : « Que ta volonté... » ni la septième : « Délivre-nous du malin ». On n'aperçoit aucune raison de quelque nature que ce soit qui aurait pu le déterminer à supprimer ces éléments de l'Oraison dominicale. Il faut donc voir en eux des développements liturgiques propres à Matthieu, analogues, quant à leur nature, à Ja doxologie placée par la tradition à la fin de l'Oraison dominicale.

ce dernier,non à la place mais à côté de la demande du Royaume) Les Acta Thomæ et la liturgie de Constantinople font allusion à une prière demandant l'Esprit. Nous ne croyons pas pouvoir adopter ce texte, d'une part, parce que son attestation est trop tardive et de l'autre parce que, chez Marcion, il y a simplement juxtaposition et non pas substitution.

Souvent une même péricope présente à la fois des ‘‘aits qui permettent de conclure à la priorité de Matthieu et d’autres qui établissent celle de

rEuc.

Il en est ainsi dans le récit de la tentation (Mt., 4, 1-11. Le., 4, 2-13), les différences portent sur plusieurs points : 1° Matthieu a, comme seconde tentation, celle de se jeter en bas du Temple et “comme troisième, celle d’adorer Satan. L'ordre est inverse chez Luc. 2° Dans la réponse à la première tentation, la citation de Deut., 8,3 est plus complète chez Matthieu que chez Luc. 3° Dans la réponse à la seconde tentation de Matthieu la citation du Ps. 91, 11-12 est plus conforme au texte original dans Luc que dans Matthieu. 4° La dernière tentation de Matthieu est plus développée chez lui que chez Luc. Le deuxième et le quatrième faits notés sont favorables à la priorité de Luc. Le troisième est au contraire favorable à celle de Matthieu. Quant au premier, il est plus délicat à interpréter. Il semble que la disposition de Matthieu puisse être expliquée par le désir de donner au récit un couronnement plus dramatique et que par suite elle doive être tenue pour secondaire. |

L'examen des Béatitudes (M4., 5, 3-12. Le.,6,20- 23) permet de relever des indices nettement favorables, d’autres nettement défavorables à la priorité

DÈ RC TRE NEUN

de Matthieu. Si Luc avait littéralement reproduit une source que Matthieu aurait aussi connue, on ne comprendrait pas qu'il n'ait pas reproduit les malédictions de Le., 6, 24-26. Inversement on ne comprendrait pas l’omission par Luc de certaines des Béatitudes de Matthieu. Dans M4, 5, 3, les mots z& rveiuar: sont secondaires !. D'autre part le xAafovres..…. vehacére de Lc., 6, 21 est secondaire et trahit l'influence du Ps. 126, 6. Dans l’ensemble, les Béatitudes présentent chez Matthieu certaines traces d’incohérence ?, Chez Luc tout est plus homogène ; les Béatitudes sont des promesses de dédommagements à ceux qui souffrent et cette interprétation est confirmée par les malédictions qui les accompagnent. La forme simple et directe doit être primitive, la forme atténuée indirecte et expliquée de Matthieu doit être secondaire. Matthieu et Luc s’éloignent donc l'un et l'autre de la forme primitive et originale que les Béatitudes doivent avoir eue dans les Logia.

Pour les paroles sur l'amour des ennemis (Me., 5, 38-48; 7,12. Le., 6, 27-36) on ne peut pas admettre la priorité absolue de Matthieu à cause de la disposition systématique du développement

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