‹ Introduction au Nouveau TestamentChapitre 71 sur 141 · ME, 11, 5 a la formule TTOYOË EdayyEAEovTa · texte numérisé non relu

ME, 11, 5 a la formule TTOYOË EdayyEAEovTa

2. Emploi successif de la 3° personne et de la 2. Explications pour mrwyol et pour retw@vres. Combinaison de promesses de dé-

dommagements pour des souffrances subies et de récompenses pour des qualités morales.

et de l'opposition qu'il établit entre l’enseignement de Jésus et l'Ancien Testament. Luc n'aurait pas modifié ce caractère du développement s’il l'avait trouvé dans sa source. On ne peut d'autre part admettre la priorité absolue de la forme de Luc pour trois raisons : 1° Matthieu dit : « Si on te frappe à la joue droite », Luc simplement : « Si on te frappe sur une joue ». Luc a supprimé un détail qu'il ne comprenait pas. Normalement c’est la joue gauche qui est exposée à être frappée, mais, d’après le Talmud, le soufflet donné du revers de la main, atteignant par conséquent la joue droite, était considéré comme le plus offensant! et cela établit le caractère primitif du texte deMatthieu.2°Matthieu n'aurait pas séparé de l’enseignement sur l'amour du prochain, la recommandation de faire ‘à autrui ce qu’on voudrait qu’on vous tit s'il l'avait, dans sa source, trouvée dans le même contexte comme c’est le cas chez Luc (6, 81) ?.

3° L’exhortation à la miséricorde qu'on trouve chez Luc présente avec son contexte le caractère d’un développement plus systématique que l'exhortation à la perfection qu'on trouve chez Matthieu. Elle doit donc êtretenue pour moins primitive.

4. J. WeissMann, Zur Erklärung einer Stelle der Bergpredigt, ZEND EXT AO 18 p.115

2. Chez Matthieu, ce logion donné ailleurs est isolé et sans relations avec son contexte.

L'épisode du centenier de Capernaum (W4., 8, 5-13. Lc.7, 1-10) est le seul récit étendu qui provienne des Logia. Le texte de Matthieu ne peut pas être tenu pour primitif parce qu'il comprend, comme commentaire de l'admiration de Jésus pour la foi du centenier, une.déclaration que Luc donne dans un autre contexte (13, 28-30) et aussi parce qu'il substitue l'enfant (rai qui peut aussi signifier serviteur) à l’esclave alors qu'au v. 8 celui-ci est présenté comme un personnage connu. Le texte de Luc ne peut pas non plus être considéré comme primitif parce que Matthieu n'aurait eu aucune raison de supprimer le détail si caractéristique du centenier, n'osant pas venir en personne trouver Jésus, mais envoyant des Juifs intercéder pour lui.

Des constatations du même ordre peuvent être faites à propos de l’importante péricope de la question de Jean-Baptiste et du témoignage de Jésus sur Jean-Baptiste, qui s'y rattache directement (Mt., 11, 2-19. Le., 7, 18-35). Dans Matthieu, la réponse de Jésus aux envoyés suit immédiatement la question. Luc (v. 21) intercale la remarque que Jésus accomplit à ce moment diverses guérisons. Il à, sans aucun doute, pensé que celles qui sont visées dans la réponse de Jésus devaient être expressément racontées. Dans le témoignage de Jésus sur Jean-Baptiste, Luc introduit

Page 1