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vue de la narration, la personnalité de l’évangéliste s'efface derrière les matériaux que lui fournit la tradition et qu'ilse borne à agencer.
Il en est de même au point de vue des pensées
religieuses. L’évangéliste n’est ni un créateur ni
un penseur original, il exprime les idées qui
avaient cours dans le milieu au sein duquel et
LES UE Pa Pr.
ss M). 2 2
pour lequel il a travaillé. Rien n'autorise à voir
dans son œuvre un écrit tendancieux, soit qu'avec
Baur et ses premiers disciples! on en fasseun écrit
intentionnellement neutre et terne destiné à atté-
nuer l’antithèse du paulinisme et du judéochristianisme, soit qu'avec Volkmar ? et Holsten? on y reconnaisse une apologie du paulinisme réalisée par une déformation de l’évangile primitif, soit encore qu'avec Hilgenfeld (Ein/., p. 518 s.), on y trouve le document d'un judéochristianisme devenu non seulement tolérant mais même bienveillant à l'égard du paulinisme. Le seul fait que des appréciations aussi opposées aient pu être faites de l’œuvre de Marc prouve, à lui seul, que le caractère dogmatique du second évangile n’est pas très accusé.
1. Voir plus haut, p. 67 s. Contre cette conception voir HiLGEx FELD, Einl., p. 518.