IT. — LE PLAN
Le plan de l’évangile de Matthieu repose sur celui de Marc dont il est un élargissement. Les grandes lignes du récit sont les mêmes mais ont
1. Cela ne veut d'ailleurs pas dire que l’évangile des Hébreux ne repose pas, accessoirement, sur d’autres traditions que la tradition canonique ou que ces autres traditions soient sans valeur. On peut parfaitement tenir pour historique l'épisode de la femme adultère (Jn., 7, 53-8, 11), si c'est bien à lui que Eusèbe (k. e., IIT, 39, 17) fait allusion quand il dit que Papias commentait l'histoire qui se trouvait dans l’évangile des Hébreux, d'une femme convaincue de beaucoup de péchés (fragm. 21). Le cas de l'interprétation de ëmroŸorov par mahar, crastinum est un peu différent. Si cette interprétation est juste, ce qui est pour le moins possible, cela ne prouve pas que l'évangile des Hébreux était indépendant de Matthieu, mais seulement qu'il l'interprétait correctement.
subi quelques modifications d'importance secondaire. Elles s'expliquent par l'introduction d’éléments que Marc avait ignorés ou laissés de côté et, accessoirement aussi, par une tendance indéniable à grouper d'une manière plus systématique les récits similaires.
Il convient d'observer d’abord que, dans limmense majorité des cas, les éléments communs se présentent chez Matthieu exactement dans le même ordre que chez Marc. Les exceptions à cette règle sont peu nombreuses et s'expliquent en général aisément sans qu'il y ait jamais lieu de recourir à l'hypothèse d'une modification qui se serait produite secondairement dans la disposition du récit de Mare, hypothèse à laquelle l'accord entre Marc et Luc opposerait d’ailleurs d'insurmontables difficultés. On peut, croyons-nous — et nous essayerons de le montrer par l’analyse du plan de Matthieu — découvrir des raisons de composition qui rendraient assez plausible l’idée de transpositions opérées par Matthieu. Il faut cependant signaler que Johannes Weiss (Aelt. Ev., p. 378 s.) a ici une explication toute différente, plus anciennement déjà proposée par son père, Bernhard Weiss. Il observe que, pour plusieurs des morceaux qui sont différemment disposés, les textes de Matthieu et de Marc sont plus éloignés l’un de l’autre qu'ils ne le sont d'or-
dinaire!. D'autre part, Matthieu y combine les éléments qu’il a en commun avec Marc et d’autres qui manquent dans le second évangile?. S'appuyant sur ces faits, J. Weiss pense que le rapport des textes de Matthieu et de Marc pourrait s'expliquer : par l'hypothèse de Matthieu abandonnant ici le texte de Marc pour suivre une autre source, sans doute les Logia, qui auraient contenu les mêmes récits sous une forme différente. Cette hypothèse nous paraît se heurter au fait que la comparaison des récits considérés de Matthieu et de Marc révèle entre eux des rapports assez complexes. Tantôt Matthieu ne s’écarte que très peu du texte de Marc (guérison de la belle-mère de Pierre, 8, 14-15 par exemple), tantôt il présente des divergences plus importantes mais qui établissent nettement la priorité de Marc (guérison du Jépreux, 8, 1-4; guérison du paralytique, 9, 2-8), tantôt
1. C'est ce qu'on peut constater en comparant chez Matthieu et chez Marc, par exemple le récit de la guérison du paralytique (ME., 9, 2-8. Mc , 2, 1-12) et celui de l'épisode de Gadara (Mé., 8, 28-34. Mc., 5, 1-20). Pour les morceaux en question, le texte de Luc est en général très proche de celui de Marc.
2. La guérison du serviteur du centenierde Capernaum (8, 5-13) est intercalée entre la guérison du lépreux (8, 1-4) et celle de Ia belle-mère de Pierre (8, 14-15), L'épisode des diverses personnes qui veulent suivre Jésus (8, 9-22) est introduit au commencement du récit de la tempête (8, 18-29). La résurrection de la fille
de Jaïirus (9, /8-26) est suivie de la guérison de deux aveugles (9, 27-84).
L'ÉVANGILE DE MATTHIEU 397 enfin les différences sont si profondes (épisode de Gadara &, 28-9, 1, Jaïrus 9, 18-26) qu'on hésite à se prononcer sur la nature de la parenté des textes. Cette diversité doit, nous semble-t-il, faire penser à un remaniement qui, sur certains points, a pu être profond, plutôt qu’à l’utilisation d’une source différente. Ce qui vient encore confirmer cette hypothèse, c'est que toutes les péricopes disposées chez Matthieu autrement que chez Mare sont groupées ! dans une même section ?. Il paraît dès lors indiqué de chercher l'explication de cette disposition dans des raisons de composition.
Comme Marc, Matthieu divise en deux parties son récit du ministère de Jésus. La confession messianique de Pierre près de Césarée de Philippe
1. À part deux petites exceptions facilement explicables, l'anticipation de l'envoi des disciples en mission et le rapprochement fait entre cette péricope et l'institution de l'apostolat, d’une part, et d'autre part l'interversion des péricopes de la purification du Temple et de la malédiction du figuier.
2. Les principales différences sont les suivantes : Matthieu place les péricopes de la guérison du paralytique, de la vocation de Lévi et de la discussion sur le jeûne entre l'épisode de Gadara et celui de la fille de Jaïrus, tandis que Marc les met beaucoup plus tôt. Il supprime la fuite de Jésus dans un lieu désert et met, à la place que cette péricope occupe dans Marc, l'épisode de la tempête. Ce changement entraîne la disparition de la petite notice sur la prédication itinérante. La guérison du lépreux est placée avant la guérison de la belle-mère de Pierre et les guérisons opérées le soir.
reste le pivot sur lequel s'articule le système des deux périodes qui présentent les mêmes caractères distinctifs. Mais, dans la première partie du récit, Matthieu n’a pas reproduit l'agencement un peu recherché que nous àvons cru trouver dans l’évangile de Marc. Ce n'est pas parce qu'il conçcoit autrement la marche des événements mais, à la fois, parce qu'il s'attache à présenter un tableau plus cohérent et parce que les éléments qu'il ajoute font éclater le cadre de Marc.
L’évangile de Matthieu s'ouvre par une introduction (1, 1-4, 11), qui est formée par l'évangile de l’enfance (J, 1-2, 23) et les récits relatifs à Jean- Baptiste, au baptème de Jésus et à la tentation (3, 1-4, 11).
La première partie de l’évangile, récit du ministère galiléen (4, 12-16, 12), se divise en quatre sections. La prémière (4, 12-9, 34), après un court préambule (retour en Galilée, 4, 12-17, vocation des premiers disciples 4, 18-22, prédication itinérante en Galilée 4, 23-25), est composée de deux éléments, la prédication en paroles (5, 1-7, 29) et en actes (8, 1-9, 34) qui illustrent Les deux termes « préchant et guérissant » employés dans 4, 23 pour caractériser l’activité de Jésus.
Le Sermon sur la Montagne (5, 1-7, 29) a été inséré comme spécimen de l’enseignement de Jésus à l'endroit où, dans l’évangile de Mare, ilest,
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pour la première fois, question de cet enseignement (Mc., 1, 21-22)1. Il y a, jusqu'à un certain point?, dans ce discours, un essai de groupement systématique de paroles de Jésus destiné à en faire comme la charte du Royaume de Dieu. Après l'introduction (5, 1-2), les Béatitudes (5, 3-72) forment comme un prologue qui caractérise l’économie nouvelle, puis, avec les paroles sur le sel et sur la lumière (5, 13-16), viennent des déclarations d’un caractère très général. Le rapport de l'économie nouvelle avec l’économie ancienne est ensuite caractérisé, d’abord théoriquement par le principe de l’accomplissement de la Loi (5, 17-20), puis pratiquement, par des exemples relatifs au meurtre, à l'adultère, au serment, à la vengeance, à l'attitude à l'égard des ennemis (5, 21-48). Après la morale viennent les pratiques religieuses, aumône, prière et jeûne (6, 1-18). On trouve ensuite une série d’exhortations sans lien logique apparent : les trésors (6, 19-21), l'œil (6, 22-23), les deux maîtres (6,24), le souci (6, 25-34), le jugement(7, 1-6), l'interdiction de la profanation
1. La correspondance entre les deux morceaux est rendue indiscutable par le fait que l'impression produite par le Sermon sur la Montagne est caractérisée par Matthieu (7, 28-29) exactement avec les termes que Marc emploie à propos de l’enseignement de Jésus dans la synagogue de Capernaum.
2. Surtout dans la première partie, la seconde n'étant guère qu'une collection de paroles sans lien réel entre elles.
(7, 6), l’exaucement de la prière (7, 7-11). La. cohérence est plus forte pour les morceaux qui suivent et qui constituent la conclusion : résumé de la Loi (7, 12), la porte étroite (7,13-14), l'arbre et les fruits (7, 15-23), la maison bâtie sur le roc (7, 24-27). Les paroles de Jésus sont suivies d’une notice sur l'effet qu’elles produisent sur les auditeurs (7, 28-29).
Le tableau des actes de Jésus (8, 1-9, 34) est constitué par une série de morceaux empruntés en partie à Marc, en partie à d’autres sources. En tête vient la guérison du lépreux (8, 1-4). Le déplacement de cet épisode s'explique facilement : Matthieu a laissé tomber le récit de Marc sur la fuite de Jésus dans un lieu désert (1, 35-38), il ne pouvait donc conserver à l'histoire du lépreux sa place originale, ce qui aurait eu pour effet de la localiser à Capernaum. Il a trouvé un endroit approprié pour l’insérer à la suite du Sermon sur la Montagne, alors que Jésus se trouve dans la campagne. [Il met ensuite l'épisode du centenier de Capernaum (8, 5-13) et reprend le fil de la narration de Marc avec la guérison de la belle-mère de Pierre (8, 14-15) et les guérisons le soir (8, 16-17).
1. La dislocation par Matthieu du récit de la journée de Capernaum a pour conséquence que la scène n'est pas donnée comme se passant un jour de sabbat et que l'on ne voit pas pourquoi
Les morceaux qui suivent, la tempête (8, 18- 27) et Gadara (8, 28-34), sont aussi empruntés à Marc mais déplacés de manière à faire bloc avec les récits qui caractérisent l’activité de Jésus, tandis que, chez Marc, ils se trouvent plus loin, après l’enseignement en paraboles. Le désir de grouper les récits qui caractérisent l’activité de Jésus suffit pour expliquer ce déplacement sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'hypothèse d’une source accessoire parallèle à Marc mais qui aurait présenté une autre disposition. Matthieu a ensuite trois récits dans l'ordre de Marc : la guérison du paralytique (9, 1-8), la vocation de Matthieu avec la discussion sur les péagers (9, 9-13) et la discussion sur le jeûne (9, 14-17). On constate, après cela, un autre déplacement qui s'explique sans doute comme le précédent. La guérison de la femme à la perte de sang et la résurrection de la fille de Jaïrus (9, Z8-26)sont insérées à cette place, enfin le tableau de l’activité de Jésus se termine par deux récits particuliers à Matthieu (la guérison de deux aveugles, 9, 27-31 et celle d’un démoniaque sourd-muet, 9,32-34). Le tableau de l’activité de Jésus est disposé de telle sorte
on attend le soir pour amener les malades à Jésus. II y a là une confirmation du caractère secondaire de Matthieu.
1. Ces deux récits, qui ne sont pas des récits de guérison, ont été insérés sous l'influence du récit de Marc.
qu’il fournit une illustration de la parole par laquelle Jésus répondra à la question du Baptiste : « Les aveugles voient, les impotents marchent, les lépreux sont nettoyés, les sourds entendent, les morts ressuscitent » (11, 6).
Le tableau de l’activité de Jésus qui constitue la section du récit de Matthieu que nous venons d'analyser est conçu avec une certaine objectivité en ce sens que la préoccupation de l’auteur est seulement de faire connaître cette activité et non de donner une idée de l'accueil qui lui est fait. Les indications que l’on peut relever par endroits sur l'opposition qui.se dessine contre Jésus ne sont que la reproduction de détails qui se trouvent dans la source et que nous lisons dans Marc. Ce : qui appartient en propre à Matthieu a un caractère très général et ne parle que de succès et d’admiration de la foule.
C'est dans la deuxième section (9, 35-10, 42) qu'est mis en lumière l’accueil fait à l’activité de Jésus. Nous avons d’abord ici, par une nouvelle anticipation sur l’ordre suivi par Mare, l'envoi des disciples en mission, et le discours qui l'accompagne. Ce discours développe surtout l’idée des difficultés que rencontreront les missionnaires et de l'hostilité à laquelle ils se heurteront (9, 35-10, 42). Ce récit vient des Logia et Marc n'en donne qu'un bref résumé. Il est suivi
d'une courte notice sur la prédication itinérante de Jésus (11, 1). Celle-ci introduit la question de Jean-Baptiste à Jésus (11, 2-6) suivie du témoignage de Jésus sur Jean-Baptiste (71, 7-11), de la parole sur le Royaume de Dieu violenté (11, 12-15) et de la parabole des enfants (11, 16-19). Ces morceaux, par la place qu'ils occupent dans le récit, éclairent les relations de Jean-Baptiste et de Jésus et montrent le précurseur lui-même perdant la foi en celui dont il avait annoncé la venue. Les paroles sur Jean-Baptiste sont immédiatement suivies de la malédiction des villes galiléennes incrédules (71, 20-24) et, soit que l’évangéliste n’ait pas voulu terminer ce morceau sur une note exclusivement négative, soit qu’il reproduise ici une disposition de la source, de la doxologie sur la révélation faite aux enfants (11, 25-27) et de l'appel à ceux qui sont fatigués et chargés (11, 28-30). Au chapitre 12, Matthieu reprend le fil de la narration de Marc avec les deux récits de conflits relatifs au sabbat (12, 1-14) suivis, comme dans le second évangile, d’une notice d'ensemble sur les guérisons accomplies par Jésus et sur la foule qui vient àlui (72, 15-21) !. Suivant toujours Marc?, il donne 1: Matthieu développe cette AOUsE par l'addition d'une citanee d'És., 49, 1-4.
. En ontettent, bien entendu, l'envoi des disciples en mission es avait donné plus haut.
ensuite l'accusation de possession et la réponse de Jésus (12, 22-45) sous une forme plus complète et peut-être en l’enrichissant encore d’autres éléments des Logia. Puis vient le chapitre sur les paraboles (13, 1-52) qui, bien que la chose soit moins nette que chez Marc, a aussi le caractère de réflexions théoriques sur l’échec de Jésus. La disposition de ce morceau vient directement de Marc, ainsi que cela résulte du fait que l'explication de la parabole de l'ivraie ! (13, 46-43), qui n'a pas d'équivalent dans Marc, est rejetée après la conclusion sur l’enseignement en paraboles et séparée, d'une manière très peu naturelle, de la parabole elle-même (13, 24-30). La fin de cette section est constituée par le rejet de Jésus à Nazareth (13, 53-58).
. Pour la troisième section (perplexité d’Hérode et mort de Jean-Baptiste: 14, 13-33) et pour Ja quatrième (groupe des multiplications : 14, 13-16, 12), le récit de Matthieu est exactement parallèle? à celui de Marc, si
4. Parabole qui jusqu'à un certain point correspond à céllede la semence chez Marc. :
2. Toutefois avec addition de quelques éléments qui manquent chez Marc tels que Pierre marchant sur les eaux (14, 28-31), apostrophe contre les pharisiens aveugles conducteurs d'aveugles (15, 12-13) et parole sur le signe des temps (16, 2-3), à moins, ce qui semble plus probable, que ce dernier passage, qui manque notamment dans les manuscrits NB, n'ait été introduit dans d’autres témoins du texte tels que CD d'après Le.:12, 54.56.
ce n’est qu'un récit de guérisons collectives (15, 29-31) est substitué à la guérison du sourdmuet (Mc., 7, 31-37) et que Matthieu n'a pas. d’équivalent à la guérison de l’aveugle de Bethsaïda (Me., 8, 22-26).
Dans la seconde partie de l’évangile qui va de la: confession de Pierre à la guérison des aveugles de Jéricho (16, 13-20, 34), Matthieu suit de très près le récit de Marc; sur aucun point il n’a un ordre différent du sien. Il suffit de signaler qu’il omet deux morceaux de Marc (l’homme qui chasse les démons au nom de Jésus, Mc., 9, 38-41 et la parole sur le sel (Mc., 9, 49-60)! et qu'il ajoute un certain nombre d'éléments nouveaux. Les uns:
sont combinés aux récits qui viennent de Marc comme la promesse faite à Pierre (16, 17-19), les paroles sur la puissance de la foi (17, 20), sur les enfants (18, 4), sur les eunuques (19, 10-12), sur les douze apôtres siégeant sur douze trônes (19, 28). Les autres sont insérés entre les récits qui viennent de Marc, comme le miracle du statère (17, 24-27), les exhortations à ne pas mépriser les petits (18, 10-14) et à pardonner au frère (18, 15- 22), les paraboles du serviteur impiloyable (18, 23-35) et des ouvriers loués à diverses heures
1. Qui, sous une forme d'ailleurs très différente, figure dans le: Sermon sur la Montagne.
(20, 1-16). Il faut noter aussi que dans la péricope qui clôt cette partie de l’évangile, Matthieu raconte la guérison non pas d’un mais de deux aveugles (20, 29-34)".
Le rapport du récit de Matthieu et de celui de Marc dans la troisième partie qui se rapporte au, ministère jérusalémite de Jésus (21, 1-25, 44) est le même que dans la deuxième. Il n'y a qu'un seul déplacement à noter : le récit de la purifica- : tion du Temple est placé à la suite de l'entrée à Jérusalem, la malédiction dufiguier et l'entretien qui s’y rapporte sont ainsi rapprochés l’un de l’autre. Une seule péricope de Mare manque chez Matthieu, c'est celle de la pite de la veuve (Mc., 12, 41-44). Dans cette partie aussi Matthieu a ajouté certains morceaux. Ceux qui sont incorporés à des récits de Marc sont : guérisons accomplies dans le Temple et ovation faite à Jésus par les enfants (21, 10-11. 14-16), beaucoup d'éléments du discours contre les pharisiens (23, 1-36), quelques-uns de l’Apocalypse synoptique (24, 10- 12. 26-28. 30°. 37-41). D’autres additions constituent des péricopes indépendantes, ce sont un certain nombre de paraboles (les deux fils : 21, 28-32; le festin de noces : 22, 1-14; les dix vierges : 25, 1-13 ; les talents : 25, 14-30), la lamen-
1. Ceci est à rapprocher du fait que, dans l'épisode de Gadara, Matthieu parle de deux démoniaques et non d'un.
tation sur Jérusalem (23, 37-39), les paroles sur la vigilance (24, 42-51) et le récit du Jugement dernier (25, 31-46).
Dans le récit de la passion et de la résurrection qui constitue la quatrième et dernière partie de l’évangile (26, 1-28, 20), Matthieu continue à suivre de très près le récit de Marc. Iln'y a niomission ni transposition à signaler. On ne relève que quelques éléments narratifs nouveaux : celui qui frappe par l'épée, les douze légions d'’anges (26, 52-54), la mort de Judas (27, 3-10), le songe de la femme de Pilate (27, 19), Pilate se lave les mains (27, 24-25), tremblement de terre, résurrection des morts au moment de la mort de Jésus (27,51°-53), la garde mise au sépulcre (27, 62-66). Enfin Matthieu poursuit son récit au-delà du point où s'arrête, pour nous, celui de Marc et raconte encore l'apparition de Jésus aux femmes (28, 9-10), la tromperie des autorités juives (28, 11-15) et l'apparition en Galilée avec la mission que Jésus confie à ses apôtres (28, 16-20).