Voir Eusère, À. e., IL
3. C'est pour cela que Bousser (Jüdisch-christlicher Schulbetrieb in Alexandria und Rom, Goettingen, 1945, p, 315) déclare le témoignage de Papias sans valeur. e
témoignages qui doit, en dernière analyse, détermiñer quelle est leur valeur.
Le témoignage de Papias sur Marc est ainsi concu :
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Voici la traduction de Grapin légèrement retouchée ! : «Et le presbytre disait ceci : Marc, étant devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactément mais sans ordre tout ce qu’il se rappelait! des paroles ou des actions du Seigneur. Car il n’a ni entendu ni accompagné le Seigneur ; plus tard, comme je l'ai rappelé, [il a suivi] Pierre.
4. En donnant à pvnuoveuetv le sens qu'il a aussi de «faire mention » et en supposant que le sujetest Pierre; on pourrait traduire. « Tout ce dont Pierre faisaitmention», C'est la traduction qu'adopte Agsotr (art. Gospels, E. B., II, col. 1841, n. 1). Lorsy (1, p, 23. n. 2) reconnaît que la traduction de Abbott est possible, maisnese prononce pasentreelleet latraductionhabituelle. - I1n'y a en effet aucune raison décisive pour aüopter l'une plutôt que l'autre. La portée et le sens du témoignage de Papias ne: sont pas affectés par l'adoption de l’une ou de l’autre.
Or celui-ci donnait son enseignement selon les besoins et sans nul souci d'établir une liaison entre les sentences du Seigneur. Marc n’a donc commis aucune faute en écrivant quelques [récits| d'après ses souvenirs !. Il n’a eu qu'un souci, ne rien omettre de ce qu’il avait retenu et n'y rien altérer ».
I] faut distinguer dans ce fragment de Papias deux éléments : une première phrase qui va jusqu'à # rpxy@évra? est le témoignage du presbytre. Ce qui suit est le commentaire qu’en fait Papias. Le début de ce second fragment reprend en effet une idée déjà exprimée avec toute la netteté désirable dans le premier.
Que signifie exactement le terme d'isunveurts Iérscv yeviueves ? Quelques auteurs, comme Zahn (G. X., L., p. 879), pensent que le presbytre a voulu dire seulement que Marc a servi d'interprète à Pierre, en ce sens que, par la rédaction de son évangile, ila rendu l’enseignement de l'apôtre
1. Ou bien «comme Pierre en faisait mention, comme illes rapportait dans son enseignement ».
2. HozTzuann, S. E., p. 249; B. Weiss, Mc., p. 2. n. 1. : Srerrz, Des Papias von Hierapolis Auslegung der Reden des Herrn, St. u. Kr., 1868, p. 84 ; LAGRANGE, Me, p. xxr. HoLrzmaxx (Einl., P- 383) arrête la citation du presbytre après axpi6@c Éypaÿev. Loisx (I, p. 24, n. 3) ne se prononce pas sur l'étendue exacte de la citation du presbytre. WErFrEex8acu (Die Papiasfragmente, P- 13 s) attribue l'ensemble du passage au presbytre.
accessible à ceux qui n'avaient pas eu l’occasion de l'entendre. Cette interprétation ne s’accorde pas avec le fait relevé par Papias que Marc accompagna Pierre. Mieux vaut donc penser que l'intention du presbytre était de dire que Marc avait été, dans des conditions qu'il n'est bien entendu pas possible de préciser, le collaborateur de Pierre, comme il avait été auparavant celui de Paul !. Il manquerait sans cela dans le renseignement fourni par le presbytreune indication essentielle, celle des conditions qui avaient mis Marc à même de recueillir l’enseignement de Pierre.
À quoi se rapporte le témoignage qu Eusèbe nous a conservé? Il convient ici de préciser la position du problème. Il faut en effet distinguer deux questions auxquelles il n’est pas a priori certain qu'il faille faire la même réponse : Quel est le document que vise le presbytre et quel est celui auquel pense Papias? On pourrait parfaitement concevoir que Papias ait rapporté le témoignage du presbytire à autre chose qu'à ce qu'il visait réellement.
Demandons-nous d'abord ce que Papias a en vue? La plupart des critiques pensent que c’est l’évan-
4. Lorsy, I, p.24 s. En. Meyer (Ursprung, I, p.158 s.) entend que Marc a servi de traducteur à Pierre.
‘gile de Marc tel que nous le connaissons‘. Quelquesuns cependant, à la suite de Schleiermacher*, croient devoir le rapporter au proto-Marc. L'hypothèse est séduisante parce que, comme nous le remarquerons, le témoignage de Papias ne répond que très imparfaitement à l’évangile de Marc tel que nous le lisons; elle soulève cependant de graves difficultés : l’évangile de Marc a certainement existé, sous sa forme actuelle, à l'époque de Papias et l’on aurait peine à concevoir que l'évêque d'Hiérapolis ne l'ait pas connu mais ait eu à sa
4. C'était l'opinion courante avant Schleiermacher. On la rencontre, par exemple, chez RicHarD SIMON, Histoire crilique du texte du Nouveau Testament, Rotterdam, 1689, p. 104; MicH4ELise Einl. 4, Goettingen,1188, p.1052; Ercaorn, Einl., 12, Leipzig, 1820, p. 590; Huc, Eint., II 5, Tübingen, 1826, p. 66. C'est encore l'opinion de beaucoup de critiques après Schleiermacher, p. ex. de A.KLostERuANN, Das Marcusevang.,p.341s.;deB. Weiss, Mc.p.2s.; deZanN, G. K., 1, p. 873 s.; de Jacquier, Hist., II, p. 11 s.; Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, I, Paris, 1911, p.91 s. ; de Sranron, L, p. 52, sans parler de ceux qui, comme BaAUR, SCnWE- GLER, WITriCHEN et WE1zEL, admettent que le témoignage de Papias se rapporte à Marc, mais ne lui reconnaissent aucune yaleur, Zaux (G. K., I, p. 815 s.) pense que le témoignage se rapporte à Marc mais croit que Papias n’4a pas voulu dire que la catéchèse de Pierre a. été la seule source de l'évangile de Marc.
2. Ueber die Zeugnisse, St. u. Kr., 1832, p. 135 s. L'opinion de Schleiermacher est adoptée par Hozrzmanx, S.E., p. 310 s. ; SCHEN- KEL, Chardkterbild Jesu 4, Wiesbaden, 1873, p. 346 ; Reuss, Gesch. d. herl. Schr. N.T., 5 Braunschweig, 1889, p. 481 s.; MANGozr, BLegk’s Einl. à. d. N. T., 4 Berlin, 1886, p. 249 s. WEIFFENBACH (Die Fragmente, p.112 s.) admet de même que le témoignage se rapporte au premier noyau de l’évangile de Marc. ,
place un proto-Marc sensiblement différent dont on ne comprendrait pas facilement qu'il ait longtemps subsisté à côté de’ l'édition corrigée que constituait le Marc canonique.
Nous pensons donc que Papias a entendu expliquer la genèse de l’évangile canonique. Il n'en résulte pas nécessairement que le témoignage du presbytre se soit rapporté au même document. Si substantiellement notre évangile de Marc peut correspondre au contenu de la catéchèse orale, il ne saurait passer pour en être purement et simplement la reproduction. Il est fait, comme nous le verrons, d'éléments, dans une certaine mesure au moins, disparates, et ces éléments sont loin d’être juxtaposés sans ordre et comme au hasard, ils sont au contraire disposés suivant un plan soigneusement élaboré qui révèle l’œuvre d’un écrivain et non d’un simple compilateur. Il est donc tout autre chose, comme l’a noté Loisy (1, p. 26), qu'une collection de catéchèses mises bout à bout.
Nous sommes ainsi conduit à envisager comme possibles trois hypothèses.
4° Le témoignage du presbytre se serait originairement rapporté à un recueil de récits de Pierre qui constituerait une des sources du second évangile!.
4. C'est, avec une modification importante, l'opinion des cri-
2 Le témoignage du presbytre est dénué de valeur même s’il doit être distingué de celui de Papias et si la personnalité du presbytre n’a pas été tout simplement inventée pour donner plus d'autorité à ce que disait Papias !.
3° On pourrait enfin, sans méconnaitre le caractère tendancieux et apologétique de la notice, admettre qu'elle n'a pas été forgée de toutes pièces mais élaborée à l’aide de souvenirs exacts conservés par la tradition.
La première de ces trois hypothèses ne peut guère être envisagée que comme une possibilité toute théorique. On ne peut apporter soit pour elle, soit contre elle aucun argument positif, La seconde nous paraît se heurter à une grave difficulté. Si la notice avait été entièrement forgée
tiques nommés dans la note précédente. C'est exactement celle de WEIrFENBACH, mais la forme que ce critique lui a donnée en se refusant à distinguer entre le témoignage du presbytre et celui de Papias soulève les plus graves difficultés. Rien n'autorise en effet à rapporter à une source de l’évangile ce qui est dit de l’évangile lui-même. Quant à l’idée que Papias, ou même le presbytre, penseraient aux récits de Pierre seulement, on ne peut pas l'envisager.
1. Baur, Ærit. Unters., p. 536; ScnweGLer, Das nachaposlolische Zeitalter, I, p. 458 s.; WirricHeN, Ueber den historischen Charakter der synoptischen Evangelien, Jahrb. f. d. Theol., 1866, p. 434 s.; Das Leben Jesu, lena, 1876, p. 37-39; WETZEL, Die synoptischen Evangelien, p. 197 s. Lots, I, p. 28, se rapproche sensiblement de cette opinion.
pour justifier l'autorité du second évangile, sa composition aurait dû, semble-t-il, être plus directement mise en relation avec un apôtre, par exemple par l’idée que l'on rencontre plus tard de Pierre donnant à Marc l’ordre de mettre son enseignement par écrit. Ce n'est pas tout. Si l’évangile de Marc devait être mis sous l'autorité d’un apôtre, pourquoi Paul, qui semblait tout indiqué n’a-t-il pas été choisi? Loisy (7, p.27) dit que Pierre l’a été parce qu’il passait pour un meilleur garant de la tradition évangélique que Paul, ou bien parce quelenomde Paul servait déjà de recommandation à Luc. Bacon ! pense que le passage I Pierre, 5, 13, pourrait, en dernière analyse, avoir suggéré la conjecture d'une relation entre Pierre et Mare qui est à la base du témoignage de Papias!. Mais le rapprochement de 1 Pi., 8, 13 avec Actes, 12, 12, le fait que Marc fut, en quelque mesure, mêlé à l'incident d’Antioche entre Pierre et Paul? empêchent de considérer comme imaginée la relation entre Pierre et Marc. Tout ce qui pourrait être fictif, c’est la transmission de narrations évangéliques de Pierre à Marc. Mais, d’une part, cette transmission, étant