IV. — Le canon DE MurATORI
Le Canon de Muratori est un document, malheureusement mutilé à son début, qui fut découvert au xvu° siècle, dans la bibliothèque ambrosienne de Milan, par Muratori ‘.Ce document date
41. L'édition la plus commode du canon de Muratori est celle de: Lrerzmanx (dans la collection des Xleine Texte, n° 1°, Bonn, 1908). La littérature relative au canon de Muratori est extrêmement
selon toute probabilité de la fin du second siècle. Après un membre de phrase dont le commencementa disparu, viennent des noticessur les évangiles de Luc et de Jean, puis sur les Actes, les épitres de Paul, etc. Il est infiniment probable que le document devait, à l'origine, comprendre, peut-être après une partie consacrée aux livres de l'Ancien Testament, des notices sur Matthieu et sur Marcet, sans doute, dans cet ordre, Car, ainsi ‘ que Zahn l’a fait remarquer (G. X., II, p. 15), l’auteur paraît vouloir énumérer les évangiles dans l’ordre où ils ont été écrits et, aux environs de 200, personne ne doutait que Matthieu ne fût le plus ancien des évangiles. Le fragment de phrase initial se rapportait donc à l'évangile de Marc; il est ainsi conçu : quibus tamen interfuit, et ita posuit. Certains critiques pensent avec Zahn (G. X., 11, p. 18) que le fragment commence au milieu d'un mot ! et conjecturent la restauration aLiguibus ; on aurait alors l'idée que Marc,bien que n'ayant pas suivi Jésus, aurait assisté à certains des faits qu'il rapporte ?,
abondante. On en trouvera l'indication dans les principales histoires du canon. Nous nous bornerons à citer ici: ZABN, G.K., II, p.1-143 ; Kanon Muratori, R. E., IX, p. 196 s.; Harnack, Chronologie, II, p. 330 s.
1. Il arrive fréquemment au copiste de couper un mot en allant à la ligne ; on constate le fait 27 fois sur 85 lignes. .
2. Cette interprétation est aussi celle de JacQuiER (Le N.T. dans
et l'on pourrait songer ici à certains traits de l'histoire de la passion, peut-être à l'épisode du Jeune homme qui s'enfuit nu et dans lequel on a parfois voulu reconnaître Marc lui-mêmeï. Cependant on à fait observer que dans la notice sur Luc le canon de Muratori dit dominum tamen nec ipse vidit in carne et que ce nec ipse viseun autre personnage qui n'aurait pas non plus vu le Seigneur et en qui il est tout naturel de reconnaitre Marc?. Il vaut donc mieux rapporter quibus à un mot comme colloquia Petri, qui se serait trouvé dans la partie perdue du canon. Nous aurions donc ici une tradition identique à celle que nous avons trouvée chez Papias et à laquelle il faudrait, par conséquent, attribuer la même origine.
Lefragmentsur Lucestainsi conçu : Tertium evangelii librum secundum Lucam. Lucas iste medicus,
l'Egl. chr., I, p. 194). Nous l'avons nous-même admise autrefois (Me, pi, n1).