‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 77 sur 127 · peut subsister · texte numérisé non relu

peut subsister

4, WeLLHAUSEN, Mé., p. 6; M. Diseuius, D. urchr. Ueberl. p. 565. -

Mc. Mt. bc

2, Si je chasse les démons par Beelzébul, vos fils, par qui les chassent-ils ? si je les chasse par Dieu,-c'est que le Royaume de Dieu

| * est venu.

( 3. Parabole de l'homme La ; { 4. Celui qui n'est pas avec re? FPE 14,24 moi ess bontre dre 5. Le blasphème contre l'Esprit.

HS 07 12,990 41, 21-22

Le premier fait qui frappe dans ce morceau c'est l'absence d’un récit de guérison dans Marc !, absence qui a pour effet de réduire le texte du second évangile à n'être qu’un tronçon de récit. Chez lui l'accusation portée contre Jésus n’est motivée par rien. L’insinuation des pharisiens, il chasse les démons par Beelzébul, ne se comprend que comme un artifice employé par eux, pour ruiner l'impression qu’une guérison de démoniaque vient de produire sur le peuple. Il est vrai que la guérison est ici tellement supposée et appelée par le contexte que l’on pourrait envisager l'hypothèse de Matthieu et Luc comblant spontanément ce qui était une évidente lacune de la tradition, mais cette hypothèse n’expliquerait ni

1. Il n’est pas possible de rattacher l'accusation de possession à un des récits de guérison rapportés par Marc avant 3, 22. Cf. Maurice GocueL, Mc., p. 90. É

l'identité des deux guérisons de Matthieu et de Luce ni les autres contacts littéraires constatés entre leurs textes. Elle se heurte aussi au fait que le doublet que présente par rapport à M#., 12, 22- 24, le fragment 9, 32-34 montre que l'association entre la guérison de démoniaque et l’accusation de possession n’est pas le fait de l'évangéliste. La suppression du récit de guérison par Marc a été sans doute déterminée par l'intention de rapprocher l’une de l'autre l'accusation de folie portée contre Jésus par les siens (3, 20-21) et l'accusation de possession formulée -par les pharisiens (3, 22)!.

L’accusation de possession elle-même ne présente pas dans les textes de Marc, de Matthieu et de Luc, de variantes bien notables; peut-être cependant peut-on considérer, comme des traits secondaires chez Marc, la mention des scribes venus de Jérusalem et le développement en deux phrases de l'accusation portée contre Jésus.

Le premier élément de la réponse de Jésus est, chez Matthieu et Luc, sensiblement plus court que chez Marc. ddches que donne Île second évangile ne paraît pas primitive. Elle ne dit pas

1. Le lien entre les deux péricopes est artificiel. On ne saurait admettre, en effet, que la réflexion formulée hors de la maïison par les prochés de Jésus ait pu provoquer l'accusation des pherisiens qui sont dans la maison.

que Jésus a deviné les pensées de ses adversaires, ce qui suppose que l'accusation a été ouvertement formulée et, par conséquent, constitue une aggravation de la scène. En outre, Marc ajoute que Jésus appelle ses adversaires et leur parle en paraboles. Cela ajoute à la solennité de son discours. Le développement purement verbal qui est donné à la première partie des paroles de Jésus chez Marc (24 mots au lieu de 16 chez Matthieu, sans l’adjonction d’aucune idée) n’est guère favorable à la priorité de son texte. Enfin la disposition de Matthieu et de Luc qui mettent après la parabole, la question relative à Satan paraît plus naturelle que celle de Marc qui met une partie de cette question avant la parabole, une autre après.

Marc n'a pas la seconde partie de la réponse de Jésus. On pourrait être tenté de considérer que dans Matthieu et Luc un élément étranger a été ajouté après coup !. Il vient en effet séparer deux idées qui ont entre elles une relation organique, l'idée que Satan ne peut se combattre lui-même et celle que l'expulsion de démons suppose que Satan, leur chef, a été préalablement lié. Toutefois la dialectique du texte de Marc pourrait bien être

4. Il resterait, il est vrai, à expliquer comment il a pu être ajouté à la même place dans les premier et troisième évangiles.

l’œuvre de l’évangéliste qui, pour établir une argumentation plus serrée, aurait écarté un élément de la source.

La phrase de Matthieu et de Luc « Celui qui n'est pas avec moi est contre moi... » manque dans le second évangile. Comme Marc donne ailleurs (9, 40 par. à Le., 9, 50) un logion presque identique, il pourrait y avoir ici une suppression intentionnelle et réfléchie de sa part.

Le dernier élément de la réponse de Jésus, la parole sur le blasphème, soulève deux problèmes, l’un de forme : lequel des trois textes est primitif? l’autre de composition ; Luc a-t-il séparé cette parole du discours de Jésus pour l’insérer dans un autre contexte, ou bien Marc et Matthieu ontils fait ici une addition à la source? Le contexte dans lequel cette parole est donnée chez Luc est artificiel. C’est un groupement de paroles de Jésus qui ont des parallèles en divers endroits de Matthieu. La parole sur le blasphème contre l’Esprit semble avoir été intentionnellement rapprochée par Luc de la promesse d'une assistance de l'Esprit faite aux disciples qui comparaitront devant Les tribunaux.

Quant à la forme de cette parole, on peut considérer comme défavorable à la priorité de Marc, le fait qu'il a ajouté une réflexion (car ils disaient : il a un esprit impur) que Matthieu

n'aurait eu aucune raison de supprimer s’il l'avait trouvée dans sa source. Toutefois cette observation ne porte pas sur le fond de la question. Sans entrer ici dans la discussion de l'argumentation que Wellhausen a développée en faveur de la priorité de Marc sur ce point !, il suffira de faire remarquer que chez Matthieu la conclusion que représente la parole sur le blasphème est bien peu satisfaisante. C’est une singulière manière de combattre une accusation portée contre Jésus que de dire que le blasphème qu'elle constitue — à la différence du blasphème contre l'Esprit — peut être pardonné. Chez Marc, au contraire, la conclusion est parfaitement adaptée au contexte. « Tout blasphème peut être pardonné mais pas le blasphème contre l'Esprit, c’est-à-dire pas le blasphème contre l'inspiration de Jésus ». La différence est si nette qu'on ne saurait concevoir ici la priorité de Marc. Matthieu n'aurait pas altéré le développement logique de sa source, Marc, s'il l'avait trouvé dans son texte; il représente donc un stade encore imparfait du développement de la pensée. Marc, sur ce point, a corrigé les Logia. La conclusion à laquelle nous aboutissons pour l'ensemble de la péricope de Beelzébul est donc

1. WELLHAUSEN, Einl., p. 66s., cf. JüLicHer, Eini., p. 321. Pour l'exposé et la discussion de l'argumentation de Wellhausen, voir MAURICE GOGUEL, Mc., p. 96 s.

que Matthieu et Luc suivent les Logia plus fidè- . lement que Marc qui n'a reproduit leur texte qu'en y pratiquant certaines coupures et en À faisant, à la fin, une correction.

La péricope Mc., 4, 21-25, qui constitue une exhortation à l'intelligence à la suite de l'enseignement en paraboles, nous paraît, elle aussi, établir nettement la dépendance de Marc par rapport aux Logia. Ce morceau a un parallèle direct dans Luc, 8, 16-18. Il y a en outre des parallèles à tous ses éléments constitutifs en différents passages de Matthieu et de Luc (en dehors de Lc., 8, 16-18). Un coup d'œil jeté sur le tableau de ces parallèles ! montre que Marc a compilé ici des matériaux empruntés aux Logia ?.

Pour la péricope de l'envoi des apôtres en mission (Mc., 6, 6b-13), nous pouvons laisser de côté le texte de Luc (9, 1-6; 10,1-12), qui pose un problème particulier pour nous occuper unique-

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