‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 78 sur 127 · Me. Le. 8. Mt. Le · texte numérisé non relu

Me. Le. 8. Mt. Le

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9. Cf. Trrius, Das Verhäliniss dei Herrenworte im Markusevangelium zu den Logia des Matthaeus, Th. St. f. B. Weiss, Gættingen, 1892, p. 290, 306, 311; Jon. Weiss, Aelt. Ev.,p. 310 s.; Nicozarpor, Procédés de rédaction, p.24Ts.

ment des relations du texte de Mare avec celui de Matthieu (9, 35-10, 16). Marc nous paraît donner ici du texte de Matthieu ou d'un texte semblable un abrégé tellement résumé que par endroits, il en devient inintelligible. Au verset 10 Marc fait dire à Jésus: « Quand vous entrez dans une maison, restez-y jusqu'à ce que vous en sortiez. » Cette parole n’a de sens que si on la commente par les textes parallèles de Matthieu et de Luc qui disent : « Lorsque vous êtes entrés dans une maison, logez-y jusqu'à ce que vous sortiez de la ville ». Le fait qu’il n'estpas question de ville chez Marc rend aussi bien obscur le passage du v. 10 au v. 11.

On pourrait faire à peu près les mêmes observations à propos des invectives contre les pharisiens (Mc., 12, 38-40. Mt., 23, 1-39. Le., 20, 45- 47. cf. Le., 11, 39b-52). Là encore Marc ne fait que résumer un texte plus complètement reproduit par Matthieu. Il y a chez lui un détail, « Les pharisiens aiment à se promener en robes », qui ne peut se-comprendre que comme un résumé du développement du premier évangile sur les phylactères.

Les constatations qui précèdent nous paraissent établir la dépendance de Marc par rapport aux Logia. Cette dépendance apparaît dans quelques cas particuliers à cause d’abréviations ou d’alté-

rations que Marc a fait subir aux éléments qu'il empruntait aux Logia. Rien ne nous autorise à supposer que ces circonstances soient réalisées dans tous les cas où les Logia ont servi de source à Marc. Il faut donc envisager la possibilité d’autres emprunts aux Logia non seulementlorsque certains accords de détail entre les textes de Matthieu et de Luc suggèrent l’idée d’une reproduction moins fidèle de la source par Marc que par les autres évangélistes, mais peut-être dans d’autres cas aussi au sujet desquels on ne peut se prononcer que par conjecture et en s'appuyant sur les analogies que certains morceaux présentent avec d’autres éléments appartenant aux Logia. Un essai de détermination approximative des morceaux de Marc qui pourraient avoir cette origine ne peut être tenté qu’en relation avec l'étude générale des sources du second évangile. Nous nous réservons d'y revenir plus loin (Voir p.328 s.).

V. — Les LociA ÉT LES SOURCES PARTICULIÈRES DE Marrmeu Er pe Luc

Si l'évangile de Marc était perdu et si on tentait d’en faire une reconstitution à l'aide de Matthieu et de Luc, il y a un nombre assez imporlant de ses péricopes qu'on hésiterait à lui attribuer parce qu’elles manquent, les unes chez

Matthieu et les autres chez Luc. Il en va vraisemblablement de même des Logia et il peut se trouver, soit chez Matthieu, soit chez Luc, des morceaux particuliers qui en proviennent. À cette considération il faut ajouter que si les Logia sont vraiment, comme uous le supposons, une collection qui a été en s’enrichissant, il doit y avoir des morceaux qui ne se trouvaient que dans la recension utilisée par Matthieu ou dans celle dont s’est servi Luc. Il y a donc une double raison d'admettre que des morceaux particuliers à Matthieu ou à Luc puissent avoir leur origine dans les Logia. Nous nous bornons à noter ici cette vue générale pour revenir sur cette question dans l'étude des sources de Matthieu et de Luc (Voir p.508 s. et p. 425 s.).

VI. — La LANGUE ORIGINALE DEs LOGIA, LEUR DATE DE COMPOSITION

Au témoignage de Papias, les Logia auraient été composés en araméen. Le fait est a priori assez vraisemblable. La seule question qui se pose est celle de savoir à quel moment s’est fait le passage de l’araméen au grec. Il ne nous paraît pas douteux qu’il soit antérieur à l'utilisation du recueil par les trois évangélistes. On a toutefois

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signalé un nombre assez important de différences entre les textes de Matthieu et de Luc qui pourraient sexpliquer d’une manière satisfaisante comme des variantes de traduction !. La portée de ces faits n’est cependant pas suffisante pour contrebalancer les affinités de textes qui obligent à conclure à l’utilisation par Matthieu et Luc, et accessoirement aussi par Marc, d’un même document grec, On peut, croyons-nous, facilement concilier ces indications en apparence contradicioires en admettant que Matthieu et Luc se sont bien servi du même document grec mais que, dans la recension suivie par l’un d'eux, la traduction avait été, en quelques endroits, corrigée sur l'original araméen.

Le problème de la daté de composition ne se pose pas pour les Logia d’une manière simple, puisque ce document ne nous apparaît pas comme un écrit homogène mais comme une collection qui a été en s’enrichissant. S'il s’agit du fond premier, la date de composition de Marc (peu après 70) marque un terminus ad quem, mais il

4. Voir là-dessus WELLHAUSEN, Einl.1, p. 36 s.; W.C. ALLEN, The aramean background of the Gospels, Studies, p. 299-304. On peut encore consulter utilement les travaux plus anciens de Arnozo Meyer (Die Muttersprache Jesu, Freiburg i. B., Leipzig, 1896), de Nesrce (Philologica sacra, Berlin, 1896) et de Dalman (Die Worte Jesu, I, Leipzig, 1898). — Wennie (S. F., p. 229) met l'existence d'un original araméen en doute.

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“enseignements, peut-être même à en fier os * uns par écrit. Mais ce ne sont là que des possi- bilités théoriques. S'il est ‘bien certain que les Logia n'ont pas apparu brusquement au moment où ils allaient être utilisés par les évangélistes synoptiques, onne peut méconnaître que ce soit seulement à ce moment-là que nous en aperce- vions nettement l'existence. Antérieurement les épitres de Paul attestent la haute autorité dont jouissaient les paroles du Seigneur, mais elles ne font pas — il faut ajouter, elles n'avaient aucune raison de faire — allusion à un recueil qui aurait existé de ces paroles.

Quant aux développements du fond premier des Logia, qui ont servi à Matthieu et à Luc, le terminus ad quem est déterminé par la compo- Sition des premier et troisième évangiles. Il parait probable que l'élargissement a dû se faire progressivement et s'étendre sur toute la période

qui sépare la composition de Marc de celles de Matthieu et de Luc.

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rot a HA de l'hiver 67- 68. Ms theureue ment cette indication n apporte pas une précision l nouvelle. ; | Quant au lieu de composition, il paraît probable que c’est en Palestine que le recueil des Logia à dû naître, D'après Papias, il aurait eu pour auteur l’apôtre Matthieu. Cette donnée ne pourrait, en se tout cas, être retenue qu'en ce qui concerne le non primitif du recueil, mais il est possible qu'il ne s'agisse ici que d’une conjecture de Papias ou de son informateur. Toutefois, si la tradition avait À cherché à donner aux Logia un auteur autorisé, elle aurait pu trouver un personnage moins effacé que Matthieu. Il se peut donc qu'elle ait eu quelque raison de le choisir.

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