VII. — RéÉsuMÉ ET CONCLUSIONS
Essayons maintenant de résumer les observations qui précèdent : de très bonne heure on a dà, pour les besoins de l’enseignement chrétien, de la prédication et de la mission, recueillir les discours et les paroles de Jésus et les grouper suivant les thèmes principaux qu'il s’agissait de développer. Le recueil ainsi constitué avait déjà passé de l’araméen au grec au moment où Marc a entrepris de rédiger son évangile. Celui-ci répondait à un besoin quelque peu différent de celui que servaient les Logia. Visant Jui aussi à l'édification, il se proposait non d'exposer l’enseignement du maître, mais de raconter sa vie, de le présenter vivant et agissant. Pour caractériser son enseignement, Marc a fait des emprunts aux Logia, mais comme :l n'avait pas la prétention de leur substituer son œuvre, il ne s’est pas attaché à absorber toute leur substance. Loin de là, il paraît légitime de penser que c’est l'existence même des Logia qui a permis à .Marc de ne pas faire au discours de Jésus une place plus considérable dans son livre.
Après la composition de l'évangile de Marc, les Logia ont continué à se développer; ils ont dû le faire dans des milieux différents s’augmentant dans les deux branches divergentes que les évan-
\ LES LOGIA es
giles de Matthieu et de Luc permettent d'apercevoir, par l’adjonction tantôt de mêmes morceaux différenciés dans la forme, tantôt de morceaux entièrement différents.
Matthieu et Luc, travaillant sans doute chacun de son côté, ne se sont pas proposés le même programme que Marc. Ils ont voulu fondre ensemble l’évangile de Marc, les Logia et, sans doute, d’autres traditions encore. Leur intention semble avoir été de concentrer, en uneœuvre unique, toute la tradition évangélique et de remplacer ainsi, en les rendant inutiles, les essais antérieurs de rédaction. Au moment où ils ont écrit, l'évangile de Marc avait déjà dans l'Église une situation et une autorité qui ont assuré sa conservation, mais les Logia n'étaient pas protégés par une forte composition littéraire, ils n’avaient pas d’individualité, mais constituaientun recueil queique peu amorphe. Ils disparurent donc complètement. On ne trouve plus trace d’eux au n° siècle, car les recueils de paroles de Jésus trouvés en Egypte ne sont pas une trace de la survivance des Logia, mais paraissent, bien plutôt des extraits de nos évangiles canoniques complètés peut-être par quelques apocryphes.