‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 80 sur 127 · I. — La TRADITION suR Marc · texte numérisé non relu

I. — La TRADITION suR Marc

Le Nouveau Testament mentionne à diverses reprises un personnage du nom de Marc ou de Jean-Marc.

D'après Actes, 12, 12, Pierre, miraculeusement délivré de la prison d'Hérode, vient à la maison de Marie?, mère de Jean, surnommé Marc, où beaucoup de frères étaient en prière. Bien que le récit de la libération de Pierre appartienne aux parties les moins solides des Actes, il peut avoir conservé un détail exact sur le rôle joué par la

1. Sur l’ensemble de cette question voir Hirzi6, Ueber Johannes Marcus und seine Schriften, Zurich, 1843; Swere, p. XIII s.; Maunice GoGuEL, Mc., p. 1-22; LAGRANGE, Me., p. XVILSs.

2. À partir du vi siècle, cette maison a été identifiée à l'église de la Sainte Sion, Cf. TH. Zann, die Domitio S. Virginis und das Haus des Johannes Marcus, Leipzig, 1899; JEAN Egrrsort, Les Actes de Sl-Jacques el les Actes d'Aquilas, Paris, 1902, p. 23 s.

mère de Jean-Marc dans la première communauté jérusalémite (Voir Introd., III, p. 224 s.\.

Au contraire, les passages Actes, 12, 25 ; 13, 5. 13 ; 15,37. 39 appartiennent à une tradition solide. Ils nous apprennent que Marc accompagna Paul et Barnabas dans le premier voyage missionnaire jusqu'à Perge où il les quitta pour revenir à Antioche. Au moment du second voyage missionnaire Marc fut l’occasion d'un conflit entre Barnabas et Paul. Le premier refusant de considérer que la défection de Perge disqualifiât Marc, n'accepta pas de se séparer de lui et l’emmena à Chypre, laissant Paul choisir, en la personne de Silas, un autre collaborateur. Il faut sans doute se représenter que Jean-Marc avait quitté Jérusalem à la suite des persécutions et l'on doit vraisemblablement admettre que l'incident, rapporté par l’épitre aux Galates’ entre Paul d’une part, Pierre et Barnabas de l’autre (Gal., 2, 11 s.) fut pour quelque chose dans la séparation qui se produisit entre Barnabas et Paul, à la suite de laquelle Marc cessa, pour un temps, de faire partie du cercle des collaborateurs de Paul (/ntrod., III, p. 258 s.). Dans les textes qui viennent d’être analysés, Marc est appelé deux fois « Jean surnommé (ou appelé) Marc » (12, 25 ; 15, 37), deux fois « Jean » (13, 5. 13), et une fois « Marc » (15, 39).

Au moment où Paul écrit les épîtres aux Colossiens (4, 10) et à Philémon (24), Marc est auprès de lui. Dans l’épître aux Colossiens, il le donne comme le cousin de Barnabas. Avec Aristarque, il est le seul collaborateur juif de Paul.

L'un et l’autre ont été une consolation pour l’apôtre. Marc, au moment où la lettre est écrite, pourrait être sur le point de se rendre à Colosse. L'Église aurait déjà reçu des lettres à son sujet; ie il est possible que la phrase qui donne ces renseignements se rapporte à Barnabas et non à Marc!. Il y a donc lieu d'admettre qu'entre l'épisode d'Antioche et l'épitre aux Colossiens une réconciliation est intervenue entre Paul et Marc ou plutôt que la séparation entre eux n avait pas eu le caractère d’une rupture.

Dans 11 Timothée, 4, 11, ilest dit: « Amène Marc avec toi, car son service m'est utile ». L’auteur de l’épître introduit ici Marc parce qu'il savait qu’il faisait partie de l'entourage de Paul, peut-être avait-il sous les yeux ou présents à l’esprit, les textes des épitres aux Colossiens et à Philémon. Peut-être aussi utilise-t-il ici un fragment d’une lettre authentique de Paul. Mais, dans ce cas, l'ignorance complète où noùûs sommes des circonstances de composition de cette lettre

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