‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 81 sur 127 · Voir Maurice GoGuet, Mc., p. 3, n · texte numérisé non relu

Voir Maurice GoGuet, Mc., p. 3, n

nous empêche d'utiliser le renseignement qu’elle nous apporte.

On lit enfin, dans la première épitre de Pierre (5, 13) : « Mare, mon fils vous salue ». Il ne faut sans doute penser ici qu'à une paternité spirituelle comme celle dont il est maintes-fois question chez Paul (1. Cor., 4, 15. 17. Phm., 10)°. La question de l'authenticité de l’épitre de Pierre n'intervient pas pour l'appréciation de ce témoignage qui, de toutes façons, établit que Marc appartenait à l'entourage de Pierreë.

1. 11 faut se demander si, Luc étant nommé à côté de Marc, l’auteur de l’épître n'aurait pas voulu mettre les deuxième et troisième évangiles sous le patronage de l'apôtre Paul. Cf. Jüzrcuer, art. Marcus, R. Æ., XII, p. 289.

2. Cependant certaines légendes postérieuresont fait dé Pierre, le père ou le beau-père de Marc. Cf. Ta. ScneRMANN, Propheten und Apostellegenden, Leipzig, 1907 (T. U., XXXI), p. 286. D'autre part, le prologue monarchien précise la parenté spirituelle en ce sens que Pierre aurait baptisé Marc.

3. On a voulu reconnaître Marc dans le porteur de la cruche, qui, d'après Mc., 14, 13,conduit les disciples chargés de préparer le dernier repas (le moine Alexandre, 44. SS. Junii, II, p. 440 [VIe S]; cf. Zann, Einl., II, p. 212) ou encore dans le jeune homme qui s'enfuit nu au moment de l'arrestation de Jésus (Mc., 14, 51. 52 (Vicror d'Anriocme [V°S] in Catenae graecorum patrum in ev. sec. Marcum, ed. Possinus, Romae, 1673, p. 328; B. Weiss dans Meyer, 118, p. 242; Zaun, Einl., II, p. 243). La première de ces identifications ne peut pas être retenue, car le texte sur lequel elle s'appuie n'appartient pas aux parties les plus anciennes de l'évangile. La seconde est au moins une ingénieuse conjecture qui rendrait compte d'un épisode énigmatique, mais cette conjecture n'est pas sans soulever de sérieuses difficultés (Maurice

La plupart des critiques estiment qu'il n'y a pas d'objection décisive qui empêche de rapporter tous ces témoignages au même personnage !. L'opinion contraire a cependant des partisans”. Les arguments tirés soit du double: nom Jean-Marc, soit

Gocuez, Mc., p. 210 s.). 11 faudra donc s'abstenir de construire sur l'interprétation de ce passage, comme par exemple Zaun (Einl., IT, p. 243 s.), qui pense établir que c’est dans la maison ‘de Marie que Jésus a pris son dernier repas, ou comme SWETE, (p. LXV, 354), qui fait de cette même Marie la propriétaire du jardin des Oliviers. K. Lincke, (Simon Petrus und Johannes Mareus, Z. N.T. W., V, 4904, p. 199) rapporte à Marc le passage II Cor., 2, 18, où il est question d’un frère « dont la louange, dans |’ le est répandue dans toutes les Églises». Cette interprétation doit étre écartée parce que l'Évangile est chez Paul .une prédication et non.un livre ; même s’il était question d’un livre, rien ne prouverait que ce soit de l’'évangile de Marc. Enfin, au moment où ce texte a été écrit, l'évangile de Marc n'était certainement pas composé.

1. RENAN, Les Apôtres, Paris, 1866, p. 218s ; SABATIER, art. Marc (saint) dans l'Encyel. de LicaTENBERGER, Vint, p. 645; JÜLICRER, art. Marcus, R. E., XII, p. 289; Einl., p. 2175 ; Zaun, Eïnl., II p. 211 ; Swere, p. XV, XIX; JacQuIER, Hist., II, p. 411.

2. Cesar Baronius, Annales ecclesiastici, éd. de Lucques, 1738 s. t. I, p. 332 (ad a. 45); P. Possix, Catenae in. ev. sec. Marcum, p.14; Le Nain DE TiLLEMONT, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, éd. de Paris, 4693 s., JL. p. 97, 108 ; SCHLEIERMACHER, Üeber die Zeugnisse, St. u. Kr., 1832, p. 158 ; KtenLEN, Noch ein Wort ueber das Zeugniss des Papias fürunser Markusevangelium, St. u. Kr, 1843, p. 423 s.; KRENKEL, Der Apostel Johannes, Berlin, 1874, p. 113 s. La distinction des deux Marcs a été reprise par Jonanxes Weiss (Aelt. Ev., p. 385-414; die Aufgaben der Neutestamentlichen Wissenschafl in der Gegenwart, Goettingen, 4908, p. 39). Joh. Weiss a été suivi par P.-W. Scnmreoez, art. Mark, E. B.,11, col. 2940.

de la nécessité où l’on est, dans l'hypothèse de l'unité, de statuer une réconciliation de Paul avec Barnabas et Marc! n'ont rien de décisif et ne soulèvent pas plus de difficultés que les combinaisons rendues nécessaires par la théorie des deux Marcs. Quant aux témoignages positifs sur lesquels s'appuie la théorie, ils sont singulièrement faibles. S'il est vrai, comme le soutient ) Johannes Weiss (Aelt. Ev., p.414), que ni Jérôme?, ni le moine cypriote Alexandre (Enkomion Barnabæ, 30. AA. SS., Junii, IT, p. 445) (vr° siècle), ni l'historien byzantin Nicéphore Calliste Xanthopoulos (1v° siècle), (Hist. eccl., II, 15. Micwe, S. G., 145, col. 791) ne suffisent pour établir l'existence d'une tradition ancienne rapportant à un seul personnage tous les textes du Nouveau Testament, il ne faut pas oublier que les témoignages ea faveur de l'existence des deux Marcs sont beaucoup plus inconsistants et ainsi, comme le

1. Il faudrait de toutes facons en admettre une à cause de I Cor., 9,6 et de Col., 4,10 ou plutôt il faut penser que la séparation ne fut pas une rupture.

2. Dans l'Explication de l’épitre à Philémon, qui date de 287- 288 (M1GxE, S. L., 26, col. 654), Jérôme semble indiquer comme une conjecture personnelle, l'identité de Marc nommé dans l'épitre aux Colossiens avec l'évangéliste. Il ne donne pas cette identification dans le De viris illustribus, ch. 8.

3. Un texte du v° siècle, celui du pseudo-Dorothée, distingue de l’évangéliste Marc le cousin de Barnabas qui fut évêque d'Apollonias et Marc surnommé Jean qui fut évêque de Byblos

dit justement Bousset!, si la thèse d’un seul Marc n'est pas certaine,elle reste cependant vraisemblable.

Ce que la tradition ajoute à ces indications fournies par le Nouveau Testament est sans valeur indépendante. Sans le dire expressément, Ja tradition suppose que Marc était de race juive?. De sa parenté avec Barnabas on a conclu qu'il était lévite. C’est ainsi qu'est née la légende d’après laquelle il se serait coupé le pouce pourse rendre impropre au service du Temple*. On n'est

et de Marc surnommé Jean qui est nommé dans les Actes (Prophetarum vitae fabulosae, indices apostolorum disripulorumque domini Dorotheo, Epiphanio, Hippolito aliisque vindicata edidit THeoponus SCHERMANN, Lipsae, 1907, p. 136, 3. 141, 41. 142, 13. Cf. le pseudo.Hippolyte, tbid.,p.110,8,117).Sur l’âge et le caractère de ce texte voir Lrpsius, Die apokryphen Apostelgeschichten, Brunswick," 1883-90, Z, p. 205 s. et SOHERMANN, Propheten und Apostellegenden, p.114s. Les Arméniens célèbrent, à deux jours différents. la fête de Jean l'Évangéliste (24 mars) et celle de Jean- Marc (9 avril). Voir Lipsius, Apostelgesch., IT, 2, p. 321.

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