‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 94 sur 127 · SWETE, p. XLVII · texte numérisé non relu

SWETE, p. XLVII

taines expressions doubles ou de deux termes presque synonymes en des passages où les récits parallèles de Matthieu et de Luc se contentent d’un terme simple. Le fait est d'autant plus frappant ‘que l'abondance et même la redondance qui en résultent contrastent plus nettemeëntavec la sobriété et la brièveté qu'a, en général, le récit de Marc. Dans le même ordre d'idées, il faut signaler que, chez Marc, le sens d’un verbe est souvent renforcé par l'emploi d’un complément de même racine.

En ce qui'concerne l'ordre des mots, on constate qu'en général le verbe précède le sujet, sauf quand celui-ci est bèeis ou r3<, ou qu’il change, ou que la proposition est précédée du mot #5. Le plus souvent le sujet suit directement le verbe. Le pronom complément n'en est pas séparé, ce qui rappelle l'emploi du suffixe sémitique. Dans les propositions interrogatives, Marc met en tête le mot qui exprime l'idée 'sur laquelle porte la question (WeLcHausex, Einl., p. 10).

L'emploi du verbe appelle quelques remarques particulières. On a souvent signalé la fréquence du présent historique! ; il faut noter aussi l'emploi de la conjugaison avec auxiliaire dont il faut rapprocher des construetions comme #1bey xnoûsowv et sirey Aéywy, dans

be HA WKINS (p. 114) a donné une diste de 151 présents historiques de Marc que Matthieu <t Luc n'ont pas reproduits.

lesquelles le premier verbe joue, en somme, le rôle d’un auxiliaire. Le verbe exprimant l'action est souvent mis à l'infinitif et précédé de #p£are. De même Marc place souvent au commencement de la phrase un xai ëyéveso. La prédilection pour le participe dont témoigne l'emploi de la conjugaison périphrastique se reconnaît encore dans l’accumulation des participes et dans l'emploi fréquent au début de la phrase d'un participe, comme tv, &x00w, etc., qui n’ajoute rien au sens. À propos du verbe, il convient encore de noter l'emploi de l'infinitif précédé de l'article et la rareté du passif accompagné de rs, ce qui, d’après Wellhausen, correspond au fait que le passif en sémitique n'est usuel que quand lesujet agissant n’est pas nommé.

4 La lanque originale !.

Il n'est pas douteux que les particularités de style et de grammaire que présente le second évangile doivent être expliquées par l'influence de l’araméen; mais la détermination exacte de la mesure dans laquelle cette explication peut être admise pose un problème très délicat.

La tradition évangélique a d’abord eu une forme araméenne. Pour les paroles, la -chôse est incontestable, puisque l'araméen était la langue

de Jésus! ; elle est infiniment vraisemblable aussi pour les faits. [l parait cependant téméraire de penser avec Bacon (Js Mark a roman gospel ? p. 49) que la prédication de Pierre à Rome ait été faite en araméen et que la communauté romainé ait conservé des récits rédigés en araméen d’après son enseignement ; mais c'est peut-être aller trop loin que de dire avec Dalman (Die Worte Jesu, Ï, p. 56 s.) que la tradition évangélique a dû passer d'araméen en grec déjà dans la communauté de Jérusalem, parce que les Hébraïstes étaient en état de PPRDIERUES un enseignement donné en grec, tandis qu’un enseignement donné en araméen serait resté HAE aux Hellénistes. L’antithèse entre les opinions de Bacon et de Dalman illustre bien ce fait que nous ne savons rien de positif sur les conditions dans lesquelles s’est fait le passage de l’araméen au grec. Il est donc inutile de vouloir faire intervenir les hypothèses que l'on pourrait faire à ce sujet dans la solution du problème de la langue originale de l'évangile de Marc. Deux théories sont en présence : l’une, soutenue par Blass, par Allen, par Torrey, et, dans une certaine mesure aussi, par Wellhausen ?, voit dans

4. Arvozn Meyer, Jesu Mutlersprache. G. DaLuaAx (Die Worte Jesu, I, p. 51), n'admet avec certitude la forme araméenne que pour les paroles; WELLHAUSEN (Ein. p. 9) l'admet à la fois pour les discours et les récits.

2. Bzass, Philology of the Gospels, London, 1898, p. 196, 210

l’évangile de Marc la traduction d’un original araméen. L'autre, que soutiennent par exemple Swete et Lagrange !, estime que Marc a écrit en grec et que les aramaïsmes que présente son texte s’expliquent à la fois par l’origine de l’auteur et par la langue dans laquelle avait été rédigée une partie des sources utilisées par lui. Accessoirement les hébraïsmes, moins nombreux d’ailleurs que chez Matthieu et Luc, s’expliqueraient par l’influence directe et indirecte des LXX ?. Il faut laisser aux sémitisants le soin de déterminer exactement la portée des aramaïsmes invoqués *

W.-C. ALLex, The aramaic background of the Gospels, Studies, p.293 s. Cf. déjà The original language of the Gospel according to St Mark, Expositor, 1900, I, p. 436 s., Expository Times, 1908, p- 328-332; C.-C. Torey, The translations made from the original aramaic Gospels dans Sfudies in the history of religions presented to CRAwWFrORD HoweLz Toy, New-York, 41912, p. 269-317; WELLHAUSEN, Einl., p. 1 s. Wellhaucen parle de l'origine araméenne de l’évangile, mais n’affirme pas formellement que l’évan gile de Marc, sous sa forme actuelle, soit la traduction d'un original araméen. Parmiles autres partisans d'un original sémitique on peut nommer CxaJes, Markusstudien, Berlin, 1899 ; HaLÉévy Notes pour l'évangile de Marc, Revue Sémilique, 1900, p. 115- 149 ; ZimmeRMANxX, Evangelium des Lukas, Kap. 1 u. 2, SE. u. Kr., 1903, p. 287-290.

1. Swete, p. XL s.; LAGRANGE, Me., p. LXXX s. cf. AaxoLo Meyer, Jesu Muttersprache, p.64 n. 1, 69 et P.-W. SCHMIEDEL, art. Gospels, E. B. II, col. 4870. |

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