‹ Introduction au Noveau Testament (volume 2)Chapitre 95 sur 127 · Dazmax, Worte Jesu, 1, p. 33; LAGRANGE, Mc., p. LXXXIL · texte numérisé non relu

Dazmax, Worte Jesu, 1, p. 33; LAGRANGE, Mc., p. LXXXIL

3. Par exemple ALLEx (The aramaic background, Sludies, p. 295) considère le présent historique comme*un aramaïsme,

et de préciser la mesure dans laquelle ils trahissent directement l'influence de sources araméennes et ne peuvent s'expliquer suffisamment par l'origine araméenne d’un auteur écrivant en grec. Aussi bien la question n’a peut-être pas toute la portée qui lui a été prêtée parfois. Si même on trouvait dans l’évangile de Marc des aramaïsmes qui ne. puissent pas se comprendre parle fait d’un auteur d'origine araméenne écrivant en grec, mais qui supposent une traduction de l’araméen !, tout ce qu'on pourrait logiquement en conclure c’est qu’on serait en présence d'un récit traduit de l’araméen. Il ne serait pas légitime d’affirmer sans autre preuve

tandis que Darman (Worte Jesu, T,:p. 16 s.), WELLHAUSEN (Eïinl. p. 17) et LaGRanGe (Mc., p. LXXXVI) se prononcent en sens opposé.

4. WELLHAUSEN (Einl., p. 26) en a énuméré quelques cas. Il est : curieux de noter qu'ils se trouvent dans des passages qui paraissent provenir des Logia, c'est-à-dire d'une source qui a passé de l’araméen en grec indépendamment de Marc. Donnons seulement ici un exemple des divergences d'interprétation qui peuvent se produire au sujet de ces aramaïsmes. Dans Mc., 7, 51 Jésus vient de Tyr à la mer de Galilée à Etèwvoc, itinéraire qui

‘ semble étrange puisque Sidon est très au nord de Tyr : Wezr- HAUSEN (Einl1., p. 38 s.) a conjecturé que JT22 avait été traduit à tort par da Zuôwvos au lieu de Bnocaèav. En. Meyer (Ursprung, I, p. 132, n. 1) pense au contraire que à: Z:ôwvos signifie simplement « par la Phénicie », les Phéniciens étaient souvent appelés Sidoniens dans l'Ancien Testament. Sur d'autres formes tenues pour araméennes et qui peuvent s'expliquer par le grec, voir DEtsswANN, Licht vom Osten, p. 815.

que la traduction a été faite par Marc lui-même. C'estuniquement, noussemble-t-il, d'aprèsle caractèregénéral du style et du récit, que l’on doit déterminer si l’évangile de Marc a été écrit en grec ou traduit de l’'araméen. La libertéd'allure de la narration et l’aisance du style, certaines nuances assez fines dans l’emploi des prépositions doivent, nous semble-t-il, faire pencher très nettement la balance en faveur de la composition en grec!.

Aussi bien, la tradition ancienne se prononcet-elle d’une manière unanime pour la composition de l’évangile en grec. Ce n'est qu'à une époque relativement récente qu'on voit apparaître l’idée de la composition en latin*®. Cette idée est née en Orient (Syrie et Arménie) et a très certainement été déduite de la tradition relative à la composition à Rome. S'il ne peut être question de la retenir, il n’en est pas moins frappant de cons-

1. DaLmaN, Worte Jesu, I, p. 48; SWwETE, p. XL s; LAGRANGE, Mc., p. XCVII; En. Meyer, Ursprung, 1, p.159.

2. Sur cette tradition qui apparaît pour la première fois chez Ephrem et qui se rencontre aussi dans certains manuscrits de la peschito, chez les Arméniens et dans les manuscrits grecs 160-161, voir Zaun, Einl., Il, p. 215 ; Swete, p. XLI. Hosxrex (Codex B and its allies, London, 1914, I., p. 126 s) a soutenu que l’évangile avait été écrit à la fois en grec et en latin et que la traduction en grec du texte latin était à l'origine des variantes du texte de Marc. Cette théorie semble bien aventureuse. Imaginée pour rendre compte de la diversité des textes, elle rendrait inexplicable leur homogénéité relative.

tater qu’il y a dans Marc un certain nombre de latinismes!. En voici la liste : xsywy (5, 9. 15)?; srexouAatwp (6, 27); Envépror (6, 37 ; 12, 15; 14, 5); éorne (7, 4); xüvdec (12, 14); xeSpévens (12, 42); payehhoëy (15, 15), rparrwpioy (15, 16); xevrupiwy (15, 39. 44. 455. Ce qui est particulièrement frappant c'est que Marc explique des termes grecs par des mots latins : Aerrx dÿo 8 ëoriv xoSodvrne (12, 42); cu Ts adhñc © Eotuy rparrwpisv (15, 16).

À cela il conviendrait d'ajouter quelques tournures qui paraissent s'inspirer du latin, par exemple l’emploi de {+ dans le sens de ut#, 53%» mouiv (2, 28), suufosuoy Edouv (3, 6); eîrev dobtvar air quyeiv (5, 43); raranpivodoiv adrèv Bavaro (10, 33); 75 ixavèv rouñicar (15, 15), ruévres 1x Yôvara (15, 19); Blass ($ 5, 2) considère aussi comme latine la , forme ‘Hpwäavet (3, 6 ; 12, 13).

1. Sur les latinismes de Marc BLass-DEBRUNNER, ? 5; Zauw, Einl., I, p. 29 s., 45 s., II, p.250 s. ; Swere, p. L: LAGRANGE, Mc., p. XCVIISs. ; B.-W. Bacow, Is Mark a roman Gospel? p. 535.

2. 11 faut cependant noter que A. Mexer (Jesu Muttersprache, p. 49) a indiqué que le latin legio avait passé en araméen avec 1: sens =e commandant de la légion et que ce sens convient particulièrement bien dans Mc., 5, 9.15, où c'est un seul démon, le chef, qui parle.

3. De cette série de mots trois (xñvococ, opayehhov, Tpairwpov) se trouvent chez Matthieu, deux (àzy{wv, ônvæprov) chez Luc.

4. BLass-DeBruNNER, ? 391. Cependant James-Hope Moccron (4 Grammar of New Testament Greek, 1, Prolegomena, Edinburgh, 1906, p. 206 s.) croit que l'emploi de {va peut s'expliquer sans intervention du latin.

dit €

On le voit, l'élément latin n'est pas extrèmement important dans Marc. En ce qui concerne le vocabulaire, il n’est représenté que par quelques mots de la langue militaire ou administrative qui pouvaient facilement pénétrer dans les provinces!. Pour la construction, il consiste seulement en. quelques formules qui n’ont rien d’extrêmement caractéristique. Ces latinismes s’expliqueraient d'eux-mêmes si l’évangile de Marc avait été composé à Rome; ils ne suffisent pas pour imposer une semblable conclusion ?.

VIIT. — Les 1DÉES THÉOLOGIQUES ?

Ce n’est que dans une mesure assez restreinte qu'on peut parler d'idées théologiques particulières à l’auteur du second évangile. Au point de

1. BLass-DEBRUNNER, 2 5, 1. Ces auteurs font remarquer que plusieurs des termes latinisants de Marc étaient usuels en grec hellénistique. C'étaient des termes populaires que Luc a pris soin d'éviter.

2. Morrarr, Introduction, p. 231; Swete, p. L; LaGRaNGE, Me, p. XCIX; Bacon, [s Mark a roman Gospel? p. 54.

3. Sur les idées théologiques de Marc, voir, outre ce qui sera cité au cours du paragraphe : Marrin Scauzz, Der Plan des Marcusevangeliums in seiner Bedeutung für das Verständniss der Theologie desselben, Z. f. wiss. Th., 1894, p. 332 s.; BRÜCKNER, Christologie des Marcusevangeliums, Protestantische Monatshefte,

1909, 8; Maxcenor, Le paulinisme' de Marc, Revue du Clergé français, 1905.

vue de la narration, la personnalité de l’évangéliste s'efface derrière les matériaux que lui fournit la tradition et qu'ilse borne à agencer.

Il en est de même au point de vue des pensées religieuses. L’évangéliste n’est ni un créateur ni un penseur original, il exprime les idées qui avaient cours dans le milieu au sein duquel et pour lequel il a travaillé. Rien n'autorise à voir dans son œuvre un écrit tendancieux, soit qu'avec Baur et ses premiers disciples! on en fasseun écrit intentionnellement neutre et terne destiné à atténuer l'antithèse du paulinisme et du judéochristianisme, soit qu'avec Volkmar ? et Holsten on y reconnaisse une apologie du paulinisme réalisée par une déformation de l’évangile primitif, soit encore qu'avec Hilgenfeld (Ein£., p. 518 s.), on y trouve le document d’un judéochristianisme devenu non seulement tolérant mais même bienveillant à l'égard du paulinisme. Le seul fait que des appréciations aussi opposées aient pu être faites de l'œuvre de Marc prouve, à lui seul, que le caractère dogmatique du second évangile n’est pas très accusé“.

1. Voir plus haut, p. 67 s. Contre cette conception voir HILGEN FELD, Einl., p. 518.

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