Le texte actuel substitue des miracles PE PA qui
n’ont pas été racontés, mais qu’on peut supposer sous-enten-
dus dans 2,23, au miracle de Cana pour établir un lien entre 4,44 et le morceau qui précède.
rer sel, Cest une combinaison d'éléments
disparates dont un, au moins, est MANHETemERt
déplacé. | * FM
Ce morceau. est formé de nr Héments :
19 Purification du Temple (2,13-25) ; 20 Entretien avec Nicodème (3,1-21) ; 3° Deuxième rencontre avec Jean-Baptiste (3,22-4,3) ; 40 Entre-
tien avec la Samaritaine (4,4-48). Le second et
le quatrième fragments sont à mettre, en tout ou en partie, au compte de l’évangéliste : l’en-
tretien avec Nicodème parce que, comme nous ‘ Pavons vu (p. 211 s.), il n’a pas un caractère narratif et que la visite de Nicodème à Jésus ne
sert que d’occasion à l’exposé des idées dans
lesquelles se résume, pour Jean, l'Evangile du
Christ. Il en est de même de l’entretien avec la Samaritaine parce que nous y avons un autre
exposé de l’essence de la foi chrétienne et qu’il
paraît certain que Jésus, qui recommandait à ses disciples d’éviter les villages samaritains (M4. 10,5), n’a pas exercé son ministère en Samarie.
L'épisode de la purification du Temple est placé par les synoptiques, non au commencement du ministère de Jésus, mais à-la fin, à la veille dé la passion, soit le lendemain (Mec. 11,15-17), soit le jour même (M4, 21,12-18. Le., 19,45-46) de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem. La relation déjà très sensible des récits
dans les trois premiers. évangiles, comme dans le quatrième, l° épisode est placé à proximité de la Pâque et que, dans les synoptiques, l’intervention de Jésus est suivie d’une question que lui posent les Juifs sur l’autorité par laquelle il agit', ce qui correspond à la demande que, dans le récit johannique, les Juifs adressent à Jésus d’un signe du ciel qui justifie son action.
A cette demande, Jésus répond par une décla-
ration sur sa mort et sa résurrection, figurée
. par l’image de la destruction et de la reconstruc-
tion du Temple en trois jours (2,18-22). Cette parole rapproche le récit johannique de l’histoire de la passion puisque, bien qu’elle ne soit pas citée par les synoptiques, elle a, d’après eux, joué un rôle dans le procès de Jésus (Mc., 14,58. Mt., 26,61).
Ces analogies permettent bo que le récit johannique et les récits synoptiques se rapportent à un même épisode *. On comprend
1. Dans l’état actuel des récits, la question des Juifs se présente comme une question abstraite. C’est la conséquence de introduction du cyele de Béthanie qui a brisé l’unité OEBANE qe qu'il y avait primitivement entre les récits de l’entrée À Jérusalem, et de la purification du Temple et la question d'autorité. Voir Introd., I, p. 2985. dd,
2. La nature même de l’acte accompli par Jésus s’oppose à ce qu’on puisse admettre qu’il ait été répété, comme le pense
est rendue plus frappante encore par le fait q 1-2 Ce ;
CARACTÈRE. pu | RÉCIT JOANNIQUE de
on que Een ait avancé l'incident. Il
pourrait, en effet, paraître étrange que Jésus
s’indigne, à sa dernière visite à Jérusalem, d’un spectacle qu'il avait déjà mainte fois eu sous les yeux. On comprendrait mal, au contraire, que Marc, s’il avait connu plusieurs visites de Jésus à Jérusalem, n’ait délibérément laissé subsister
que la dernière. Cette observation, jointe aux
remarques faites plus haut, conduit à voir, dans le récit JPuque, une transposition du récit synoptique ‘. | L'unité du morceau qui relate la seconde rencontre de Jésus avec Jean-Baptiste (3,22-4,3) paraît, au premier coup d’œil, assez suspecte. Le développement de 3,31-36 sur l’opposition entre celui qui vient du ciel et celui qui est de la terre ne vise pas, comme le morceau qui précède,
ZôckLer, art. Jesus-Christus, R. E., IX, p. 25.81. ZAHN, après avoir adorpté cette opinion (Eïnl., IL, p. 523 s.), l’a abandonnée (Commentaire, p.175).
1. C’est ce que pensent la plupart des critiques (par exemple J. RéviE, p. 1837 s. ; WeNDT, Das Johannesevangelium. P. 32 s. : JüLicHER, Einl., p.378 ; Loisy, p. 152 s. Loisy émet certains doutes sur l’historicité de l’épisode, mais considère cependant le récit de Jean comme secondaire par rapport au récit synoptique). Par contre, STAPFER (Jésus-Christ pendant son ministère?, Paris, 1897, p. 191 s.), B. Weiss (p. 119 5.), Jou. Wai$s. (Schr., I', p. 166), SANDAY, (art. Jesus Christ,
D. B., II, col. 613), UALMES (p.178) se prononcent pour le carac-.
tère primitif du récit johannique.
LE QUATRI
une situation concrète. © ne une suité dé
réflexions d’uné portée très générale sur le Christ. son origine et l’opposition qui lui est faite dans le monde. Le morceau précédent, tout en subor-
donnant nettement Jean-Baptiste à Jésus, ne
supposait pas qu’il y eût entre eux une différence de nature rendant toute comparaison impossible. D’après 3,31-36, au contraire, Jean a une origine terrestre, ‘tandis que Jésus vient
du ciel. Le premier morceau suppose — c’est la donnée même sur laquelle repose tout l’épisode
— que Jésus a attiré à lui beaucoup de disciples, plus de disciples que Jean-Baptiste. Le second
dit nettement : « Nul ne reçoit son témoignage »
(3,82). Dans le premier, le témoin c’est le précurseur, dans le second c’est le Messie lui-même. Le morceau 3,31-36 est donc constitué par une série de réflexions de l’évangéliste simplement juxtaposées au témoignage de Jean-Baptiste.
Dégagé de ce morceau et des autres éléments secondaires qu’on peut y reconnaître !, le récit
1. Le développement 3,31-36 ne paraît pas être le seul élément secondaire de 8,22-4,8. Le verset 24 est une note de l’évangéliste qui souligne la différence entre la chronologie qu’il adopte pour le commencement du ministère de Jésus et la tradition synoptique. Dans le verset 25, le mot ‘Ioudœtou a dû étre substitué soit à ‘Inooÿ, soit plutôt à +üv ’Inaoë. L’allusion des versets 26 et 28 au témoignage de Jean-Baptiste, rapporté dans 1,19 est aussi fort suspecte. 4,2 est une glose de