‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 103 sur 192 · LE · texte numérisé non relu

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Pprimitif due tete comment de disciples de Jean, inquiets des succès remportés par Jésus, venaient interroger leur maître, et comment celui-ci, mettant de côté tout amour-propre personnel, reconnaissait dans le succès du nouveau prophète le signe de l’approbation divine. Jésus, de son côté, constatant qu’il éclipsait Jean et ne voulant pas entraver son activité, s’en allait poursuivre ailleurs son ministère. L’évangéliste, en insérant ce récit dans son œuvre, en a profondément modifié le caractère. Il y a introduit l’idée d’une différence essentielle entre Jésus et

Jean-Baptiste et fait rappeler par Jean le témoi-

gnage rapporté au chapitre 1, il a ajouté enfin aux paroles du précurseur un développement où * s’expriment ses propres idées. :

Originairement, le récit que l’évangéliste a utilisé dans 3,22-4,3 ne devait pas rapporter une seconde rencontre entre Jésus et Jean- Baptiste, puisque c'était au succès remporté par Jésus que Jean reconnaissait en lui un prophète devant lequel il devait s’effacer, ce qui suppose qu’il ne le connaissait pas auparavant.

l’évangéliste destinée à mettre son récit en harmonie avec la ‘tradition synoptique d’après laquelle Jésus n’avait pas pratiqué le baptême. Enfin, la mention des pharisiens (4,1) est une

surcharge, ainsi que cela ressort de l’allure embarrassée de la phrase. Sur toutes ces questions, voir MAURICE GOGUEL, Jean-

. Baptiste, p. 345.

Les récits qui séparent les deux premières périodes d’activité galiléenne de Jésus sont donc : formés d’éléments disparates, dans lesquels on

11220 constate une très forte intervention rédactionnt. nelle. Rien, dans cette partie du récit, ne repose A sur la relation historique d’une période d’activité __ judéenne qui se serait insérée entre le miracle : 7008 de Cana et la guérison du fils de l’officier royal. Ainsi est confirmée la conclusion à laquelle nous avait conduit l’examen des deux fragments galiléens 2,1-12 et 4,43-54. |

L'introduction du second voyage à Jérusalem (5,1-47, guérison de l’impotent de Béthesda) est ; faite par la mention de la proximité d’une fête, De sans qu’il soit dit de quelle fête il s’agit, ce qui est, au moins, peu naturel. La transition entre le * chapitre 5 et le chapitre 6, où Jésus se retrouve au bord du lac de Gennésareth, est moins satisfaisante encore. Le chapitre 5 se termine par un discours que Jésus prononce à Jérusalem et dont la dernière phrase est : « Si vous ne croyez pas à ses paroles (les paroles de Moïse), comment croirez-vous aux miennes ? » (5,47). Sans aucune | formule de conclusion ou de transition, le 24 chapitre 6 commence ainsi : « Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade » (6,1), formule qui ne se comprend pas, le point de départ étant Jérusalem, mais qui

CADRE Er CARACTÈRE DU RÉCIT SOHANNIQUE 277 :

serait très naturelle si da partait de Caper naum ou de Cana’. C’est d’ailleurs à Capernaum que le peuple rejoint Jésus le lendemain de la multiplication des pains. Le chapitre 5 vient donc briser un développement qui pourrait être organique et lui substitue un enchaînement de faits aussi peu satisfaisant que possible.

Quelques auteurs* ont proposé d’ introduire ici un ordre meilleur, en supposant une transposition accidentelle: qui aurait malencontreuse- “ment interverti l’ordre des chapitres 5 et 6. Les hypothèses de cet ordre ne s’appuient sur aucun indice positif. Elles ne seraient légitimes que si la cohérence était une des qualités habituelles

1. La mention des foules qui accompagnent Jésus à cause des guérisons qu’il a opérées (6,2) ne fait qu’augmenter la difficulté. On ne conçoit pas, en effet, qu’elles aient pu venir de Jérusalem jusque dans la Décapole. Au chapitre 4, une seule guérison est rapportée, celle du fils de l’officier royal. Le trait considéré pourrait venir de la source du récit de la multiplica-.

tion.

2. Norris, On the chronology of John V and VI, Journ. of 7 Philology, 1871, p. 107 s. ; BERTLING, Eine Transposition im Evangelium Johannis, St. u. Kr., 1880, p. 351-353 ; Jon. Weiss, Th. Lizg., 1893, col. 397 ; H.-J. HOLTZMANN, Unordnungen und Umordnungen im vierten Evangelium, Z. N. T. + W., III, 1902, p. 525. ; WELLHAUSEN, Erweit. u. Aend., p.155.; Pauz, On two dislocations in John’s Gospel, Hibbert Journal, 1908-9, p. 662 s.; SLOET, De volgorde van Jean V en VI, De Katholiek, 1910, p. 261-268 ;; F.-W. Lewis, Disarrangements in the fourth Gospel, Cambridge, 1910, p.3-5

chapitre 7 suivait le chapitre 5, il y aurait entre. eux une liaison aussi peu satisfaisante que celle

qu'il y a actuellement entre les MS Et

et 6. Û + \ = f ñ

Il est donc impossible de découvrir une relation naturelle du chapitre 5 avec ce qui le précède et avec ce qui le suit, en sorte que le second

voyage de Jésus à Jérusalem occupe une placet

aussi peu organique que le premier. # Les récits galiléens du quatrième évangile paraissent former un tout que, soit avec inten-

“tion, soit sans y prendre garde, le rédacteur a

morcelé par l'introduction de deux récits ou groupes des récits judéens. Cependant, le récit

ee qui nous occupe, la Rs ne fc que re substituer une incohérence à une autre car, SEIÈ

de l’activité galiléenne de Jésus, tel qu'il sé,

trouve constitué après élimination des morceaux jérusalémites, ne saurait être considéré comme une relation complète de la première

période du ministère de Jésus puisque, abstrac- si

tion faite du récit du rejet à Nazareth dont il ne subsiste qu’un fragment mutilé, il ne comprend que trois épisodes. Cette relation, d'autre part, manque d'unité, Les écrits des deux Drerf

miers nmrracles sont séparés par un morceau qui.

suppose d’autres miracles ne pouvant être attri-

[a même source, te la; guérison du fils de l'officier royal est présentée comme le second | miracle de Jé ésus. La multiplication des pains ne peut, elle non plus, en venir puisqu'elle n’est pas numérotée comme le sont les deux premiers miracles”. De plus, ce récit devait être origi-

nairement précédé de guérisons qui. avaient

groupé autour de Jésus une foule d’admirateurs (6,2). Ainsi, même pour les parties galiléennes, le récit des six premiers chapitres de Pévangile ne saurait être considéré comme homogène.

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