‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 104 sur 192 · chapitre T est mal reliée à ce qui précéde. Il est · texte numérisé non relu

chapitre T est mal reliée à ce qui précéde. Il est

dit que Jésus reste en Galilée parce qu’il n’ose plus, à cause des menaces de mort des Juifs,

RE en Judée (7,1). Ceci suppose qu’il a déjà

Le. NT verrons que, dans la source, c'était le récit de la

pêche miraculeuse, qui se trouve remanié au ch. 21 (1-14), qui était la troisième manifestation galiléenne de Jésus. Voir p- 2995. "

Re

AN RENTE ÿ PISE

exercé son ministère en ‘Judée et Re à 4 mal accueilli. Comme la fête des Tabernacles

est proche, ses frères l’engagent à monter à Jérusalem afin que ses disciples (il ne peut s ’agir que de diséiples qu’il a faits lors de ses premières

ut dans la Ville Sainte) voient aussi ses

miracles (7,3). L’invitation adressée à Jésus est appuyée par cette remarque : « Personne n’agit

en secret qui ne cherche aussi à agir en public :

puisque tu fais cela, montre-toi au monde » (7,4). Ceci suppose ou que Jésus n’a pas accompli de miracles à Jérusalem ou plutôt qu’il n’y est pas venu, ce qui ne s’accorde pas avec 2,13 s. et 5,1s. La contradiction qu’il y a au début du chapitre 7, où Jésus est invité à venir à Jérusalem comme s’il n’y avait pas encore été et où il est: cependant question des'disciples qu’il y a, provient de l'effort de l’évangéliste pour faire, d’un récit qui relatait une première visite de Jésus à Jérusalem, la suite des chapitres 1 à 6 où il y était déjà venu deux fois !. Dans l’état où il se présente à nous, le récit qui commence au chapitre 7 n’est pas parfaitement cohérent. :

L'histoire de l’aveugle-né (9, 1 -41) est simple-

1. Nous essayerons, quand nous étudierons les sources de l’'évangile, de dégager les éléments des ch. 7 et suivants qui peuvent être rattachés à ce récit d’une première venue de Jésus à Jérusalem,

- ment juxtaposée au récit de l’enseignement de Jésus à la fête des Tabernacles, mais il n’est pas concevable que le rédacteur, qui vient de rapporter une tentative de meurtre contre Jésus, se soit représenté qu’immédiatement après, et sans que les esprits aient eu le temps de se calmer, Jésus ait pu impunément agir en public et prononcer des paroles injurieuses pour les autorités juives. I1 y a donc ici simple juxtaposition de récits et non développement organique. La parabole du bon berger (10,1-18), malgré la conclusion de 10,19-21, qui semble indiquer qu’elle est prononcée en public, n’est pas la suite de l’histoire de l’aveugle-né, puisqu'elle est adressée par Jésus à ses brebis et non, comme les dernières paroles du chapitre 9, à des Juifs hostiles. Le défaut de cohérence est con- . firmé par la notice de 10,22 qui dit que c’était alors la fête de la Dédicace (décembre). On est donc deux mois plus tard qu’on ne devrait être si le développement avait eu, depuis Tour caractère organique.

L'enseignement de Jésus à la fête de la Dédicace (10,22-39) est, comme le récit de la guérison . de l’aveugle-né et la parabole du bon berger qui le précèdent, conçu pour lui-même. Si l’évangéliste avait voulu en faire la suite et comme la conclusion de l’enseignement donné à la fête

ML dés Tabernacles, One qui cont Le | déclarations messianiques très explicites, in 5. aurait pas introduit cette question des Juifs : ; « Jusques à quand nous tiendras-tu Pesprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement » (10,24). Ce morceau se termine comme le récit de la dernière journée de la fête des Tabernacles par une tentative vaine des Juifs pour s'emparer de Jésus (10,39). MATE A partir de cet endroit, le récit paraît mieux lié. Jésus, pour échapper aux Juifs, se retire en Pérée, là où Jean-Baptiste avait commencé son ministère (10,40-42).-I1 quitte sa retraite pour venir à Béthanie ressusciter Lazare (11,1-44) ; puis, comme cet acte provoque une décision formelle des autorités juives contre lui, il s’éloi- . gne de nouveau et va à Ephraïm (11,45-47), où + il reste jusqu’au moment de la fête de Pâque. Le développement des faits est donc naturel et semble sans lacune depuis la fête de la RE jusqu’à celle de Pâque. # Six jours avant la Pâque, Jésus arrive à Béthanie, où a lieu le repas au cours duquel se place l’onction (12,1-11). Le lendemain, Jésus entre à Jérusalem (12,12-19). La demande des Grecs à Philippe (12,20-22) qui se rattache direc- : tement au récit de l’entrée à Jérusalem, doit être placée le même jour. Elle sert d’introduction à

au. trouble qui remplit son âme à cette pensée. Une voix céleste proclame la glorification de Jésus qui commente ensuite sa déclaration (12,23-36°). C’est sa dernière manifestation publique. Jésus, ensuite, s’éloigne et se cache PP Eee

Si le récit peut être considéré comme bien Hé

jusqu’à 12,36, il n’en est pas de même de la fin du chapitre. Elle se compose de deux parties. La première (12,36-43) est une réflexion de l’évangéliste sur l’échec du ministère de Jésus, échec qui est attribué à l’hostilité des autorités juives qui empêchent ceux qui ont cru en Jésus de se déclarer pour lui. La deuxième (12,44-50) est une déclaration de Jésus lui-même dont l’évangéliste n’indique ni le moment, ni les circonstances et qu’il n’a pas le moindre souci d’encadrer si peu que ce soit. Manifestement, sa préoccupation n’est pas de relater le détail d’un épisode, mais de clôturer par des paroles de Jésus le récit de son activité. II n’a donc eu, ici, ‘aucun souci de la cohérence ni du caractère organique du récit.

. La conclusion à laquelle nous conduit l’examen des chapitres 7 à 12 est donc que, dans cette partie de l’évangile, la cohérence est plus grande que dans les chapitres qui précèdent, sans doute,

ne suit À ailleurs pas D ae ee M = quelles, était marqué l’enchaînement réel des ne faits. On ne reconnaît cependant chez lui aucune préoccupation de donner un récit organique etre 8 bien lié et, dans une mesure encore très eve e LS : cette partie de son œuvre n ‘apparaît aussi que. 7 comme une collection d’épisodes” RTS D 2, 1 2

LE

1. Nous ne croyons pas utile d'examiner le récit de la passion comme nous avons examiné les parties précédentes, puisque

À la cohérence y est déterminée par la nature même des né racontés. -

CHAPITRE VIN De LE CHAPITRE 210 UT A - I — LES RAPPORTS DU CHAPITRE 21 5 cn AVEC LES CHAPITRES L A 20

se

‘A la fin du chapitre 20, l’évangéliste qui a

raconté trois apparitions de Jésus ressuscité | (à Marie Madeleine, 20,11-18; aux apôtres, en

l’absence de Thomas, 20,19-23 ; aux apôtres, Thomas étant présent, 20,24-29) termine son

1. EBERHARDT, Evangelium Johannis, c. 21. Ein exegeti- scher Versuch als Beitrag zur johanneischen Frage, Leipzig, 1897 (On trouve, dans ce travail, un bref exposé de l’histeire du problème) ; A. KLôPrer, Das 21 Capitel des vierten Evan-

+ geliums erlaütert, Z. f. wiss. Th., 1899, p. 387-381 ; HAUSSsLEI-

TER, Zwei apostolische Zeugen für das Johannesevangelium, Ein Beitrag zur Lôsung der Johanneischen Frage, München, 1904; K. HoRx, Geschichtlichkeit und Zweck von (POQNE: Hors

Joue 21, Leipzig, 1904.

récit par une conclusion qui nat la Fa des

livre avec une netteté qui fait dire à Zahn (Einl., II, p. 486) qu’aucun livre historique du

Nouveau Testament n’a une’ fin aussi bien marquée que l’est celle de l’évangile de Jean. L’ex-

plicit de 20,30-31 équivaut au mot « fin » écrit

au bas d’une page. « Le livre est fini, très bien fini », dit Loisy (p. 514).

Celui qui a écrit 20,30-31, au moment où il

écrivait ces mots, pensait tracer les, dernières lignes de son œuvre. On peut discuter la ques-

tion de savoir qui a écrit le chapitre 21 !, si c’est

l’auteur de l’évangile ou un éditeur postérieur,

1. Le ch. 21 a été considéré comme une addition due à l’évan-

géliste lui-même par VERMEIL (Etude sur le 21° chapitre de

l’évangile selon saint Jean, Thèse Strasbourg, 1861, mais sans les versets 24-25 qui sont inauthentiques), HILGENFELD (Eïinl., p. 717), HARNACK (Chron., p. 676), EBERHARDT, VON SODEN (Urchristliche Literaturgeschichte, Berlin, 1905, p.219), WREDE (p.35), etc. D’autres critiques attribuent le ch. 21 à une autre main que le corps de l’évangile, par exemple : H&KSTRA (Het laatste- hoofdstuck van het 4 Evangelium vergliken met det-Evangelium xelf, Th. Tidschr., 1867, p. 407 s.), KLÔPPER (22 . wiss. Th., 1899, p. 337 s.), SCHMIEDEL (art. Gospels, E. B., IL, col. 2.543), J. RÉvILLE (p. 305 s.), ScawarTz (Ueber den Tod, p. 48), Ton. Weiss (Die Aufgaben der neutestamentlichen Wissenschaft in der Gegenwart, Gættingen, 1908, p. 36), STANTON (III, p.27), Jüricner (Einl., p. 358) ne se prononee pas entre la composition par l’évangéliste et l’attribution du chapitre à un auteur qui l’imiterait. Plus loin, cependant (p. 389 s. ), il paraît pencher vers là première hypothèse.

aussi incontesté qu’incontestable !.

Rien ne permet de conjecturer qu’il ait existé, dans l’ ancienne Eglise, une recension de l’évangile ne comprenant que vingt chapitres?. L’ad-

dition du chapitre 21 doit done être antérieure

au prototype de tous les manuscrits qui nous

ont été conservés, et probablement aussi à l’édi-

tion de l’évangile.

L’examen de la langue ne permet pas, à lui

1. Dans l’antiquité, Théodore de Mopsweste est le premier LE ait reconnu dans le ch. 21 ce qu’il appelle des ste LORpOGCR OIL.

AUGUSTIN (T'ractatus in Johannem) semble avoir eu le senti-

ment d’un problème, mais il le résout dans le sens de l’authenticité (cf. EBERHARDT, p. 8). Au xvri° siècle, Huco GRoTIUS (Annot. in Evang. Johannis dans H. GroTIr Operum theologicorum t. IT, vol. I, Amstelaedami, 1679, p. 571) voyait dans 20,30 la fin de l’évangile et disait : Caput quod sequitur post mortem Johannis additum ab ecclesia ephesina, hoc maxime

- fine, ut ostenderetur impletum quid de longevitate ac non vio-

lenta morte Johannis dominus praedicerat. Cependant RicHARD Simon (Histoire critique du texte du Nouveau T'estament, Rot-

terdam, 1689, p. 152) défendait l’authenticité du ch. 21 en faisant remarquer le peu d’ordre que présente, en général, le

récit johannique.

2. Irénée ne fait pas de citation du ch. 21, mais, dans ce que nous avons de son œuvre, il n’y a pas non plus de citation des chapitres 16-18. Les Acta Petri n’y font non plus aucune

‘allusion. Ces faits ne suffisent pas pour justifier la conjecture de HoExsTRA (Th. Tidschr., 1867, p. 407 s.) et de ERBES

(Petrus nicht inRom sondern in Jerusalem gestorben, À. je

Kirchengesch., 1901, p. 165 s.) qui pensent que le quatrième

évangile a été connu dans certains milieux sans le ch. 21.

mais le caractère additionnel de ce sr est |

à Li

seul, de RAS s 7 Fat Ron e le cha:

pître 21 à la même main que le corps de l’évangile. On y rencontre certaines particularités du style johannique comme le verbe précédant le sujet (3. 4. 5. 7. 15), le verbe au pluriel quand il est suivi de plusieurs sujets au singulier, alors

que, régulièrement, il devrait être au singulier

(2. cf. 19,25), le mélange du présent et du parfait (4), emploi de 3? comme troisième ou qua trième mot de la PATES (25ef::6,51:17,81; 8, Fe etc.)

Au point de vue du vocabulaire, il y a un certain nombre de termes et d’expressions qui se trouvent dans les vingt premiers chapitres et dans le ch. 21 et qui ne se rencontrent pas ailleurs dans le Nouveau Testament. Ce sont avOpaxia, Statwvvüuar, dobdterv (en parlant de la mort), h Jalason Ths Triéepiadoc, Owuc do Resydwevos Aldvuos, Kav& ris Falaiac, koys (dans le sens de renommée, bruit), Nafavan}, viv (dans le sens de tout récemment), obaotov, Eiuwv ’Iwavou. À cette liste il faut ajouter l'expression ualnrns ôv nyaTe noote et la mention de deux disciples dont un seul est nommé (21,2. Cf. 1,85.40). Iludte au figuré ne se

ÉLoUvE, en dehors des Jn., 21,5 que dans la pre-.

mière épître johannique (2, 14. 18).

Quelques mots se rencontrent dans Jn., 1- 20, dans 21 et dans un seul autre livre du Nouveau

Testament mais pas dans les synoptiques. Ce sont: shxerv ( Actes), opo (Actes) et cnuxiver (Actes. Ape.). L'expression Jéuov Iérpo {sans un participe comme Értxaloumévos OU Aeyôpevos) qui se trouve 5 fois dans Jean 21 et 12 fois dans Jn., 1-20, ne se trouve qu’une seule fois dans chacun des livres suivants : Mt., Mc., Le., II Pi.

+ Mais d’autre part, il y a dans le ch. 21 des mots qui ne se rencontrent pas dans le corps de l’évangile. Les uns se trouvent ailleurs dans le Nouveau Testament, ce sont : 40evo/, aiyra\de, àmo6aiver (dans le sens de débarquer), tpisräv, apviov, Bécxeiv, yapdoxewv, yuuvéc, dixTuov, Extelverv, é£erdteuv, ÉTIOTOÉGELY, Zebedaïos, Covvbvar, toydev, 100, vewrepos, olua, nyus, romalvey, mowla, cûpeuv. Quelques mots ne se trouvent pas ailleurs dans le Nouveau Testament (dlreveiv, EmevduTrnc, rpobatia, rposyiyiov).

Il faut aussi remarquer que la majeure partie des mots que l’on peut considérer comme caractéristiques de la pensée et de la langue du quatrième évangile manquent dans le chapitre 21.

Les observations d’ordre linguistique qui précèdent laissent une impression contradictoire. Elles peuvent s’accommoder aussi bien de l’hypothèse de la communauté que de celle de la diversité d’origine. é

Dans la première hypothèse, la diversité de langue s’expliquerait par le fait que, dans le

chapitre 21, l’auteur exprime d’autres idées que dans les vingt premiers, et que la nature même de ce qu’il avait à y raconter lui imposait l’emploi d’un certain nombre de mots particuliers, et excluait celui des termes que l’on peut regar- der comme spécifiquement johanniques. Dans l'hypothèse de la diversité d’origine, les similitudes constatées, tant au point de vue du vocabulaire qu’à celui du style, viendraient de ce que l’auteur de l’appendice a certainement eu le corps de l’évangile sous les yeux et doit, intentionnellement, en avoir imité la langue‘.

Les récits introduits par les mots perd ruÿra ne peuvent être considérés comme la suite directe des récits d’apparitions contenus au chapitre 20. De 20 à 21, la scène a changé, les disciples sont allés de Jérusalem en Galilée, sans que cela soit mentionné. |

De plus, alors que trois récits d’apparitions ont été donnés au chapitre 20, celui par lequel s’ouvre le chapitre 21 est présenté comme la troisième manifestation de Jésus à ses disciples

1. Le problème est encore compliqué et peut-être rendu insoluble sur le terrain philologique par le fait qu’il y a, sans doute, dans le corps de l’évangile, comme nous essayerons de

le montrer plus loin, des additions et des retouches de la main de Pauteur du ch. 21.

après sa (résurrection (1, 14). Ces observations, à elles seules, ne suffiraient pas pour nous obliger à attribuer au chapitre. 21 une autre origine

qu’au chapitre 20. Nous avons, en effet, constaté

dans le corps de l’évangile des incohérences qui ne sont pas moins fortes que celles qu’il y a entre

les chapitres 20 et 21. Cependant, ces remarques

apportent une confirmation aux conclusions qu’impose la formule par laquelle se termine le chapitre 20.

PACA RS de RÉCITS DU CHAPITRE 21

- I] faut, pour chacun des récits du chapitre 21, rechercher dans quel intérêt il a été introduit ; il faut, ensuite, déterminer à quelle tradition

-il a été emprunté, ou quelle SORPARMEGR lui a donné naissance.

L’addition du chapitre 21 ne peut être suffisamment expliquée par le désir. d’ajouter une

1. On ne peut résoudre cette difficulté en faisant remarquer que l’apparition à Marie-Madeleine n’est pas, au sens strict du mot, une apparition aux disciples. Ce qui importe, en effet, dans ces récits, c’est beaucoup plus le fait de l’apparition que la personne de ceux qui en bénéficient. On peut aussi se demander si un récit d'apparition était encore à sa place après la

déclaration de Jésus à Thomas : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui ont cru sans voir » (20,29). -

apparition à celles. du chapitre 20, la conclusion (21,25) indiquant nettement que l’évangéliste n’a eu, à aucun degré, l’intention de donner une relation complète. ; Le récit de l’apparition de Jésus au bord du lac, au cours de la pêche miraculeuse (21,1-14),

ne répond pas au désir de mieux affirmer la

résurrection de Jésus, celle-ci ayant été très nettement établie au chapitre 20. Quelques auteurs pensent que l'épisode est destiné à mettre en lumière le rôle du disciple bien-aimé et celui de Pierre. C’est le Bien-Aimé qui, le premier, aperçoit et reconnaît Jésus, mais c’est Pierre qui se précipite au-devant de lui ! et c’est lui qui tire sur le rivage le filet qui symbolise l'Eglise et qui, malgré les 153 * gros poissons, ne

1. Les rôles respectifs de Pierre et du Bien-Aimé sont exactement les mêmes que dans l’épisode de la visite au sépulcre (20,3-9) où c’est le Bien-Aimé qui arrive le premier au sépulcre, mais où c’est Pierre qui y entre (cf. SCHWARTZ, Johannes und Kerinthos, Z. N.T. W., XV, 1914, p. 217).

2. Il n’est pas douteux que le chiffre 153 soit symbolique, mais faut-il l'expliquer par le nombre des espèces de poissons (JÉRÔME, cf. BAUER, p. 186), par des spéculations sur les nombres reposant sur le fait.que 153 est le nombre triangulaire de 17 (14248 +...+4 17 = 158). Cf. E.-H. Corso, Triangular numbers in the New Testament, Journ. of theol. St., XII, oct. 1914, p.67 s.; S. HaRrT, T'riangular numbers, Journ. of theol. St., XVII, oct. 1915, p. 76 s. (les croyants soutenus par les sept esprits de Dieu observent les 10 commandements, AUGUSTIN,

LE CHAPITRE 2 EA a HU

se déchire pas”. Cette interprétation est recommandée par le fait qu’elle s’impose certainement pour d’autres parties du chapitre 21, en particulier pour le récit de l’entretien de Jésus avec Pierre, auquel l’histoire de l'apparition sert d'introduction. |

Le récit de l’apparition de Jésus au bord du

Cf. BAUER, p. 186; ou bien 153 symbolise-t-il la Trinité [3 X 50 + 3 — 153] ? ORIGÈNE, cf. BAUER, p. 186), ou bien faut-il en chercher le sens dans la somme de la valeur numérique des : lettres de certains mots ? La diversité des explications proposées indique qu’il est prudent, comme le fait SCHWARTZ (Z. N. T.W., XV, p. 217, n. 1), de ne pas essayer de deviner le sens symbolique de 153. Ce parti apparaît comme le plus sage quand on considère qu’un seul auteur, LINDER (Gesetz der Stoffteilung im Johannesevangelium, Z. f. wiss. Th., 1897, p. 447, 1899, p.32 s.), n’a pas proposé, à lui seul, moins de trois interprétations (Prophète et roi, la Pâque, Grand Prêtre de Juda). D’autre part, HILGENFELD (Die Rätselzahl Joh. 21 11% 158172 f. wiss. Th., 1898, p. 480) signale l’interprétation de AHRENDTS (communauté de l’amour) et en propose lui-même une autre reposant sur le grec et non sur l’hébreu. NAGANAHA D {troisième apparition, à Nathanaël). Pour d’autres interprétations du même ordre, voir EBFERHARDT, p. 42. ErBes (2. f. Kirchengesch.,. 1901, p. 10) a proposé d’expliquer le nombre 153 par le fait que 153 ans après la naissance du Christ, le conflit entre Polycarpe d'Ephèse et Anicet de Rome fut résolu sans rupture.

1. ErBEs, Der Apostel Johannes und der Jünger welcher an der Brust des Herrn lag, Z.f. Kirchengesch., 1912, p. 190 ; ScawaRTz, Z. N. T: W., XV, 1914, p. 217 ; Loisy, p. 519; KrôPrer, Dos 21 Capitel des vierten Pounei une Z. fe wiss, Th., 1899, p. 356. |

__ lac présente des traces très nettes d’incohérence. Au verset 5, Jésus aborde les disciples en leur EE démandant s’ils ont quelque chose à manger et, x sur leur réponse négative, leur indique où ils = doivent jeter le filet. Le miracle semble ainsi avoir pour but de procurer les éléments d’un __ répas, ce qui est confirmé par la parole de Jésus aux disciples : « Apportez des poissons que vous avez pris » (10). Cependant, quand les disciples ce avaient abordé, ils avaient trouvé « un feu allumé, des poissons dessus et du pain » (9), et c’est ce pain.et ce poisson qui leur est distribué au verset 13. Au verset 7, le disciple que Jésus aime reconnaît le maître et avertit Pierre, au verset 12, les disciples reconnaissent à qui ils ont affaire, mais n’osent pas exprimer leur sentiment. Au verset 8, Pierre s’est jeté à l’eau pour arriver plus vite au rivage, les disciples qui sont dans la barque tirent le filet, puis ils abordent et il semble que ce soit pour achever la pêche. Au verset 11, c’est Pierre seul qui tire le filet. Au verset T, Pierre se jette à l’eau non pas pour tirer plus facilement le filet, mais parce qu’il a vu Jésus et comme il commence par ceindre sa robe, il y a, dans son geste, une marque de respect et d’empressement ; au verset 11, Cépeh= dant, il semble que si Pierre s’est jeté. à l’eau, c’est pour tirer le filet. Au verset 5 et au verset 10,

Jésus paraît vouloir prendre un repas avec ses disciples, au verset 12, il leur dit : « Venez manger », au verset 13, on n’a plus affaire à un repas ordinaire, Jésus prend le pain et le rompt, c’est

le rite de la fraction du pain.

Ces incohérences sont trop graves pour qu’ ’on puisse suffisamment en rendre compte par des

négligences de rédaction ou par des surcharges

destinées à mettre en lumière le rôle joué par Pierre. On ne peut les expliquer que par la combinaison de deux récits '. L’un devait relater une pêche miraculeuse que les disciples faisaient sur les indications de leur maître, et qui était suivie d’un repas dont les éléments étaient fournis par le poisson qu’ils venaient de pêcher. Dans l’autre récit, Jésus ressuscité se faisait reconnaître à ses disciples en rompant le pain et en le leur distribuant. Cette scène ne devait pas être sans analogies avéc l’histoire des disciples d’Emmaüs. Dans Jean, 21, aucun de ces deux récits n’apparaît dans son intégrité. La préoccupation particulière qui a donné nais-

1. Le caractère composite de 21,1-14 est reconnu par beaucoup d'auteurs, par exemple par Loïsy (p. 515 s.), SPITTA (p. 3 s.), BAUER (p. 187), Scamiprt (Zur Frage des ursprünglichen Markusschlusses, St. u. Kr., 1907, p. 499 s.), VOELTER

(Die Entstehung des Glaubens an der Auferstehung Jesu, Strassburg, 1910, p. 52).

sance à chacun d’eux n’est plus reconnaissable dans la combinaison actuelle qui doit donc être

antérieure à l'introduction du morceau dans l’évangile*. :

Quelles peuvent étre les origines de ces récits ? L'hypothèse de la dépendance à l’égard de la fin perdue de Marc est admise par beaucoup de critiques ?. Elle doit être considérée comme possible *, mais ne saurait éclairer l’origine du récit de Jn., 21,1-14, puisqu'on ne peut faire

1. Cette constatation prouve que les morceaux introduits par l’auteur du chapitre 21, sans doute parce qu’il les considérait comme johanniques, n’étaient pas simples maïs avaient ‘déjà subi, de la part de la tradition, une profonde élaboration.

2. RonrBacx, Der Schluss des Marcusevangeliums, der Vier-Evangelien-Kanon und die kleinasiatischen Presbytier, Berlin, 1894 ; Die Berichte über die Auferstehung Jesu Christi, Berlin, 1898 ; HARNACK, cos I, p. 696 s. Beitr., I, p. 158, n. 2 ; EBERHARDT, p. 81 ; Von DogscHütz, Probleme des apostolischen Zeitalters, Pre 1904, p. 14 s. H. SERRE St. u. Kr., 1907, p. 487 s.

3. Malgré l'argumentation de Horx (p. 94 s.). \Cet auteur fait remarquer (p. 122) qu’au début du chapitre 21, les disciples paraissent encore tout à fait ignorants de la résurrection alors que, à la fin de Marc, au moment où ils devaient arriver en Galilée, ils avaient déjà reçu le message des femmes. Horn paraît oublier la manière dont les disciples d'Emmaüs s’expriment sur ce message (Lc., 24,22 s.)..

Elle montre bien qu’il ne pouvait, à lui seul, créer la foi à là résurrection.

Page 1