TO
LE : QUATRIÈME | Éve NGILE
. nage trop humble pour vouloir ou pour pou- dE voir être nommé. Il ne peut faire Pobjet que d’une discrète indication. Une semblable for-
Q mule qui se comprend pour un homme ne con-
viendrait ni pour Dieu, ni pour le Christ.
Certains exégètes ont pensé que l’évpaxes et l’éxeivos étaient un seul et même personnage, mais on aperçoit mal quel pourrait être, dans ce cas, le sens de la phrase considérée, ni ce que les mots « il sait lui-même qu’il dit la vérité » ajouteraient à « son témoignage est véridique ». Si, au contraire, l’êxeivos est différent de l’évpaxds, la phrase ajoute quelque chose et quelque chose LE d’essentiel . Non seulement le témoin est véri-
1. L'identification a été faite par Baur, Krit. Uniters., p.378 s.; HoLTZMANN-BAUER, p. 297 ; WENDT, Das Johannesevangelium, p. 193 ; Loiïsy, p. 890 (avec plus d’hésitation ?, p- 493). Le côté grammatical de la question a été discuté par G.-E. Srerrz, Ueber den Gebrauch des Pronomen Exesïvos im .
rs vierten Evangelium zur Entscheidung über die streitige Stelle, 4 | 19,35, St. u. Kr., 1859, p. 497-506 ; Der classische und der Se johanneische Gebrauch von ëxeïvos, St. u. Kr., 1861, p. 267- 15 Eu, 310 ; et par ALEx. BUTTMANN, Ueber den Gebrauch des Pro-
nomen Exeivoc im viérten Evangelium, St. u. Kr., 1860, p. 505- 516 ; Einige Worte der Erwiderung an Herrn D Steitz, Z. F4 { wiss, Th., 1862, p. 204-216. Le premier pense que éxeivos ne - peut désigner que l’évangéliste, le second estime que cette interprétation n’est pas la seule possible. Par contre, HorTz- MANN-BAUER (p. 298), JEAN RÉvILLE (p. 313) et un grand nombre d’interprètes pensent que l’évangéliste invoque un autre témoignage que le sien.
dique, mais un ee l’éxeivos, se porte garant de
sa véracité. Si le terme d’éxeivos est obscur pour nous, il ne devait pas l’être pour les premiers lecteurs. Une autorité ne vaut que si ceux auprès
de qui on l’invoque la connaissent. Les lecteurs
primitifs savaient sous quel patronage se présentait l’évangile, qui était celui qu’en langage moderne nous appellerions son éditeur. C’est probablement celui qui a ajouté le vingt et unième chapitre dans lequel il a recueilli des traditions qui lui paraissaient avoir la même origine que celles qui constituaient le.corps même du livre.
Nous avons signalé déjà l’analogie très frap- pante qu’il y a entre 19,35 et 21,24 où l’auteur de l’appendice atteste, comme un fait de notoriété publique, la véracité du témoignage du disciple anonyme. Le quatrième évangile a donc été transmis par un éditeur qui y a, pour le moins, ajouté la note de 19,35 (BACON, p. 309) et le chapitre 21. Nous aurons à rechercher, plus loin, s’il s’est borné à cela.
Les trois épisodes du récit de la passion où figure le disciple anonyme se rapportent au même personnage. Ils sont tous les trois dénués .de valeur historique. Le problème qui se pose n’est pas de savoir qui est réellement le disciple bien-aimé, mais qui le rédacteur des épisodes
s’est représenté qu’il était.
sde ent LE QUATRIÈME ÉVANGILE
Plusieurs auteurs pensent que €’est le type idéal du disciple, le parfait gnostique, celui qui, penché sur le sein du maître, a, mieux que tout: autre, sondé le mystère de l Evangile. Bacon (p. 301s., 320), a fait remarquer à Pappui de cette interprétation, que les épisodes relatifs au Bien-Aimé mettent en lumière diverses idées telles que celles de la nécessité et de l'importance de la mort de Jé ésus, de la réalité de la résurrection fondée sur une évidence intérieure et spirituelle et que ces idées sont au centre de la pensée paulinienne. Cette interprétation du sens pro-
‘fond, des épisodes peut être exacte, il n’en reste
pas moins qu’il serait peu naturel. qu’ ’un témoin idéal fût : invoqué à à l’appui, non pas de ces idées, mais de faits historiques qui les traduisent * Le rédacteur pourrait, à la rigueur, avoir prêté à la figure du disciple bien-aimé des traits idéaux dont il serait concevable que certains aient été empruntés à la personnalité de apôtre Paul, il n’en reste pas moins qu’il s’est représenté le Bien-Aimé comme un personnage réel, il faut ajouter : comme un personnage déterminé. Les termes employés le supposent connu des lecteurs et l’allusion à la place qu’il oceupait
1. Après beaucoup d’autres, STANTON (ZLI, p. 134 s.) a, récemment, soutenu la réalité du personnage du Bien- Aimé et son identité avec l’apôtre Jean.