‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 129 sur 192 · Sur 7,25-80. Voir p · texte numérisé non relu

Sur 7,25-80. Voir p

à Pierre. Il a combiné ce récit avec celui d’une

scène où Jésus ressuscité se faisait reconnaître de ses disciples en rompant le pain avec eux. Il en a fait ainsi un récit d’apparition; la vocation de Pierre est devenue sa réhabilitation ou plutôt une mission que le Christ lui confie pour la fondation et la direction de l'Eglise.

Il y a, dans le corps de l’évangile, deux récits présentés comme les deux premières manifes-

tations de Jésus qui ont la même origine que la forme primitive de l’épisode de la pêche miraculeuse donnée comme la troisième. Un des éléments de la source que nous pouvons appeler galiléenne ayant été introduit dans l’évangile par l’éditeur, ne conviendrait-il pas d'attribuer la même origine aux deux premiers, c’est-à-dire au miracle de Cana et à la guérison du fils de l'officier royal de Capernaum ? Pour qu’on puisse admettre cette hypothèse, il faudrait que l’éditeur ait connu les trois épisodes galiléens encore groupés. Ce serait alors lui qui aurait consciemment transformé l’histoire de la

pêche miraculeuse en la combinant avec une.

scène de caractère tout à fait différent. Il est bien difficile de penser qu’il puisse en être ainsi.

Ces transformations et ces combinaisons de

récits différents sont plutôt l’œuvre de la tradition orale que le résultat du travail littéraire

systématique d’un rédacteur. Si l'éditeur n'a

connu Flhistoire de la pêche miraculeuse que dissociée des deux autres épisodes galiléens et déjà déformée par une évolution littéraire particulière, on voit disparaître la principale et même la seule raison qu’il pourrait y avoir de

lui attribuer l’introduction dans l'évangile du miracle de Cana et de la guérison ur fils; den

l'officier royal.

Cette conclusion négative serait encore confirmée, si cela était nécessaire, par l’observation de ce que deviendrait le début de l’évangile par la suppression de ces deux morceaux. Son texte, sans doute, ne serait pas proprement incohérent mais, par deux fois, il ramènerait Jésus en Galilée, sans qu’on puisse comprendre ce qu’il vient y faire ; la première fois (2,12) à Capernaum, pour quelques.jours, pendant lesquels 1l

ne se passe rien, la seconde fois (4,43-45.48)

sans que la ville dans laquelle il se rend soit nommée, pour un seul épisode qui est l’équiva- -lent de la scène synoptique du rejet de Jésus à Nazareth. Si indifférent que soit l’évangéliste

à l’égard du caractère vraiment organique de son récit, il est difficile de penser qu’il ait pu ‘rapporter par deux fois des séjours de Jésus en Galilée aussi vides et aussi schématiques.

Déjà, dans le récit de la pêche miraculeuse,

ee surtout dans la seconde Re chapitre , l'éditeur témoigne d’un intérêt tout parti-

& de pour le. disciple bien-aimé. C’est une rai-

son de se demander s’il ne faut pas lui attribuer | l’ensemble des morceaux où figure ce personnage, c’est-à-dire la désignation du traître, la remise de la mère de Jésus à son disciple et l’épisode du coup de lance. Ce problème doit d’autant plus être posé qu’à ce dernier morceau

est jointe une notice sur la véracité du témoin

qui a rapporté le fait (19,35), notice qui rappelle directement celle de 21,24 et paraît bien être de la même main. Les épisodes qui mettent en scène le Bien-Aimé sont étroitement ‘unis entre eux. Ils se rapportent à un personnage qui n'apparaît ni dans le reste de l’évangile', ni dans la tradition synoptique. Ils appartiennent

tous, nous l’avons vu, à une tradition secon-

daire et sont dénués de valeur historique. Leur élimination ne laisserait aucune lacune sensible dans le récit. Leur attribution à l’évangéliste doit, au moins, être jugée très vraisemblable. Ces épisodes répondraient au désir de rehausser la

1. L’affinité est, comme nous l’avons vu, seulement extérieure entre le disciple anonyme, personnage historique concret dont le nom n’est pas donné, et le Bien-Aimé dont la per- sonnalité insaisissable et fuyante paraît bien avoir été imaginée pour les besoins de la cause.

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