‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 132 sur 192 · III. — LES ADDITIONS DE L'ÉVANGÉLISTE | A SON ŒUVRE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

III. — LES ADDITIONS DE L'ÉVANGÉLISTE | A SON ŒUVRE PRIMITIVE

Les additions qui proviennent de l’éditeur et

de rédacteurs postérieurs une fois éliminées,

nous sommes en présence de l’évangile tel qu’il est sorti des mains de son auteur. Avant d’exa- miner comment il a disposé les sources dont il disposait, il faut encore rechercher si l’évangile a été écrit d ’un seul jet ou s’il n’a pas été retouché après coup par son auteur lui-même. Il est légitime de poser le problème puisqu'il semble bien que l’évangéliste n’a pas publié lui-même son œuvre et qu’il n’est, par conséquent, pas certain qu’il ait pu y mettre la dernière main.

autre chose qu’une simple maladresse de rédaction, rien ne -prouverait que l’addition secondaire qu’il faudrait reconnaître en cet endroit doive être attribuée à l'éditeur et non à un autre rédacteur.

‘tation par lequel s’ouvre le chapitre 18.

10 Les discours des Are — La dhestion. SÉLL

pose d’abord à propos des discours des adieux. Ils se décomposent nettement en deux parties, dont la prémière (13,31-14,31) se rattache directement au récit du dernier repas (18,1-30), tandis que la seconde n’a de relation organique ni avec la po ni avec le récit de l’arres-

L'examen du dernier développement du cha-

pitre 14 (25-31) prouve que ces versets étaient,

dans la pensée de celui qui les a écrits, la fin du discours de Jésus et précédaient directement le départ pour le Mont des Oliviers (Scawarrz, III, p. 184). Il y a un parallélisme frappant entre 14,30-31 et Mc., 14,42, dernières paroles que Jésus prononce avant d’ être arrêté. Jn., 14,30.31 : Le prince Mc., 14.42: Levez-vous, de ce monde vient. Le- allons (éyeipecbe, Zyouev), vez-vous, partons d’iei | voici que celui qui me (Eysipeohe, dywmev). trahit s’approche.

Cette déclaration : « Levez-vous, partons d'ici» est une fin et il n’est pas naturel de supposer qu'après avoir dit ces mots, Jésus ait encore pu ajouter tout un discours, surtout un discours comme celui des chapitres 15 à 17, dont l’allure solennelle et grave n’autorise pas à penser qu'il ait pu être prononcé dans le brouhaha du départ, Jésus et ses disciples étant debout, en train de

quitter n oubee haute (ME p. 384). Les

mots. « Je vous laisse ma paix », du verset 27,

rappellent directement la formule d’adieu sémitique/{Scawarrz, III, p. 184; SPITTA, p. 299). Enfin, au verset 80, la phrase : « Je ne vous parlerai plus beaucoup », qui doit sans doute être lue : « Je ne vous parlerai plus »', ne peut avoir été originairement suivie d’un lee discours de

Jésus. Merx (p. 384) à raison de dire que les

chapitres 15 à 17, venant après 14,31, sont une impossibilité esthétique autant que logique.

Cette difficulté n’a point échappé aux exégètes, mais l’on ne peut estimer satisfaisantes les explications qu’ils ont imaginées pour la faire disparaître sans altérer le texte traditionnel?.

1. C’est la leçon de la Syriaque du Sinaï et de Chrysostome ; elle est adoptée par BLASs et par MErx (p. 383). Ce critique écrit (p. 384) que la lecon xoÀÀà est «eine schlechte Notbrücke auf der man sich über einen kritischem Sumpf khinüberrettet ». 2, Quelques-uns, comme B. Weiss (p. 498), pensent que le discours de 15-17 a été prononcé dans la chambre haute après qu’on se fut levé de table, ZAHN (p. 567) pense qu’une partie de ce discours se place dans la chambre haute mais que la prière sacerdotale a été prononcée dehors, sur le chemin du Cédron, avant la traversée du torrent. Sur des hypothèses analogues d’anciens exégètes, voir B. Wr:rss (p. 498). À MEYER (Johanneïische Laitteratur, Theol. Rundsch., 1910, p. 24) note, comme ZAHN (p.595), en faveur de cette interprétation qu’on comprend mieux en plein air, le geste de Jésus levant les yeux au ciel (17,1). Ce geste n’est toutefois pas inconcevable dans

Toute une série d’hypothèses ont été proposées pour rétablif, dans les diseours des: nero un ordre plus satisfaisant ! . Spitta, par exemple | (p. 302-353), propose de placer les. chapütres 15 à 17 entre 13,31° et 18,31". Cette hypothèse et les hypothèses similaires ? se heurtent à une double objection : elles sont entièrement arbitraires et brisent le développement organique très naturel des chapitres 13 et 14.

Les adieux, proprement dits, commencent (13,31) au moment où, Judas étant parti, Jésus se trouve seul avec les disciples fidèles. Il annonce l’imminence de la séparation. Les siens le chercheront ; ils ne pourront venir là où il va (31-33), mais il leur laisse le commandement d'amour (34-35). Une question incidente de Pierre amène l’annonce d’un reniement (36-38). L’exhortation reprend ensuite. La séparation ne doit pas troubler les disciples car il y a plu-

la chambre haute, mais il est peu naturel que le changement de lieu soit seulement sous-entendu en 15,1. Il faudrait, de plus, affaiblir d’une manière excessive le sens de &tñ}0ev, en 18,1, pour rapporter ce mot non pas à la sortie de la chambre haute mais à un changement de lieu en plein air.

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