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qu'il convient d'attribuer un caractère secondaire à cause de la relation organique que 18,31-14,81 présente avec Je récit du dernier repas.
Il n’est pas a priori possible de choisir entre ces deux hypothèses qui ne sont d’ailleurs pas très éloignées l’une de l’autre. La différence qu’il y a entre elles est seulement que l’addition de développements nouveaux suppose une intention particulière, tandis que le désir de ne pas laisser perdre des morceaux propres à l’édification des fidèles suffit dans une hypothèse comme celle de Loisy. Il convient donc de rechercher s’il n’y a rien, dans la seconde partie, qui réponde à des préoccupations ou à des intentions qui n’apparaissent pas dans la première.
Les éléments constitutifs du premier fragment sont l’annonce de la séparation et celle de la glorification du Christ et de son retour vers son Père, le commandement d'amour, la promesse de l’exaucement de la prière, de la réunion, du Paraclet, c’est-à-dire du retour spirituel du Christ auprès des siens, enfin l’idée de la paix laissée par le Christ. C’est donc dans une atmosphère purement religieuse que se meut toute cette première partie. Il n’est parlé que des relations des fidèles avec le Christ. Il n’est pas directement question du monde, celui-ci n’est
mentionné que deux fois et d’une manière toute négative (14,17-30). Il semble que ce discours ait été conçu pour des hommes qui ne subissent pas, ou du moins qui ne subissent pas d’une manière violente, la pression. du monde. Ils paraissent se trouver dans un milieu, indifférent qui ne comprend pas ce que c’est que l’Esprit qui dirige l’Eglise, mais rien n’indique que ce milieu soit hostile et témoigne de la haine aux Chrétiens. Rien, dans cette première partie des discours, ne peut être considéré comme l’écho de tracasseries, encore moins de persécutions. |
Il n’en est pas de même dans la seconde partie: on y trouve les mêmes ic'ées que dans la première mais elles ne constituent plus toute Ia substance du discours. Ce qui s’y ajoute, c’est d’abord que les fidèles doivent demeurer unis au Christ, c’est-à-dire ne pas céder à la pression du monde qui tend à les séparer de lui, c’est aussi l’idée que le monde hait les disciples et qu’il les persécutera comme il a persécuté leur maître (15,18-21 cf. 16,1.2.). Cette idée n’est pas seulement indiquée, elle est largement développée d’une manière qui montre qu’elle se rap- . porte à une des préoccupations qui dominent la rédaction de cette seconde partie des discours. Une idée quine se trouvait pas non plus dans la première partie se rapporte à l’autre face des
relations du monde avec les Chrétiens : c’est. celle du jugement et de la condamnation du monde par le Paraclet (16,8.11.33).
Les Chrétiens devaient donc se trouver, au moment de la rédaction de la seconde partie des discours, dans une situation, à certains égards, différente de celle que suppose la première. Le conflit est ouvert entre l’Eglise et le monde, les. persécutions sont déchaînées, mais Pévangéliste met dans la bouche du Christ l’annonce de la condamnation du monde, c’est-à-dire la prophétie de son châtiment et de la vengeance des fidèles. :
Les persécutions apparaissent nettement comme la conséquence et la continuation de l’incrédulité qui a accueilli Jésus. Ceux qui l’ont rejeté poursuivront après lui ses disciples. Ce sont donc les Juifs qui sont les persécuteurs !.
C’est une modification de l’attitude des Juifs à l'égard des Chrétiens qui a dû déterminer l’évangéliste à ajouter aux discours des adieux, tels qu’il les avait d’abord rédigés, des développements nouveaux où est introduite l’annonce de l'hostilité du monde et de persécutions.
1. Cette conclusion est confirmée par 16, 1. 2 : « Ils vous chasseront des synagogues... celui qui vous fera mourir pensera rendre un culte à Dieu. » Cette idée est, en effet, exprimée dans le traité Bemidbar Rabba, 329, 1.
L'existence d’additions faites après coup par
l’évangéliste lui-même une fois admise, il faut
nous demander s’il ne s’en rencontre pas ail-
leurs que dans les discours des adieux. I1 faut
examiner certains passages pour lesquels une
semblable hypothèse est recommandée, non
seulement par un défaut de cohérence mais par
quelque indice positif. .
20 5,34- 85. 37-38.41-44. — On peut penser à une addition postérieure de l’évangéliste pour les versets 34-85.37-38.41-44 du chapitre 5. Les idées contenues dans ce passage sont bien celles de lévangéliste et elles sont exprimées en des
termes qui appartiennent à son vocabulaire
mais, au lieu de s’intégrer dans le raisonnement
. du chapitre 5, ces morceaux en entravent le
développement.
89 7,87-44. — Voir p. 421 5.
49 9,18-24. — Il y a, dans l’épisode de la guérison de l’aveugle-né, un développement (9,18- 24) qui s’intègre mal au reste du récit. Les Juifs
y sont présentés comme les personnages devant
lesquels comparaît l’aveugle guéri tandis que, dans le reste du récit, il est question des Phari-
siens (13.15.16.40.). Il est, de plus, très peu
naturel qu'après une enquête sur la guérison (14 s.), onuisse émettre des doutes sur la réalité
LA COMPOSITION DE L'ÉVANGILE CC8rT
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