Le seul trait commun à Jean et à Luc (le malade est à la
- mort) est trop peu significatif pour établir un contact particu-
lier. Il pourrait se comprendre, de part et d’autre, comme . un embellissement littéraire.
rédaction de ce recueil. La tradition galiléenne de Jean ne dépend donc ni des Logia, ni de Matthieu et de Luc mais de leur source.
Une troisième particularité du récit de Jean pourrait aussi s’expliquér par une reproduction plus exacte de la source. C’est l’absence d’une parole de Jésus admirant la foi de l'officier et la proposant comme modèle aux assistants. Cet élément ne pourrait guère avoir été supprimé. Par contre, on peut considérer comme un développement littéraire particulier à Jean ou à sa source le détail sur le moment de la guérison qui souligne l’effet immédiat de la parole de Jésus!.
129 La guérison de l’impotent de Béthesda (5,1- 47). — Le chapitre 5, abstraction faite de quelques retouches secondaires (34-35.37-38.41-44) (v. p. 377 s.), est formé de deux éléments différents : le récit de la guérison d’un impotent accomplie un jour de sabbat, à la piscine de Béthesda (5,1-13), et une discussion entre Jésus . et les Juifs qui, provoquée par l’accusation de violation du sabbat, porte sur tout autre chose (5,14-47). Le récit de guérison contient, sur la
1. Il ne paraît pas possible de se prononcer sur une dernière différence entre Jean, Matthieu et Luc. Chez ceux-ci, c’est l'officier qui demande à Jésus de ne pas venir mais de prononcer seulement une parole. Chez Jean, c’est Jésus qui, de luimême, se borne à parler.
piscine de Réthesda et ses ed dues un détail topographique qu’il est difficile d’attribuer à l’évangéliste, car le texte est obscur et ne peut provenir que de la reproduction mécanique d’une indication de la source. L’existence d’une tradition antérieure est confirmée parle fait que: j p évangéliste suppose, mais n’exprime pas, l’idée quine pouvait manquer dans la tradition origi- nale, d’un pouvoir surnaturel de guérison attaché à la piscine de Béthesda!.
La parole de Jésus à l impotent (Lève-toi, prends ton Hit e: va dans ta maison, 5,8) est, mot pour mot, identique à celle que Mare rapporte dans le récit de la guérison du paralytique
(2,11). I y à réminiscence du récit synoptique:
chez Jean ou dans sa source, ainsi que cela est confirmé par l’existence d’une petite incohé-
rence du récit johannique qui s’explique par le
récit de Marc : c’est que, au verset 7, le malade  2
“peut marcher, lentement, il est vrai, et avec
difficulté, tandis que, aux versets 8-9, il lui est commandé de se lever comme s’il avait été jusque-là cloué sur son lit.
Le détail que la guérison a été accomplie un jour de sabbat (5,9) occupe une place peu natu- 3 1. Des copistes ultérieurs ont eu le sentiment qu’il y avait
ici une lacune et se sont efforcés de compléter le texte primitif. Voir p.286s. .
So 16/7 Uiinr,
DEN CESPUET ON DE CRE | Ce
is
relle, tout à la fin du récit où il vient comme en pest-seriptum. Il est rendu plus suspect encore par le fait que sa forme et la place qu’il occupe en font l’équivalent d’une indication semblable qui se trouve dans l’histoire de l’aveugle-né (9,85). Le morceau 5,9"-16 paraît être un développement rédactionnel destiné à introduire une discussion entre Jésus et les Juifs. Cette opinion est confirmée par diverses observations. D'abord, la conclusion de: 5,16 n’est pas sans analogies avec Mc., 3,6!. Ensuite, la liaison est très incomplète entre la discussion et le développement qui l’introduit. On reproche à Jésus d’avoir accompli une guérison le jour du sabbat, alors qu’en réalité il n’a rien fait et s’est borné à inviter le malade à prendre son lit, et, surtout, la discussion engagée à propos du sabbat tourne
court et porte sur la question de la divinité du
Christ. La discussion relative au sabbat n’est qu’un artifice pour introduire, à l’occasion d’un récit de guérison emprunté à la tradition, un développement sur le thème de la divinité du Christ et sur ses rapports avec son Père. Ce thème est présenté en une série d’affirmations et de développements 6ù l’on retrouve les traits carac‘éristiques de la pensée de l’évangéliste.
1. Il y a aussi une certaine analogie entre Jn., 5, 10 et LenGno?