‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 149 sur 192 · AV VEUT · texte numérisé non relu

AV VEUT

voir ses œuvres. « Car, disent-ils, nul n’agit en secret sans désirer manifester publiquement ses œuvres » (3-4). Le verset 5 souligne que les frères de Jésus qui lui font cette suggestion ne croyaient pas en lui: On péut, dès cette introduction du récit, reconnaître de très caractéristiques incohérences qui obligent à recourir à l’hypothèse d’une source remaniée par un rédacteur. Jésus est invité à aller faire admirer ses miracles aux disciples qu’il a à Jérusalem, mais, s’il a agi à Jérusalem, comment n’y a-t-il pas accompli de miracles alors que l’évangéliste conçoit que miracles et enseignements sont les deux éléments constitutifs indispensables et inséparables de son activité ? Si, au contraire, Jésus n’est pas encore venu à Jérusalem, comment peut-il y avoir des disciples ? La tradition primitive est certainement altérée ici et elle l’est parce qu’elle a été incorporée à un récit où avaient déjà été racontés des voyages de Jésus à Jérusalem. A l’appel qui lui est fait, Jésus répond par un refus (6-9). Ce n’est pas encore son temps, dit-il, tandis que c’est tou-

remarquable que les frères ne soient pas nommés dans 2,1. S’il fallait donner à « frères », dans 7, 4, le sens de disciples, il faudrait attribuer au rédacteur la remarque sur les frères de

LR qui ne croyaient pas en lui. Il l’aurait introduite sous | l'impression de la tradition synoptique. *

jours le temps de ses res Qui eux, ne sont pas exposés à la haine du monde. Il n’ira done pas à la fête, son temps n’étant pas encore venu.

La notion du temps (xupéc) que nous trouvons

dans ce passage doit être soigneusement distin-

guée d’une autre notion que l’on rencontre fréquemment dans lévangile : celle de l’heure

(ox). L'heure de Jésus, but suprême de sa.

venue sur la terre, est celle de sa mort, ou, plus

exactement, de sa glorification (12,23.27 ; 13,1;

17,1). Cette heure-là vient à l'instant marqué par Dieu, sans que l'hostilité des hommes et leur haine contre Jésus soit en état de l’avancer (7,30 ; 8,20)!. Le temps, dont il est question dans 7,6, est quelque chose de tout

différent. C’est l'instant favorable pour une. manifestation publique. La haine du monde empêche la venue de ce temps; si elle pouvait

avoir une influence sur l’heure, elle ne ferait - que la précipiter. À vrai dire, ce n’est pas assez de dire que la notion du temps est autre chose

1. Dans 2, 4, il semble que « l’heure » soit un moment favorable pour l’accomplissement d’un miracle. Cette interprétation cependant n’est pas admissible, car Jésus se contredirait directement en accomplissant un miracle aussitôt après cette . déclaration. La parole de 2, 4 ne peut être interprétée que comme un avertissement, ajouté, sans doute, par l’évangéliste à sa source, pour montrer que le miracle qui va être raconté

n’est pas le point sulminant de e l'œuvre de Jésus.

PNR EN ADR SE SNPRTS

FL œR que la notion de l’heure, il faut ajouter qu’elle suppose une toute autre conception de l’œuvre du Christ et de l'accueil qui lui est fait.

L'idée d’un moment qui pourrait être favorable à une manifestation de Jésus implique qu’il n’est pas venu sur la terre pour y mourir à l'heure marquée par Dieu mais pour y agir, s’il le peut pour y gagner son peuple malgré les oppositions et les hostilités qu’il rencontre. Pour cela, il cherche à saisir les occasions favorables qui peuvent se présenter. Ainsi, se trouve dégagé un premier élément de la source utilisée au chapitre 7. Les disciples de Jésus lui demandent de venir à Jérusalem pour transporter son

ie activité sur un terrain plus important et pour À faire des disciples en Judée. Jésus répond que =: le moment n’est pas opportun pour une sem-

blable manifestation, il laisse alors partir les pèlerins qui se rendent à la fête!. Il faut, provisoirement, réserver le jugement sur la question de savoir sur quoi porte le refus de Jésus, si c’est sur la manifestation publique qu’on lui demande de faire ou sur l’idée même de se rendre dans HR la Ville Sainte.

1. Il est impossible de déterminer danse détail ce qui appartient à, la source et ce qui vient du rédacteur, On peut, toutefois, attribuer à l’évangéliste l’idée de la haine du monde exprimée au verset 7, car cette idée revient souvent chez lui.

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Après le départ de pèlerins, Jésus se met en route, mais en cachette (10). Les raisons de ce

revirement ne sont pas expliquées. On en a rapproché ce qui se passe dans l épisode de Cana

où Jésus accomplit le miracle à l'instant même où il vient de repousser, presque brutalement, la prière de sa mère. Certains exégètes ont pensé que l’évangéliste avait eu le souci de sauvegarder la spontanéité des actes de Jésus et d'éviter qu’il puisse paraître obéir aux suggestions qui lui sont faites. Il y a eu ici une assez forte intervention rédactionnelle. On pourrait l’expliquer

en supposant qu’originairement les frères de Jésus c’étaient ses partisans, et que, sous l’in-.

fluence de la tradition synoptique, on a fait d’eux les membres de sa famille qui ne croyaient pas en lui. Alors que, dans la source, Jésus refusait à des disciples de se livrer à une mani- festation messianique à Jérusalem, le rédacteur a entendu qu’il prenait une précaution pour dissimuler ses projets à des adversaires plus ou moins déclarés. Cette interprétation est recommandée par le fait qu’il y aurait quelque chose d’au moins singulier, pour ne pas dire de contradictoire, dans le fait que Jésus enseigne publi- .quement dans le Temple après avoir pris des précautions pour que ses adversaires ignorent sa venue à Jérusalem.

SR ONTEn CE ; SOURGES DE D L'ÉVANGILE EST

L'évangéliste semble donc avoir transpesé le récit de la source. Il y était question d’une venue de Jésus à Jérusalem pour une activités en quelque sorte privée et non pour une manifestation messianique : il a dit que Jésus était. venu à Jérusalem en se cachant. Les raisons de cette transformation subie par la source sont facilement reconnaissables. En parlant d’une précaution prise par Jésus pour échapper à ses ennemis, l’évangéliste a voulu concilier, au moins en apparence, les discussions publiques dans le Temple avec les mésures prises contre Jésus à Jérusalem dont il avait parlé à la suite . de la guérison de l’impotent de Béthesda.

Au moment de la fête. on se demande, à Jéru-

Salem, si Jésus viendra, mais personne n’ose. exprimer ouvertement son avis à cause de la crainte que l’on a des autorités (11-13). Ceci ne peut venir que de l’évangéliste, puisque la source racontait une UE venue de Jésus à Jérusalem et que c’est à l’évangéliste qu’ appar-

tient l’idée de mesures prises par les autorités: hs

Les versets 14-15 racontent qu’au milieu de la fête Jésus enseigne dans le Temple, et qu’en l’entendant les Juifs se demandent comment un homme qui n’a pas fait d’études peut être aussi instruit. Ceci ne peut venir du rédacteur pour

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qui Jésus a déjà, à Re reprises, enseigné | à Jérusalem. Ces versets sont d’ailleurs en con-

tradiction avec sie 13, où Jésus a une telle noto- riété que nul ne pourrait s’étonner de l’entendre parler. La surprise des auditeurs ne peut cependant être attribuée à la même source

que lé fond premier du début du chapitre. Jésus

étant un inconnu à Jérusalem, ceux qui l’en-

tendent ne peuvent pas savoir qu’il n’a pas reçu

l’enseignement des rabbins. L’étonnement des

auditeurs rappelle l’épisode de la synagogue de Nazareth (Mc., 6,2-8), et, comme Jean a connu (v. p. 395 s.) cette tradition, on peut penser que l’étonnement des auditeurs a été transposé de la Galilée à Jérusalem. |

‘A la surprise manifestée, Jésus répond par une déclaration sur l’origine céleste de son enseignement (16-18). On y reconnaît les idées théologiques de l’évangéliste.

Le verset 19 ouvre un Lo us. nouveau. Jésus ne se défend, plus, il attaque ses adversaires. Le lien avec ce qui précède n’existe que si l’on se place au point de vue de l’évangéliste pour qui l'apologie de la messianité de Jésus répondait à une polémique du judaïsme.

. Tout le développement de 19-29 continue la . discussion sur la guérison de l’impotent de

Béthesda, rapportée au chapitre 5. Il ÿ a, dans …

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