‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 157 sur 192 · Cf. p · texte numérisé non relu

Cf. p

| yo Arrestation (18,3-11. Cf. Moc., 14,43-50. Mt., 26,47-56. Le., 22,47-58). — Le récit johannique de l’arrestation de Jésus n’est pas homogène, la collaboration des agents du sanhédrin et des troupes régulières romaines étant inconcevable. On peut comprendre le ne récit de Jean comme une combinaison de la tradition synoptique et d’une tradition diffé- rente. Il présente les caractéristiques suivantes : 10 Jésus n’est pas arrêté seulement par les agents du sanhédrin mais aussi par la cohorte (le tribun est mentionné au verset 12)! ; 20 La scène du baiser de Judas manque ; 30 L'épisode de l'épée a une forme qui répond à un autre stade de l’évolution de la tradition.

Il convient de reprendre successivement ces trois points. i Tandis que Mare et Matthieu font arrêter Jésus par des Juifs et que Luc parle seulement d’une foule de gens armés?, Jean fait intervenir des Juifs et des Romains. L’hostilité que le quatrième évangile témoigné constamment aux

L: 1. Le terme employé n'implique pas que la cohorte toute AE entière participe à l’arrestation. Il peut ne se TRRROES qu’à 3 un détachement de cette troupe. ,

E+ 2. Ce qui, à la rigueur, pourrait se comprendre par le désir: . de l’évangéliste de ne pas choisir entre deux traditions diffé- . rentes,

Juifs ne e permet pas d’i imaginer qu Al ait voulu atténuer leur responsabilité dans l'arrestation de Jésus en la faisant partager par les Romains. C’est par une source qu'il a dû être amené à. présenter les choses comme il l’a fait. Il faut peut-être aller plus loin encore et admettre que la tradition particulière utilisée par lui ne faisait intervenir que les Romains !

La scène du baiser de Judas est remplacée par un épisode particulier. Jésus s’avance à la rencontre de la troupe et pose cette question: « Qui cherchez-vous ? » On lui répond : « Jésus . de Nazareth » ; et quand il déclare : « C’est moi », la troupe, épouvantée, recule et tombe à terre. Le même dialogue se répète une seconde fois et Jésus ajoute : « Si c’est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci ». Ce petit morceau peut être - facilement expliqué sans l’intervention d'aucune , “4 tradition particulière. Il s’agit, pour l’évangé-, VR liste, de montrer que c’est librement que Jésus ; va à la mort, pour réaliser le plan de Dieu. 1 2

1. C’est ce que pense ScawaARTZ, I, p. 352. SPITTA (p. 359) estime, au contraire, que c’est la mention des Romains qui est un élément secondaire. Son argumentation ne parait pas déci-

__sive, car elle s’appuie sur un détail (c’est un serviteur du grand- L prêtre et non un soldat qui est atteint par l’épée de Pierre) qui vient de la tradition synoptique. L'introduction secondaire de la’ cohorte ne se comprendrait pas dans le récit johannique

- qui tend à atténuer la responsabilité romaine.

n’est pas arrêté par ses ennemis, 1l se. ne à

eux. Accessoirement, l’épisode est destiné aussi

à couvrir la retraite des disciples.

En ce qui concerne l’épisode de l’oreille cou- pée, les particularités du récit johannique n’ont pas plus de portée que les différences que les trois récits synoptiques présentent entre eux. Elles peuvent être entièrement expliquées par l’évolution naturelle des récits.

80 Le procès juif (18,12-27. Cf. Me., 14,53-72.

Mt., 26,57-75. Le., 22,54-71). — Le récit johan-

nique de la comparution de Jésus devant les autorirés juives se présente de la manière suivante :

a) Jésus est d’abord conduit devant Hanne,

beau-père de Caïphe, grand-prêtre de cette

année-là (12- 14).

b) Pierre et un autre disciple suivent de PA

L’autre disciple fait entrer Pierre dans la cour.

du grand-prêtre. Le premier reniement se place à ce moment-là. Il y a, dans la cour, un feu auprès duquel les'serviteurs se chauffent. Pierre se tient avec eux (15-18) ;

1. Par deux détails (c’est Pierre qui tire l'épée, et le blessé s’appelle Malchus), le récit de Jean est plus évolué que celui des synoptiques. Sur un point (Jésus guérit le blessé), le récit

de Luc appartient à un stade plus avancé de l’évolution de la tradition. -

e) Pierre, qui se chauffe dans la cour, renie Jésus par deux fois ; le coq chante (25-27).

La décomposition de l’épisode du reniement

de Pierre est anormale, elle ne peut s’expliquer que par l’intercalation au milieu du récit d’un

fragment ayant une autre origine.

La localisation des diverses scènes rapportées présente de sérieuses difficultés. D’abord, on se

trouve dans la maison d’Hanne (qui, d’après le verset 24, est différente de celle de Caïphe). Dans. cette maison, Jésus est interrogé non par Hanne,

mais par Caïphe. Il est ensuite conduit chez Caïphe. A la fin du récit, on se retrouve dans la cour de Hanne. On’ a proposé, en s'appuyant sur le témoignage de la Syriaque du Sinaï et de Tatien, de mettre un peu d’ordre dans le récit en intercalant le verset 24 entre les versets 18 et 14. De chez Hanne, où à la vérité on ne verrait : pas pourquoi il aurait été conduit, Jésus serait tout de suite amené chez Caïphe et c’est là que

1. Loisy ‘, p. 828-831 (dans la seconde édition (p. 457) Loisy considère le texte de la syriaque du Sinaï comme un remaniement du texte traditionnel) ; WELLHAUSEN, p. 81 $.; Bzass, p. 91. Es + £

: Pa Taue est interrogé par le grand- Hs Re AU) CR

d) Hanne envoie Jésus chez Caiphe (24) :

se roulérait toute te scène. Où peut objecter be

à cette hypothèse que l’autorité des témoins que

l’on invoque est bien faible, étant donné surtout

que le souci de rendre le texte clair peut, à lui seul, SRE la COTreREIOTE des reviseurs syria-

ques ”. gr Le texte actuel de Jean ne peut être compris

* que comme une combinaison d'éléments dis- parates. On y reconnaît d’abord un récit du

reniement de Pierre (15-18.25-27), dont nous avons essayé de montrer plus haut (p. 324 s.)

qu’il doit reposer sur une tradition excellente, et qu’il dissipe les obscurités que présentent les

récits synoptiques. à

Ce qu’il y a d’étrange AT le rôle joué par Hanne et par Caïphe s’explique, sans doute, par l’emploi d’une tradition qui connaissait Hanne comme grand-prêtre?. Caïphe n’aurait été introduit dans le quatrième évangile que sous l’influence du récit de Matthieu. Les versets 13-14 devraient alors être considérés comme des élé-

ments rédactionnels.

Ces versets et le récit du Dre tr de Pierre

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