‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 158 sur 192 · WELLHAUSEN, p. 81 ; SCHWARTZ, TI, p. 351 ; SPITTA · texte numérisé non relu

WELLHAUSEN, p. 81 ; SCHWARTZ, TI, p. 351 ; SPITTA

mis à part, la narration johannique du procès

juif de Jésus présentes ” Lo sui-

vantes : s À | "

4 Ce sont les soldats romains, conduits par le tribun et accompagnés par les agents juifs,

qui mènent Jésus chez le grand-prêtre. Il n° y a

aucune raison de juger ce trait autrement que

dans le récit de l’arrestation.

20 Jean ne mentionne pas de séance du sanhédrin. L’é épisode rapporté a, par là, un caractère particulier. Jésus est simplement interrogé par le grand- prêtre, il né comparaît

pas devant le tribunal juif. Il est envoyé à Pilate

sans qu'aucune condamnation ait été prononcée ou, du moins, mentionnée. Les synoptiques, au contraire, parlent d’un procès engagé contre Jésus devant le sanhédrin et d’une condamnation portée contre lui par ce tribunal. Derrière le récit johannique, on aperçoit une tradition originale d’après laquelle les Romains jouaient, dans le procès de Jésus, un rôle beaucoup plus actif que celui qui leur est assigné par les trois premiers évangiles. L’introduction de Caïphe et ce qui est raconté de la comparution de Jésus devant le grand-prêtre ont pour effet de rapprocher le récit johannique de la tradition

synoptiqu é

Pendant l'interrogatoire qu’il subit, Jésus

reçoit un soufflet pour avoir nt à Haine en RE le renvoyant à l’enseignement donné publique- LE ment dans le Temple. Ce soufflet, qui remplace | les mauvais traitements subis par Jésus dans la cour du grand-prêtre d’après Marc et Mat-. thieu, provoque la déclaration de Jésus : « Si jai mal parlé, prouve-le ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Cette parole, qui doit mettre en lumière la haine aveugle des Juifs, était mieux à sa place pendant un interrogatoire qu’au cours d’une seène de brutalité.

Le refus de Jésus de répondre au grand-prêtre a été substitué par Jean aux déclarations du. Christ synoptique. Cette modification paraît. avoir été determinée par l’idée que la haine des Juifs contre Jésus suffit pour cpu le drame de la passion, sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir même l’apparence d’un prétexte. En face des Juifs, Jésus ne se défend pas. Il a l’attitude d’une victime qui, librement, accepte le sacrifice que Dieu lui demande.

Des trois premiers évangiles au quatrième, le récit a subi une intéressante transposition. Chez les synoptiques, Jésus répond au grandprêtre, il est condamné par le sanhédrin. Quand il comparaît devant Pilate pour que la sentence juive soit confirmée, il garde le silence, son sort est déjà réglé. Dans le quatrième évangile,

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deux bases : le récit synoptique, d’une part, et,

certainement la suite de celle que nous avons

« Quelle accusation portez-vous contre cet

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qui | peut être éclairé. Jésus es et Pilate este Fonte mais il ne peut résister à la pression. qu’exerce sur lui la haine des Juifs. je

En résumé, le récit johannique repose se

de l’autre, une tradition particulière qui est ;

reconnue dans le récit de l’ arrestation.

A 90 Jésus devant Pilate (18,28-19,16. Cf. Me. 5 15,1-20. Mt., 27,1-2: 11-31. Le., 28,1-25). — Ce : récit, beaucoup plus développé que celui des synoptiques, apparaît comme un roman historique à tendance apologétique! qui utilise les épisodes racontés par les synoptiques, surtout & ceux qui se trouvent dans l’évangile de Luc.

ILésrécit johannique n’est pas homogène.

Spitta (p.371) a noté que la question de Pilate:

homme ?» (18,29) suppose la présence de Jésus qui semble cependant avoir déjà été conduit à l'intérieur du prétoire. Le verset 13 du chapitre 19, où il est dit que Pilate s’assied au tribunal,

1. Sur ce point, voir nos études : Les Chrétiens et l'Empire Romain à l’époque du Nouveau Testament, Paris, 1908, p. 245. ; Juifs et Romains dans l’histoire de la Reine R.H.R.,t. LXII

(18,28 ; 19,14), ce qui est peu naturel (SCHWARTZ,

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