‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 159 sur 192 · AD · texte numérisé non relu

AD

Le procès est. engagé par une question de Pilate qui demande quelle est l'accusation

portée contre Jésus (18,28-80). La réponse des Juifs est évasive : « ils n’auraient pas livré un innocent ». Aucune autre réponse ne pouvait

messianiques de Jésus, mais uniquement par la haine des Juifs. Pilate leur propose alors de

Juger eux-mêmes l'accusé, à quoi ils répon-

dent qu’il ne leur est permis de faire périr personne (18,30-32). Ces détails sont suggérés,

l’autre, par le souci du rédacteur de mettre, autant que possible, les Romains hors de cause.

Le début du récit du procès ne peut provenir de

la tradition particulière utilisée par Jean dans les morceaux précédents. Si l’autorité romaine a participé à l'arrestation de Jésus, Pilate ne devait pas avoir besoin de s’enquérir des raisons pour lesquelles Jésus est amené devant lui.

Comment, d’autre part, se représenter les Juifs

paraît raconter le commencement du procès alors

que toute une série de ses péripéties s’est déjà : NPouRe de 18,28 à 19,12 (SrrrrA, p. 374). Le

jour où a lieu le procès est indiqué deux fois

-être donnée puisque, dans le récit de Jean, le procès n’est pas déterminé par les prétentions

d’une part, par la narration synoptique et, de

rappelant à Pilate ra prérogatives 6 gouver-

neur romain ? L'épisode doit expliquer l'intervention de Pilate et, en même temps, réduire son rôle à une simple 1 ratification d’une condam-

nation juive que le récit johannique n’avait cependant pas rapportée.

Pilate pose à Jésus la même qu éstion que dans les synoptiques + « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus ne se borne pas à une réponse affirmative formulée exactement avec les mêmes mots que dans les premiers évangiles ; il ajoute une expli: cation sur la nature de son Royaume et sur la

vérité (18,33-37). L’intention apologétique est

manifeste. La question de Jésus : « Dis-tu cela

de ton propre chef, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? » (18,34) n’est pas à sa place dans le récit johannique actuel où ce sont les Juifs qui ont livré Jésus à Pilate. Cette phrase paraît pro-

venir dela tradition d’après laquelle c'était Pilate

qui faisait procéder à l’arrestation de Jésus. Cette partie de l’interrogatoire est placée à l’intérieur du prétoire pour expliquer comment les synoptiques, censés rapporter seulement ce qui s’est passé dehors, ne l’ont pas relatée (voir p. 220 s.). Il y a peut-être aussi une réminis- ‘ cence d’un récit d’après lequel Jésus comparais-

sait devant Pilate sans que les Juifs fussent ses

| accusateurs.

Comme dans le récit synoptique, Pilate pro- 7 clame l'innocence de Jésus ; il le fait en des ter- e mes qui se rapprochent beaucoup de ceux que . Luc met dans la bouche du gouverneur (Jn., ;

18,38. Le., 28,4). LE pe ;

Jean raconte ensuite que Pilate offre aux Juifs de libérer Jésus pour suivre la coutume qu’il avait de mettre en liberté un prisonnier à chaque fête. Mais le peuple réclame de nouveau Barabbas (18,39-40). Les mots « de nouveau »

alors qu'aucune demande des Juifs n ’avait encore été rapportée attestent l’'emprun de.

l’épisode aux synoptiques!. Le récit est abrégé dans le quatrième évangile et sa conclusion manque complètement. L’auteur ne dit pas que Pilate relâche Barabbas, il se borne à relater que les Juifs demandent sa liberté.

Il n’est pas malaisé de découvrir ce qui à déterminé l’évangéliste à mutiler ainsi l’ épisode de Barabbas. C'était, dans les synoptiques, la conclusion du procès romain. En même temps qu’il ordonnait la libération de Barabbas, Pilate prononçait la condamnation de Jésus. Or, pour Jean, le procès ne se termine pas à ce moment. Pilate tente encore, à plusieurs reprises, d’obtenir que les Juifs renoncent à leur accusation.

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