‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 179 sur 192 · LEE · texte numérisé non relu

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Nous savons, par quelques FT entE du livre des Actes (18, 24 s, ; 19,1 s.), qu au temps de. . Paul subsistait, à Ephèse, un’ groupe de disciples de Jean-Baptiste qui né se confondait " pas avec celui des disciples de Jésus. Récem-

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ment, Reitzenstein (Das iranische Erlüsungsmysterium, Bonn, 1921), reprenant une idée s déjè émise par Siouffi (Etude sur la religion des Soubbas ou Sabéens, Paris, 1880), a tenté de - démontrer l’existence d’une secte préchrétienne de messianistes influencés par des idées iraniennes qui voyaient en Jean-Baptiste le Messie - attendu. Il semble y avoir eu, entre ces disciples

# de Jean-Baptiste et les disciples de Jésus, une rivalité qui explique l’évolution des récits évan-

. géliques sur le précurseur, évolution qui tend à

réduire de plus en plus le rôle de Jean-Baptiste, C’est dans le quatrième évangile qu’elle arrive à son terme ultime. Rien n’y est dit de la prédication si originale de Jean-Baptiste, il n’est plus qu’ « un homme envoyé par Dieu pour rendre témoignage à la vérité » (1,7)*. La polémique contre les disciples de Jean-Baptiste joue certainement un rôle important dans le quatrième évangile*. La préoccupation de mettre Jean-

1. M. Drserius. Die urchristiiche Ueberheferung von Johannes dem Tüäufer, Gœttingen, 1911.

2, REITZENSTEIN (Iran. Erlüsmyst., p. 125) pense qu’il y a dans cette expression une dégradation de la formule des disciples de Jean-Baptiste qui considéraient leur maître comme .« l'Homme », c’est-à-dire comme le Messie.

3. Ceci a déjà été indiqué par Stourrt (Et. sur la rel. des Soubbas, p. 179 s.) et démontré par BALDENSPERGER (Der Prol.). Cf, WreDE, p.60 s.; WEINEL, p. 5415. .

Baptiste à sa place, de montrer qu’il n’est pas la lumière, mais le témoin de la lumière, est assez forte pour amener l’évangélistr à interrompre le développement logique de sa pensée sur le Logos, afin d'introduire dans son prologue un morceau sur Jean-Baptiste (1,6-8) où se . trouve cette déclaration : « Il n’était pas la lumière » qui devait s’opposer à une affirmation des disciples de Jean-Baptiste (BALDENSPERGER, Prol., p. 11 ; NoRDEN, Agn. Th., p. 396), et pour faire déclarer à Jean-Baptiste : « Je ne suis pas, moi, le Messie » (1,20), affirmation qui est l’exacte antithèse de la formule qui résume tout l’évangile : « Jésus est le Messie, le Fils de Dieu » (20,31) (BALDENSPERGER, Prol., p. 92). Très caractéristique est aussi le récit de 3,22- 4,8 qui se résume dans cette déclaration de Jean: «Il faut qu’il croisse et que je diminue » (3,30).

V. — LES SOURCES DE LA PENSÉE JOHANNIQUE 10 L’Ancien Testament

Au premier rang des sources de la pensée de Jean, il convient de mettre, d’une part, le judaïsme et, de l’autre, l’enseignement de Jésus et les formes anciennes du christianisme. Nous reviendrons sur ce dernier point au paragraphe

< A * k s LA PENSÉE RELIGIEUSE DE L'ÉVANGILE 511

suivant. L'influence du judaïsme s’est exercée non seulement par l’intermédiaire de la tradition chrétienne, mais encore directement. Le quatrième évangile est tout nourri de l’Ancien Testament !, Les citations sont nombreuses et, ce qui est plus caractéristique encore, les images et les idées les plus spécifiquement johanniques trahissent souvent une profonde HHAUÇnCE de PAncien Testament.

29 L'origine de la notion du Logos

La doctrine johannique du Logos? présente, avec le système de Philon, des analogies assez frappantes pour. que les idées de ce penseur aient été considérées comme l’une des sources de la pensée johannique.

La notion du Logos est dans un rapport certain avec la doctrine juive des hypostases, elle est en relation plus étroite encore avec la doctrine développée à travers toute l’histoire de la philosophie grecque depuis Héraclite

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