Cf. p. 478, n
2. Ce n’est pas Jean qui a introduit la notion du Logos dans la pensée chrétienne. On la trouve déjà dans l’épître aux Colos- * siens (1, 15 s.) et dans l’épître aux Hébreux (cf. MÉNÉGoZ, La théologie de l’épitre aux Hébreux, Paris, 1894, p. 197 s.), bien que le terme de Logos ne se trouve dans aucun de ces deux documents.
jusqu'aux Stoïciens ‘, doctrine qui se rencontre aussi dans la philosophie égyptienne” et qui était, aux environs de l’ère chrétienne, une des idées les plus familières à tous les esprits cultivés. Nous ne pouvons donner ici un exposé complet de la philosophie de Philon, nous devons nous borner à indiquer les principaux contacts que présentent avec elle les idées johanniques *. C’est, d’abord, la notion d’un Dieu tellement transcendant qu’il est inaccessible et inconnaissable et ne peut agir directement sur le monde. C’est, ensuite, l’idée du Logos, antérieur à tout, fils de Dieu et son image, son révélateur, lorgane de son action sur le monde, non seulement dans la création mais encore dans les révélations et les manifestations divines qui constituent la religion d’Israël. Sur ces points, le contact est si étroit entre le johannisme et le philonisme qu’on ne peut l’expliquer suffisamment par leur dépendance commune à l’égard du judaïsme.
1. Heinz, Die Lehre vom Logos in der griechischen Philosophie, Oldenburg, 1872 ; AL, Der Logos, Leipzig, 1896-1899 ; LAGRANGE, Vers le Logos de Saint Jean, R. B., 1928, p. 161-184.