QUE
Grundschrift qui serait la plus ancienne et la.
meilleure des traditions évangéliques. Pour la
reconstruire, Spitta part du chapitre 21 dont le
‘caractère additionnel est aussi incontestable
qu’incontesté. Tel qu’il se présente à nous, le
quatrième évangile est formé de trois éléments.
Il y a d’abord ce qui provient de la Grundschrift, puis ce qui a été ajouté par le rédacteur qui est l’auteur du chapitre 21. Cela est constitué, d’une part par des emprunts faits à la tradition et, de l’autre, par des réflexions. Spitta pose en principe que l’analyse à entreprendre pour distinguer l’un de l’autre ces divers éléments ne peut s’appuyer que sur l’étude de l’évangile lui-même et qu’elle ne doit faire intervenir aucun critère
emprunté à la comparaison du récit johannique
avec la tradition synoptique parce que cette tra-
dition ne constitue pas un bloc he et jee
faitement historique. REGIS
La Grundschrift est, pour Spitta, une source cohérente, un récit bref, mais, pour l'essentiel, complet, de la vie de Jésus. Elle en présentait les divers éléments dans leur développement organique. Ce récit était l’œuvre d’un disciple de Jésus, très probablement de l’apôtre Jean. Sa rédaction fort ancienne pourrait être antérieure à 44. C’est sur le canevas fourni par cètte Grund- | schrift que l’évangéliste a travaillé, développant
les discours, faisant des additions et insérant ça
et là ses réflexions personnelles.
Il faut enfin mentionner les idées exposées par l’historien Eduard Meyer (Ursprung und Anjänge des Christentums, I, Stuttgart, Berlin,
1921, p. 810 5s.). Il pose d’abord en principe qu’on
n’est pas en droit d’exiger d’un auteur comme le quatrième évangéliste une logique absolument rigoureuse et que, quel que soit le mode de formation de l’évangile, on ne doit pas renoncer à
découvrir en lui une pensée homogène qui est,
au moins, celle du dernier rédacteur. Malgré ces réserves, Meyer admet que l’évangile ne nous est pas parvenu sous sa forme primitive mais qu’il a passé par les mains d’un éditeur qui à ajouté les chapitres 15 à 17, le chapitre 21 et divers morceaux comme la notice de 19,35 et
Pépisode de 20, 2-9 sur Pierre et le disciple ano-.
nyme au sépulere.
L’évangile primitif n’est pas une œuvre homo- .
gène. Son auteur a utilisé divers matériaux et cela avec une très grande liberté. II n’a pas procédé à la manière d’un historien qui ne fait qu’ordonner ses documents mais à la manière d’un poète dramatique qui manie librement les données traditionnelles. Les matériaux qu’il emploie lui servent à illustrer les idées.qui lui tiennent à cœur. De là ce que beaucoup de ses
récits ont de RAP à UE Mais la matière traditionnelle résiste parfois au traite-ment que l’auteur lui fait subir. Il est des endroits où tel détail conservé sans. être directe-ment utilisé par l’auteur, tel trait mal intégré dans son contexte peut servir de point de départ pour la reconstruction d’une source. Il ne s’agit pas, pour Eduard Meyer, de distinguer plusieurs sources dans l’évangile mais de réconstituer les traditions que l’évangéliste a utilisées. Le résultat de cette analyse, dont l’auteur ne donne
d’ailleurs pas le détail, est qu’en dehors des:
évangiles synoptiques, Jean a utilisé une source particulière d’une grande valeur historique qui apparaît notamment dans l'histoire dé’la”pass: sion. :