IX. — COMMENT SE POSE ACTUELLEMENT
LE PROBLÈME DU QUATRIÈME ÉVANGILE La revue que nous avons passée des travaux consacrés à la solution du problème du quatrième évangile depuis le début du xix® siècle, fait apparaître, les uns après les autres, une série de problèmes que la critique s’ést successivement attachée à résoudre sans ‘toutefois Ÿ: parvenir’ d’une manière entièrement satisfai-
sante. Il ne sera peut- être pas inutile d’en dres--
ser la liste et d’ indiquer dans quelle mesure cha-
cun d’eux. paraît susceptible de recevoir une.
ue 19 Le problème de la critique externe
Il ne doit certes pas être négligé mais il con-
vient de ne pas se faire d'illusions surJes chances
qu’il y a de pouvoir le résoudre d’une manière satisfaisante. La discussion, des témoignages externes ne peut fournir un facteur décisif pour
la solution du problème ; ils représentent, en,
effet, un élément secondaire et, si on s’en‘tient à ce qu’il y a de vraiment ancien et solide en eux, ils
sont si sporadiques et si vagues qu’il n’y a pas,
en ce qui les concerne, d'interprétation qui s’impose et qu’ils ne peuvent servir de base à une reconstruction de l’histoire de l’évangile. L’expérience montre d’ailleurs que les interprétations que divers critiques ont données de ces: témoignages est, au moins, fortement influencée par l’idée qu’ils se font de l’évangile lui-même.
29 L’analyse de la pensée johannique
I n’y a pas beaucoup plus A'attendre de l’analyse de la pensée johannique. Sans doute, il est.
5 Fe 4
de la plus haute importance de déterminer
“quelles sont les relations du johannisme avec le judaïsme, avec le paulinisme, avec le philo-
nisme, avec l’hellénisme. Mais ces relations ne pourront jamais être déterminées avec une pré-
<cision absolue et, même si elles l’étaient, on ne
pourrait en tirer que des conclusions très générales, car le développement du christianisme primitif, qui n’a certainement pas été homo-. gène, ne nous est connu que dans ses grandes lignes. Un seul point paraît résulter avec certitude de l’analyse de la pensée johannique, c’est que la dépendan:e du johannisme à l’égard du paulinisme établit que le quatrième évangile ne peut, en tout cas, pas être antérieur à la seconde génération chrétienne. La question de la valeur
historique de Hermes n’est d’ailleurs pas réso-
Jue par là ; il n’y a pas de corrélation nécessaire entre le point de vue théologique d’un évangile et la valeur documentaire qu’il peut avoir soit dans son ensemble, soit dans quelques-unes de
ses parties, non plus qu'avec l’âge des sources -
gi 1] utilise. LS
30 L'étude littéraire de l'évangile
- Beaucoup plus importante est l’étude directe de l’évangile. Pour pouvoir l’apprécier exacte-
OR 2 2 M : Le Le >
ment, il convient de se demander quel est le caractère de la narration ; est-elle destinée à donner un tableau complet de la vie et de l’enseignement de Jésus à des gens qui ne connaîtraient ni l’un ni l’autre, ou bien suppose-t-elle des lee-
teurs plus ou moins familiarisés avec la tradi-
tion évangélique et pour lesquels il suffit d’insister sur certains de ses aspects ? L’évangéliste a-t-il prétendu, avant tout, faire connaître à ses lecteurs des faits ou bien s'est-il attaché à met-
tre en lumière la valeur de ces faits supposés connus en se bornant à les rappeler et en développant l’enseignement dogmatique et religieux qu’ils comportent ? D’autre part, il convient d’analyser les procédés qui ont été mis en œuvre par l’évangéliste, tant au point de vue dialectique qu’au point de vue littéraire.
49 Le problème historique
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Depuis assez longtemps déjà un certain nombre de critiques ont soutenu que le dilemme synoptiques-quatrième évangile ne devait pas être tout simplement résolu dans un sens défavorable au quatrième évangile mais qu’il pouvait | y avoir, dans le récit johannique, des éléments méritant d’être retenus à côté des données
synoptiques, parfois même de leur être préférés,
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Le problème peut être posé actuellement d’une facon plus rigoureuse qu’il y a une vingtaine d’années puisque le récit synoptique n’apparaît plus à la critique que comme une combinaison artificielle d’éléments qui sont d’origine, de caractère et de valeur assez différents. En particulier, le plan de la narration synoptique ne peut
plus être considéré comme répondant au déve-.
loppement réel de l’histoire évangélique ; c’est un cadre créé par l’auteur du second évangile, sous l'influence de certaines idées dogmatiques pour y insérer les traditions qu’il avait recueillies. Il ne s’agit donc plus de rechercher quelles. traditions ou quels renseignements consignés dans le quatrième évangile sont conciliables avec le tableau tracé dans les synoptiques, mais, dans chaque cas particulier, d’examiner si l’on ne peut pas dégager du quatrième évangile des renseignements auxquels il faudrait donner la préférence sur ce que nous FPRICRBERR les synoptiques.
Quelques a illustreront ces:vues. . Les synoptiques font commencer: le ministère de.
Jésus après que celui de Jean-Baptiste a pris fin. Le quatrième évangile parle d’une activité que Jésus aurait exercée en Judée parallèlement à, celle de Jean-Baptiste. Ne serait-ce pas ici le quatrième évangile qui aurait raison contre les:
sn RE DU PROBLÈME HOPÉPNIQURE RARE
où Svnoptques Ê De même le quatrième évangile
donne au ministère jérusalémite et judéen de - Jésus plus d’importance que les synoptiques.
Est-ce avec raison ? Il se pourrait qu’il faille répondre affirmativement à cette question sans
qu’il en résulte d’ailleurs que le cadre donné au
ministère de Jésus dans le quatrième évangile réponde à la réalité. Les synoptiqués font mou- rir Jésus le 15 Nisan. Le quatrième évangile met sa mort un jour plus tôt. Un nombre de plus en plus grand de critiques se déclare maintenant favorable à la date johannique. Le récit johannique pose ainsi toute une série de problèmes. Nous ne pensons pas qu’ils doi- 3 vent être tous résolus dans un sens favorable au : quatrième évangile, mais il suffit que quelquesuns le soient — et nous croyons que ce doit être
le cas pour ceux que nous avons cités — pour qu’il y aît là un fait capital pour l’étude du pro-.
blème johannique.
L'intérêt de cette constatation n’est pas seulement d’ajouter quelque chose aux données si peu nombreuses que nous avons sur la vie de Jésus. ‘Il ne s’agit pas seulement de reconnaître quel- ques pierres solides dans la masse plus ou moins amorphe du quatrième évangile. Il s’agit de
savoir comment et pourquoi elles s’y trouvent. I] convient donc d’attacher plus d’importance
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