‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 39 sur 192 · partie de son récit qui est toute entière dominée · texte numérisé non relu

partie de son récit qui est toute entière dominée

par l’idée de la mort du Christ. On ne peut done douter, nous semble-t-il, que l’évangéliste ait bien vu, dans la parole adressée aux deux frères, une prophétie de leur martyre. A l’appui de cette conclusion, on peut encore faire remarquer, ainsi que l’a fait Johannes Weiss (Zum Martyrertod der Zebedaiden, Z. N. T. W., XI, 1910, p. 107), que les anciennes versions syriaques, au lieu de « vous boirez... vous serez baptisés… » portent : « vous pourrez boire. vous pourrez

être baptisés.… » comme si les auteurs de ces ver-

5 sions avaient - voulu éneer le témoisnage du

* tre Jean ne serait pas mort martyr.

On peut encore trouver une confirmation de notre interprétation dans les tentatives de la.

légende pour présenter un accomplissement. de - la prophétie qui ne soit pas en contradiction

avec la tradition relative à l’apostolat de Jean

en Asie. Ce sont ces tentatives qui ont donné

naissance aux histoires de Jean buvant sans dommage une coupé empoisonnée et plongé, | sans en éprouver aucun mal, dans une cuvé … . d’huile bouillante’. Bacon (p. 142-143) a aussi | indiqué, mais ceci paraît bien plus conjectural, que la tradition relative à Pierre, Jacques et - Jean formant le groupe des intimes de Jésus pourrait provenir du fait que ces trois apôtres sont morts martyrs. À c Mais ce n’est pas seulement sur ne | tion de la péricope évangélique de la demande des fils de Zébédée que s’appuie l’hypothèse

tre Jean, c’est aussi sur un fragment très impor-

1. Sur ces légendes, voir ZAHN. 4. J., p. CXVII et les textes

__ cités par lui p. 199 s. Voir aussi R.-A. Lapsrus, Die apokryphen

‘ Apostelgeschichten und Apostellegenden, Braunschweig, 16885 D" 1890, 1, p.419, 4285, 484 s. etc.

__ texte avec une tradition d’après laquelle Den É

d’un martyre et d’un martyre précoce de l’apô-

tant: de Papias !. Ce texte se trouve d’une part dans le codex Baroccianus 142 qui contient des extraits faits entre 600 et. 800 de l'Histoire Ecclésiastique de Philippe Sidetès, lequel avait utilisé dans son œuvre, les écrits de Papias, d’Origène, de Picrius et d” Eusèbe, et de Vautre dans un manuscrit (le Coislinus 315) de la chronique du moine byzantin Georgios Hamartolos?. Ce texte est ainsi conçu : « Papias raconte dans son second livre que Jean le théologien et Jacques, son frère, furent tués par les Juifs, » Tandis que certains critiques, comme Bousset (art. J ohannesevangelium, RG GIE col. 610), considèrent ce texte comme d’une authenticité indiscutable, d° autres comme Ligbtfoot, Harnack et Zahn formulent contre lui toute une série d’objections. Elles se ramènent à la contradiction flagrante qu’il y a entre

1. C. de Boor, Neue Fragmente des Papias, Hegesippus und Pierius in bisher unbekannten Excerpten aus der Kirchengeschichte des Philippus Sidetes, Leipzig, 1888, T. U., V. 2, p. 170; HaRNaCKk, Die Ueberlieferung, I, p.67s. .

2. Le texte de Georgios. Hamartolos est connu dpt rédi- . tion de MURALT (1859), il avait été signalé Le Note (T'üb. Quartalschrift, 1862, p. 411), mais personne n’en a admis l’authenticité avant qu’il ait Êié confirmé Are le texte SE de Philippe Sidetes. PE

3. [orias-Evro Beurépus Xe Xéyet à ërt RAC ns 0 Geskdyos . t'Itxw6oc d adekpde AUTO UT ’Iovdatoy avnpéOnsav.

l'idée dela Or de Jean à. l’époque où périt À

- Jacques son frère, c’est-à-dire à la fin de 43 ou au commencement de 44, et la tradition johannique telle qu’elle résulte des témoignages d’Irénée, d’Eusèbe et même du chapitre 21 du

quatrième évangile, Comment, ajoute Zahn,

Eusèbe, s’il avait lu ce texte de Papias, ne s’en

serait-il pas servi pour combattre la thèse de

l’apostolicité de i Apocalypse! ? Ces observations ne peuvent manquer de faire, au premier abord, une certaine impression. Il convient toutefois de remarquer que la tradition johannique ne s’est formée que dans la seconde moitié du second siècle, non pas sous Tinfluence d’une préoccupation historique, mais sous l’empire du désir de donner aux écrits johanniques (Evangile et

Apocalypse) une origine apostolique pour justi-.

fier l’autorité de fait dont ils jouissaient dans l'Eglise, On conçoit que, dans ces conditions, on ait pu oublier une notice isolée sur la mort sur-

venue plus d’un siècle auparavant d’un apôtre qui avait sans doute été un personnage assez

obscur. L’absence de toute indication consistante sur l’apôtre Jean entre 50 et 150* vient à

1. HARNACK, Chron., I, p.666 ; ZAHN, Apostel und Apostelschüler in der Provinz Asien, Forsch., VI, p. 147-150.

2, Là-dessus, voir plus loin, p. 138 s.

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