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La connaissance 2 quatrième évanpile par
Tatien, le disciple de Justin, ne résulte pas seu-
lement de son utilisation dans le Diatessaron
mais, antérieurement déjà, de la citation de Jn., 1,5 dans le Discours aux. Grecs RE avec la formule « ce qui est dit ».
Il y a, entre la notion Re: de Pari :
À et la conception montaniste du Paraclet, de trop
profondes différences pour qu’on puisse, comme
le voulait l’école de Tubingue et comme tendait encore à l’admettre Renan (Marc Aurèle, Paris,
1881, p. 214 s.), mettre le quatrième évangile en rapport direct avec le mouvement montaniste.
Il n’en reste pas moins que ce mouvement, en s'appuyant, bien que d’une manière peut-être extérieure, sur l’idée du Paraclet atteste la con-
naissance de l’évangile de Jean en Phrygie!, . dans le troisième quart du second siècle ?.
. 1. Zaux, G. K., I, p. 17, II, p. 964 s. ; JÜLICHER, Einl., p. 359 ; PIERRE DE LABRIOLLE, La crise montaniste, Paie” on p. 133.
. La plupart des critiques (ZAHN, Forsch., V, p. 29 s. ; es Chronologie, I, p. 379 ; BONWETSCH, art. Monta-
nismus, R. E., XIII, p. 418 s.), suivant une indication donnée
par Epiphane, font commencer le mouvement montaniste en 157. P. DE LABRIOLLE (Crise montan., p. 570 s.) préfère suivre la donnée de la version arménienne de la Chronique d’Eusèbe et donne 172 pour le début du mouvement. Ses raisons ne paraissent pas entièrement convaincantes. DUCHESNE (Hist. anc., I, p. 284) ne se prononce pas entre les deux datés.
Cet conclusion est St née den esta dé mouvement des Aloges dont nous aurons à
nous occuper au chapitre suivant. Ceux-ci, par réaction contre le montanisme, rejetaient le
quatrième évangile qu’ils disaient composé non par l’apôtre Jean mais par l’hérétique Cérinthe.
Cette polémique des Aloges atteste que le qua-
trième évangile était connu et considéré par … beaucoup comme faisant autorité. IL eut été LE
inutile, sans cela, de le combattre.
Il n’est pas douteux que, à partir au moins de 160, et sans doute déjà plus tôt, le quatrième évangile ait été connu dans l’école de Valentin et qu’il y ait été considéré comme une autorité apostolique. Nous en avons pour preuve le eom-
mentaire de l’évangile composé vers‘ 160 par £
Héracléon. Dans un fragment conservé par
Origène!, l’auteur de l’évangile est distingué de Jean-Baptiste par le terme de « Disciple ». Vers la même époque, Ptolémée, dans la lettre à Flora
(EPIPHANE, haer, 33,3) cite Jn., 1,6, en qualifiant l’auteur d’ « apôtre ».
Des formules comme « Je suis le ne je suis devenu chair », mises dans la bouché du Christ,
1. Hom. VI in Jo., A.-E. Brooke, The fragments of Heraleon, Cambridge, 1891, p. 55. Cf. C. Barru, Die Interpretation des Neuen T'estaments in des Valentinianischen Gnosis, Leipzig, 1911 (T. Ü., XX XVII, 3). |
de V’'Epistola ADO (128, 1-Ko. XXX, de
4 cf. 58,15-Ko. X, 7), des expressions comme venir du Père (46,4-Ko. V, 13) ou y retourner (48,5-Ko. VI, 8 ete.), bien d’autres encore qu’on trouvera relevées par Schmidt (p. 224s.),.le fait
que le miracle de Cana ouvre l’activité de
Jésus (5), tout cela montre avec évidence que
VEpistola sort d’un milieu où non seulement
ON 4 « L4 a .
le quatrième évangile était connu, mais encore
où cet évangile était utilisé au moins à l’égal
des synoptiques et peut-être même davantage (SCHMIDT, p. 224 s.). :
Les Actes de Jean, de Leucius Charinus, qui ont été composés entre 160 et 170, attestent aussi la connaissance du quatrième évangile
(ZAEN, Einl., IT, p. 449).
A mesure qu’on s’approche de la fin du second siècle, les témoignages de l’utilisation du quatrième évangile se multiplient et deviennent si explicites qu’il suffit de les indiquer. La lettre des Eglises de Vienne et de Lyon, qui date de 178 /179 (Eus?8E, H. E., V, 1), contient des réminiscen- . ces très précises. Avec Irénée et le Canon de Muratori, nous avons affaire à des théories sur la composition de l’évangile par l’apôtre Jean.
Il est, dans ces conditions, superflu de pour-
suivre l’enquête plus loin que la fin du second siècle.