À 040 JL — LE SILENCE DES TÉMOINS ANTÉRIEURS A PAPIAS
__ On ne trouve pas chez les auteurs antérieurs à Papias, de témoignage relatif à la tradition éphésienne sur l’apôtre Jean et la composition de l’évangile qui porte son nom. Deux de ces
auteurs méritent une mention spéciale : ce sont
4 RER Clément Romain et Ignace d’Antioche. |
LE Au chapitre 44,1-2 de son épître aux Corin-
EE :% Dre Clément s’exprime d’une manière qui
__ Suppose que tous les apôtres sont morts au
moment où il écrit. « Nos apôtres, dit-il, ont
connu à l'avance, par notre Seigneur. Jésus-
MCbnisé. qu 1 y aurait des disputes au Mouiet du
titre d’évêque. Prévoyant cela,‘ ils ont institué
ceux dont nous avons parlé et laissé un règlement parfait pour qu'après leur mort d’autres hommes éprouvés reçoivent leur ministère. » Se
serait-il exprimé ainsi si un apôtre avait encore
été vivant de son temps ?
Le cas d’Ignace est plus significatif EC d à Au chapitre 12 de l’épître aux Ephésiens, l’évêéque d’Antioche est amené à citer les titres de gloire de l’Eglise d’Ephèse. « Vous êtes, écrit-il |
aux fidèles de cette Eglise, le chemin par où pas-
sent ceux qui sont enlevés vers Dieu, les coïnitiés
de Paul, le saint, le martyr, le bienheureux.
. Puissè-je, quand j’arriverai auprès de Dieu, être trouvé, marchant sur ses traces ! » Ne.
$erait-il pas surprenant qu’Ignace n’ait pas
nommé i@i l’apôtre Jean si celui-ci avait été, pendant une longue suite d années, le patriarche de l'Eglise d’Ephèse ? On a proposé, pour rendre compte de son silence, des explications dont il semble bien difficile de se contenter. On a fait remarquer, par exemple, que c’est à propos du martyre, de celui de Paul et du sien propre vers
lequel il marchaït, qu’Ignace nomme Paul ici *.
‘1. STANTON, ra p. 165 ; H.-J. Bakpscey, The testimony of Ignatius and Polycarp to the Fra of St. John, The Journ.
of theol. St., 1913, p. 490.
Mais De sPbEtAn ee “Ephésiens les coïni :
tiés de Paul, fait allusion à son activité de prédicateur et d’apôtre. + Immédiatement avant le passage considéré, Ignace dit que-les Ephésiens ont toujours été . d’accord avec les apôtres (11,2). Ces apôtres, dit
Stanton (I, p. 165, BARDSLEY, Journ. of th. St.,
1913, p. 490), ne peuvent être que Paul et Jean.
Mais si Ignace avait pensé à des personnalités précises, ne les aurait-il pas nommées et n’est-l
pas plus naturel de supposer qu’il envisage ici les apôtres en tant qu interprètes de l’Evangile ? ;
Enfin c’est faire une Hire que rien n’au-
torise que de supposer que quand Ignace parle
de l’épiscopat, il pense à l’épiscopat institué par l’apôtre Jean et que quand il écrit aux Tralliens (8,3) : « Je ne vous commande pas comme un apôtre, moi qui suis un prisonnier, » il Faûle Se cette phrase comme s’il y avait :
« Je ne vous commande pas comme l’apôtre Jean » (BARDSLEY, Journ. of. th, St. 1918, p. 497 s.)f.