HAUSSLEITER (Th. Ltblatt, 1896, col. 495) propose de
supprimer, comme interpolés, les mots ÿ t{ ’lwivvns dans
le pionies membre de phrase. Papias ne nommeraïit ainsi qu’un seul Jean qui serait l’apôtre. Cette hypothèse, à laquelle Zaux (Forsch., VI, p. 146) se montre favorable, est adoptée par Hexr1 Monnien, La notion dé l’apostolat des origines à Irénée, Paris, 1903, p. 221. C’est une correction qui nous paraît arbitraire. Il faudrait supposer l’interpolation añtérieure à Putilisation du texte de Papias par Eusèbe.
tions pour en ee la nee tout He Te jai fort bien appris, à un certain moment
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Iox & 7 a el NE OAVVNS, TO XUOIOU mabntai Aëyousv), Je ne CTOÿYalis
pas que ce qu’on tire des livres fut aussi profi- ‘table qu’une parole demeurée vivante » [8.4]. Eusèbe. remarque que Papias nomme deux
personnages du nom de Jean. Le premier qui
figure parmi les apôtres est certainement l’évan-
ir 4002
Ed (
géliste. L’autre Jean distingué des apôtres est 5e nommé avee Aristion et qualifié de presbytre [5].
Ce fait pourrait confirmer l’opinion de ceux qui
pensent qu’il y a eu deux personnages du nom
de Jean en Asie et qu’il y a à Ephèse deux tom-
beaux de Jean. Ceci, note Eusèbe, permettrait D.
d'attribuer l’Apocalypse non à l’apôtre mais à
.son homonyme [6]. Continuant son commen-
taire, Eusèbe observe que Papias a disposé de deux sources d’information. Il a reçu l’enseigne-
ment (robs Aéyous) des apôtres de ceux qui les ont fréquentés (rapà Tüv aroïis mapnxolouünxdrtwv), D'autre part, il dit avoir été l’auditeur de Jean
(le presbytre) et d’Aristion, il cite en effet souvent leurs noms [7].
Eusèbe ajoute quelques indications sur des choses étranges (maeadoë«) rapportées par Papias
1. C’est donc-du texte de Papias qu'Eusèbe déduit qu’il avait entendu Jean. Son interprétation n’est pas incontestable. Papias peut narfaitement avoir cité Jean et Aristion à propos de traditions indirectement recueillies par lui.
: re ton d’un mort, coupe empoisonnée | sans dommage par Juste Barsabbas) [8-10]. 2 fait connaître les vues chiliastes de Papias et les explique par le fait qu’il aurait-mal compris les traditions apostoliques en ne reconnaissant pas
leur caractère symbolique [11-12].
Vient ensuite un jugement sur Papias : ce
jugement est sévère. « C'était, dit Eusèbe, un petit esprit.» L’autorité que lui conférait son antiquité a égaré beaucoup d’auteurs ecclésias-
‘tiques, dont Irénée, qui sont tombés dans l'erreur
chiliaste [13].
Eusèbe ajoute encore que Papias donne dans son ouvrage d’autres récits d’Aristion sur les
paroles du Seigneur et des traditions du presby-
tre Jean [14] et il termine le chapitre en citant les témoignages du presbytre sur les évangiles de Marc et de Matthieu [15-16) et en rapportant que Papias a utilisé la première épître de Jean et la première de Pierre, et raconté l’histoire
d’une femme pécheresse qui se trouve dans l'évan-
gile des Hébreux [17].
Il résulte de la manière dont Eusèbe s’exprime qu’il n’a pas disposé d’une autre tradition que le témoignage de Papias lui-même. Il doit très vraisemblablement en être de même d'Irénée ”. ;
1. CoRSSEN, Zu Eusebius, H. E., III, 39 und 11, 15, Z. A. T,.W., III, 1902, p. 248.
he
s fragment de Papias nn par de Ébcr (T. P, à 2, p. 170), d’après le codeæ Baroccianus, parle de. x morts Se à par Jé ésus qui ont vécu sq au
c’est-à- A Re, après 138. Nous” avons He y ainsi le terminus a quo de la composition de l’œuvre de Papias. #3 . Irénée ! traite Papias d’homme antique et de 6 compagnon de Polycarpe. Il faut done qu’il ait appartenu à une génération antérieure à celle de l’évêque de Lyon et même probablement pas 50 celle qui a immédiatement précédé la sienne. 2 a Irénée (Haer., III, 3,4 texte grec dans EUSÈBE, H.E., IV,14,35s.) raconte que, « dans son premier | Le âge (év TA roôrn fu@y Qhxia) », il à vu Polycarpe. 4 « Celui-ci, en effet, dit-il, vécut longtemps (ét roXd yèe rapéuewey) et quitta la vie à un âge très avancé (révo ynoaéwe), ayant rendu un glorieux et illustre | témoignage. » Dans sa lettre, à Florinus, conservée par Eusèbe (H. E., V, 20,5), Irénée dit
encore : « Je t’ai vu auprès de Polycarpe lors- F5 que ] ’étais encore enfant (nais être &v). » te L
+ 1. Sur la date de naissance d’Irénée, voir HARNACK, Chro- DE 4 nologie, I, p. 324 8. ; CORSSEN (Zur Chronologie des Irenaeus, ce
Z.N. T. W., IV, 1903, p. 155-166) fait naître Irénée plutôt A avant 130 qu'après ; Ta. ZAuN (Zur Biographie des Polycarpus
‘carpe Rule le er le 23 RUES 155. Comme c’est son grand âge qui explique qu’Irénée ait pu le voir, la rencontre visée dans les deux textes cités doït se placer tout à La fin de la ne - de Polycarpe. Irénée, à ce moment là, n’était pas encore sorti de l’enfance. Les expressions qu’il emploie ne conviendraient pas s’il avait eu 15 ans. Le terminus a quo de sa naissance peut, Gr conséquent, être fixé à l’an 140 environ.
‘ Le terme de « compagnon de Polycarpe »
. qu’emploie Irénée à propos de Papias est suscep- : tible de recevoir deux interprétations légère- | ment différentes. On peut l’entendre ou bien dans ce sens que Papias était un homme de la . même génération que Polycarpe, ou bien dans ‘ cet autre sens qu il avait été évêque en même temps que lui ét était mort à la même époque, soit aux environs de 155. Etant donné que Polycarpe est mort à un Âge avancé et que rien de tel n’est dit de Papias, il faudrait, dans cette dernière hypothèse, mettre la naissance de . Papias à une date sensiblement postérieure à celle de la naïssance de Polycarpe. Celui-ci étant |
.. und des Irenaeus, Forsch., IV, p. 275-283) dès 115. Lés raisons
qu’ils opposent au système de Harnack [ne Re paraissent pas convaincantes. |
né en 69 Es ris Re dis le premier cas, fixer
aux environs de l’an 70 la naissance de Papias
et dans le second une quinzaine d’années plus
tard. Dans la première hypothèse, Papias aurait
eu au moins 70 ans au moment de la rédaction de son livre et il serait étrange que ni Irénée, ni
Eusèbe n’aient indiqué qu’il l’avait composé à la.
fin de sa vie. Il vaut donc mieux admettre que
Papias a dû naître aux environs de 85. IL aurait eu ainsi près de 60 ans de plus qu’Irénée, ce
qui suffit amplement pour justifier l'expression 140
« homme antique » dont se sert celui-ci: Nous verrons d’ailleurs que les conditions dans les-. quelles Papias a recueilli les traditions utilisées par lui viennent confirmer ces dates. SA Pe fragment du prologue de Papias montre
que ce n’est pas au moment où il a rédigé son. Le PAT ; 4
Le Dr)
1. Dans Mart. Polyc., 9, l’évêque déclare qu'il a servi le dl
.Christ pendant 86 ans. Avec beaucoup d’autres, HARNACK
(Chronologie, I, p. 342 s.) entend qu’il s’agit de toute la vie de. Polycarpe qui serait ainsi né en 69, mais ZAHN (Forsch., IV
p. 251 s.) soutient que l'expression pabnreubeis dro dmoctohwv |
dont se sert IRÉNÉE (Hacer., III, 8-4, cité par EusSÈè8E, H. E., IV, 14,3) suppose que Polycarpe a été converti par les apôtres,
que donc il avait d’abord été païen. Zahn ne pense pas que
Polycarpe ait pu se convertir avant 14 ans. Il serait donc né
- en 55. On a peine à comprendre comment Polycarpe pourrait.
avoir été converti à la fois. par plusieurs apôtres. Rien n’autorise à attribuer au pluriel, dont se sert Irénée, un caractère purement littéraire, comme le fait Zahn. Et puis, si Polycarpe
LE
| ee qu vil a réuni ses Wire n de lare, en effet, qu’il les tient des presbytres et qu'ilen a gardé exactement le souvenir. L'enquête de
Papias, s’il est permis d? employer un tel mot, est 4 donc très sensiblement antérieure à 140, date
jepproximative la plus ancienne que l’on puisse
assigner à la rédaction de son livre. On ne peut
guère supposer que Papias l'ait entreprise avant
__ / d’avoir atteint une vingtaine d’années,.elle n’a donc pu commencer avant 105 et l’on peut
approximativement en fixer la date aux années 105-120.
Déjà, Eusèbe a remarqué que les autorités
Roques par Papias se répartissent en deux groupes * À Le premier, celui des sets appar-
avait été converti par un apôtre, il aurait, sans doute, été baptisé aussi par lui, comment Irénée pourrait-il ne pas le dire ? En employant l’expression mañnreubeis dnd arocréwv. Irénée a, sans doute, voulu affirmer que Polycarpe avait reçu, dans toute sa pureté, l’enseignement apostolique. Enfin, le système de Zahn obligerait à admettre que Polycarpe entreprit, à 99 ans, le voyage de Smyrne à Rome et, si le fait même n’est pas impossible, comme le soutient Zahn, il est au moins
surprenant qu'Eusèbe, qui mentionne ce voyage (H. E., IV,
14, 1), se soit borné à dire : « Polycarpe vivait encore », sans : souligner ce qu’il y avait de remarquable dans ce grand voyage . fait par un centenaire. ;