‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 83 sur 192 · ET LES TRADITIONS ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

ET LES TRADITIONS ANTÉRIEURES

Si le quatrième évangile est une collection d’épisodes dont chacun à sa valeur et son sens propre, il est bien loin de présenter ce caractère d'unité et d’homogénéité qu’on lui reconnaît d'ordinaire. Ce n’est pas une œuvre d’un seul jet, la « robe sans couture » dont on parle depuis Strauss. Nous aurons à revenir sur ce point quand nous étudierons le problème de sa composition. Il convient cependant de noter dès maintenant quelques faits significatifs qui montrent la dépendance de l’évangéliste par rapport à des récits et à des traditions antérieurs qu’il n’a pas toujours pris soin de coordonner en un récit homogène.

Dans 6,70, Jésus dit à ses disciples : « Ne vous ai-je pas choisis vous, les Douze ? » alors qu'aucun

1. WREDE, p. 12 s. ; WENDLAND, Urchristliche Literaturformen ‘, Tübingen, 1912 (L1ETZMANN, Hndb. 3. N. T':, I, 3), p. 309 ; Joux. VORPENOEE Das Urchristentum, PLACE 1917, p. 615.

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uatrième évangile. fe Dr OR 0 AI OT SRE Au début du chapitre 7 PATES es£ invité à D aa a ; venir à J He pour s’y révéler comme Mes-

sie ainsi qu’il l’a fait déjà en Galilée alors qu'aux - à k por 2 eee + 5 S ae DyAPRe été nee 2.

* Jérusalem.

__ Dansle récit du dernier repas, Te dit à ses. è Hosni : «Levez-vous, partons d'ici » (14,31); Ace n'est pourtant qu’au début du chapitre 18 que Poe et ses compagnons quittent la chambre haute. Cependant les discours qui remplissent : les chapitres 15 à 17 sont bien loin d’avoir le caractère de paroles qui pourraient avoir été F prononcées dans l’agitation du départ.

Ilest raconté (18,12s.) que Jésus est arrêté par. la cohorte et conduit devant les autorités juives. L’arrestation est un acte de police romaine et elle . se conclut par une procédure juive. Icisont juxtaposées deux traditions dont l’une présentait les Romains et l’autre les Juifs comme ayant pris Vinitiative de l’arrestation et du procès de J ésus. Lorsque Jésus est conduit chez Hanne, e est | Caïphe qui l’interroge et la conclusion est. que Jésus est envoyé chez Caïphe (18,13. 19. 24). A Ici aussi deux traditions divergentes sont rapprochées mais non fondues ensemble.

-Un peu plus loin, les Juifs réclament de nouveau la liberté de Barabbas (18,40) dont le nom n’a pas encore été prononcé. L’évangéliste s’est borné à insérer un fragment d’un récit antérieur.

Puisque l’auteur de notre évangile a ainsi eu sous les yeux des traditions diverses et peutêtre des évangiles complets une question se pose. A-t-il eu l’intention de rendre ces traditions et ces évangiles inutiles en leur substituant son œuvre‘, ou bien supposait-il ces traditions ou ces évangiles connus de ses lecteurs et a-t-il voulu seulement mettre son livre à côté d’eux mais non le leur substituer ?

Plusieurs indices font penser que le quatrième évangile ne prétend pas être complet à lui seul. Sur Jean-Baptiste, par exemple, son récit ne se suffit pas mais suppose connues un certain nombre de choses, par exemple que Jean a prêché, que son enseignement à attiré de grandes foules autour de lui, qu’il a baptisé. Tout cela n’est pas assez nettement impliqué dans la venue d’envoyés qui interrogent Jean, de la part des Juifs pour que le narrateur ait été en droit de penser que ses lecteurs le devineraient et suppléeraient à son silence ; il suppose donc qu’ils connaissent par ailleurs ces détails. Plus loin (3,24), il est fait

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