Comme le suppose BousseT, Kur. Chr., p
l’emprisonnement de J can-Baptiste. Toute cette histoire du précurseur supposée connue par le : A quatrième évangéliste est racontée , les trois. | \ipremiers. : # UE Jésus apparaît entouré d’un. Dertain nombre de personnages qui ne sont pas présentés. On voit que l’un d’eux est André, le frère de Simon Pierre (1, 40). Plus loin, interviennent la mère de Jésus, puis ses frères et ses disciples (2, @ 12). Tous ces personnages sont supposés connus... Au chapitre 4 (48-45), il est parlé au Re use déclaration faite par Jésus sur Paceueil réservé à un prophète dans son propre pays. Il s’agit d’un épisode qui n est pas raconté dans le quatrième évangile, mais dans ceux de Mare (6,1-6*) et de Matthieu (13,53-58 cf. Le. 4,16- 30). Il est dit, dans le même morceau (4,45), que les Galiléens s’attendent à ce que Jésus accomplisse des miracles parce qu’ils savent qu’il ena fatal cul Ces miracles ainsi visés ne sont Re pas racontés. : «
Se Ces exemples montrent que le” quatrième He évangéliste suppose connus de ses lecteurs trop d'épisodes et de détails, en un mot trop de ren-
É prison. » Lex ae oué . censés runs
seignements pour que la tradition orale suffise À
TA
pour les expliquer. Il faut admettre qu’un ou plusieurs évangiles sont censés connus des lecteurs et que l’évangéliste ne songe pas à les rendre inutiles.
Sur quelques points on aperçoit même une intention très nette de rectifier et de corriger le témoignage des évangiles antérieuts.
L’évangéliste raconte qu’au moment où Jésus commence son activité publique en Judée, Jean- Baptiste exerce la sienne non loin de là. « Jean, dit-il, n’avait pas encore été mis en prison » (3,24). L’évangéliste aurait-il eu besoin de dire que Jean qui baptise librement à Enon n’était pes en prison s’il n’avait eu l’intention de contredire expressément le témoignage de Marc et de Matthieu d’après.lequel le ministère de Jésus n’avait commencé qu'après l’emprisonnement de Jean (Mc.; 1,14. Mit., 4,12) ?
Sur un autre point encore, le quatrième évangile corrige avec discrétion mais en même temps avec fermeté ce qu’apprennent les synoptiques. II s’agit de la date de la mort de Jésus !. D’après les synoptiques (Mc. 14,12. Mt. 26,17. Le.
22,7), Jésus est mort le 15 Nisan puisque, dans la soirée qui a précédé sa mort, il a célébré la Pâque
1. Sur cette question, voir Maurice GoGuEr, La Passion, p.155.
= ment du récit du dernier repas il dit : « Avant la
procès il dit : « C'était le matin, les Juifs. n’en-
trèrent pas dans la prétoire afin de ne pas se,
souiller et de pouvoir manger la Pâque » (18,28). -Au moment de la condamnation, il ajoute : Sr «C’était la veille de la Pâque, environ la sixième
“heure » (19,14). L’instant de la mort de Jésus
peut avoir pour l’évangéliste une certaine impor-
. tance à cause de l’assimilation de cette mort à
J’immolation de l'agneau pascal. Mais ceci ne suffit pas pour justifier la triple indication qui en
fixe le moment. L’évangéliste sait que ses lec-
‘teurs ont entre les mains des évangiles qui don-
nent une chronologie différente de la sienne et
il entend les corriger. \ Certains épisodes du procès at Pilate
(18,28-19,16) se déroulent à l’intérieur du pré-
si se dis Le. 14 No Gé ui souligne par ?
trois fois la date qu'il indique. Au commence-
Pâque » (18,1). Au commencement ‘du récit du pe
toire où les Juifs ne sont pas entrés afin dene pas se souiller tandis que les autres se passent en
plein air en leur présence. Rien n° "explique cette disposition. Pilate aurait pu ne tenir aucun compte du scrupule des Juifs et mener tout le procès à l’intérieur du prétoire ou bien, s’il voulait leur faire une concession, le poursuivre tout
entier en plein air, ce qui était loin d’être incompatible avec les habitudes de la justice romaine. On ne comprend pas les perpétuelles allées et venues que suppose le récit johannique. Elles ne s’expliquent que par un artifice dont le. narrateur a usé pour compléter le récit synoptique, sans. paraître le contredire, en y ajoutant les scènes qui se déroulent à l’intérieur.
S1 Jean a voulu ainsi compléter les synoptiques et les corriger sans, pour cela, les remplacer, le fait s'explique, sans doute, par Ja date à laquelle il a écrit et par la position qu’occupaient déjà les évangiles synoptiques que l’on pouvait tenter de compléter mais qu’on ne pouvait plus espérer remplacer. |
Nous pouvons donc admettre que le quatrième évangéliste a connu et supposé connue de ses lecteurs non seulement la tradition synoptique, en général mais même la littérature évangélique. Il faut essayer de préciser davantage et rechercher, si l’on peut, quels évangilés synoptiques il a connus.
L’allusion à la scène du rejet de Jésus à Nazareth’(4,43-45) n’établit pas nécessairement qu’il ait eu sous les yeux Marc et Matthieu ou l’un d’eux (ce sont les seuls qui rapportent cet épisode). Jean paraît, en effet, dépendre ici de la source que Marc et Matthieu n’ont suivie qu’en.
Lt
E. Here au ne sis AA considérer | # comme rigoureusement établi que Jean ait
: eonnu Mare ou Matthieu. v-: Ra Se Les allusions à des. récits RES à Lie T0 les contacts avec des traits qui ne ses trouvent que dans le troisième évangile sont, au contraire,
assez nets et assez nombreux pour qu’on puisse, | sans hésiter, dire que Jean a connu Luc*°. Il ya d’abord le fait que certains personnages comme le grand prêtre Hanne (Le, 3,2. Jnx Y8; ex M TTre ‘et comme Marthe et Marie (Lc., 10,38 \S Jn STEEL cs FE ADS: }; ne bn ne chez Luc et HU Jean?
PS
Du D Hibes contacts ne Re guère re signifie # OS ne 3,15 : Les J mit s se demandent si Jean-
1. MAURICE COTE % rejet de Jésus à Nazareth, + Ne T,.W., XII, 1911, p. 3215.
2. H. ZIMMERMANN, Lukas und die D ARRETE Tradition, St. u. Kr., 1903, p. 586-605 ; H. GAUSSEN, The Lucan and ihe Johannine Writings, Journ. a th. St., IX, 1908, p. 563-608 ; y - Cf. WELLHAUSEN, Le., p. 8, 115.46, 58 s. 128 ; Einl., p, 57; HARNACK, Beiträge, 1, P: 157 s. DRASS art. FR LE B., IT, col. 1794. Au contraire, STANTON (III, p. 220) pense cg RARES le quatrième évangéliste ne connaît que Mare.
2 Contrairement à l'opinion de GAUSSEN (Journ. of theol. ; IX, 1908, p. 562) nous ne ‘pouvons considérer < comme 4
Baptiste ne serait pas le Messie. Jn., 1,19-20 : Jean-Baptiste déclare aux Juifs qui l’interrogent qu’il n’est pas le Messie. La dépendance littéraire n’est pas certaine ici.
L’épisode de la pêche miraculeuse est commun aux troisième et quatrième évangiles (Lc., 5,1- 1Y. Jn.,.21,1-14) mais présenté dans des conditions très différentes (voir ch. VIIT). La pécheresse de Le., 7,38 essuie avec ses cheveux les pieds de Jésus qu’elle a mouillés de ses larmes. Le même geste est prêté à Marie après qu’elle à oiïint d’huile les pieds du Seigneur (Jn., 12,8). Le trait commun est accompagné de trop d’éléments dissemblables pour qu’on puisse penser à une dépendance directe de l’un des récits par rapport à l’autre.
La question de la relation entre le péché et la souffrance est posée par Luc dans l’épisode des Galiléens massacrés (13,1-5) et par Jean au début de l’histoire de l’aveugle-né (9,2-8) ; des deux côtés elle est résolue dans le même sens mais dans des conditions différentes. On ne peut trouver significatif que, dans Luc, Jésus pleure sur Jérusalem (19,41) et que, dans Jean, il pleure
significatif le rapprochement de Lc., 10, 39-40 (Marie est . assise aux pieds de Jésus et Marthe sert à table) avec Jn., 11, 20 (Marie est assise dans sa maison), 11, 32 (elle se jette aux pieds de Jésus) et 12, 2 (Marthe sert à table).
Le { A que lac (9,51-56 ; 17, tie 19 : et. 10 ,38) et
Jean (4 4-42) sont les seuls évangélistes qui pré- ; F: sentent Jésus en relation avec des Samari—
tains. Ur
À L’histoire de la passion permet de constater, entre Luc et Jean, un certain. nombre de points
de contact. Quelques-uns, sans doute, pourraient
être expliqués par le fait que les deux récits con- sidérés correspondent à un développement de la tradition plus ayancé que celui qui est représenté :
dans les évangiles de Matthieu et de Mare. Ilest
douteux cependant que cette explication puisse
valoir dans. tous les cas. Les contacts existant
sont trop nombreux | et trop. précis. Voici un relevé des principaux d’entre eux. La trahison de Judas est expliquée par le fait que Satan entre en lui (Lc., 22,8. Jn., 18,27). Au cours du
dernier repas Jésus‘exhorte ses disciples à servir
dans Luc (22,24-80). Dans Jean (13,4-11) il leur
donne, en leur lavant les pieds,.une leçon d’humi-
lité et de service. D’après Luc (22,8@, Jésus va selon sa coutume à.la Montagne des Oliviers. Jean.
(18,2) note qu’il y avait souvent réuni ses disei-
ples. D’après Luc (22,31-34) et Jean (13, 36- -38),
Jésus annonce le reniement de Pierre non pen-
dant mais après le repas. D’après l’un et l’autre (Le., 22,50. Jn., 18,10) c’est l’oreille ‘droite du
De Pate” proclame par te fois
dans lequel est déposé Jésus n’a jamais servi.
que Jean a connu le récit de Luc. S'il ne l’a pas __ suivi d’une manière exclusive, il a du moins avec lui un contact particulier. Le troisième évangile
l'innocence de ds Jésus (Lc., 28,14. 22. Jn., 19,4. dE Le tombeau
(Le., 23,52. Jn., 19,41). Deux. anges (et non un seul, comme dans Marc et Matthieu) apparaissent aux femmes qui découvrent le tombeau vide (Le. 24, 4. Jn., 20 ,12). Luc (24,22-24) fait allusion à une visite que les disciples font au sépul- à cre après que les femmes Vont trouvé vide, ce qui de “4 vise un récit semblable à Er qu’on lit dans £ Int TTC
Ces faits, constituent un he assez T7 impressionnant pour qu’on en puisse conclure Zi
| devait être le plus répandu dans le ose où le ae
: Père d’une manière qui rappelle la doctrine johannique du
é usine a été composé.
avec ce qui est raconté dans Jean (8,59 ; 10,39 ; 12,36). ; à Va .
1. Mais Luc ajoute que Jésus guérit le blessé et Jean qu il ÿa s’appelait Malchus.
2. On peut ajouter, au point de vue de la pensée, que l'avéknubis est présentée, chez Luc (9,51) et chez Jean :- (18,1), comme le terme du ministère de Jésus et que Luc (24,49) parle du don de l'Esprit comme de la promesse du
Paraclet. Signalons aussi que Luc (4,29) montre Jésus échappant à ses ennemis d’une manière qui n’est pas sans analogie