‹ Introduction au Noveau Testament (volume 3)Chapitre 96 sur 192 · TV. = LE STYLE · texte numérisé non relu

TV. = LE STYLE

Le style johannique est caractérisé par l’extrême rareté des périodes composées de plusieurs .propositions liées entre elles et subor-

données les unes aux autres. On ne trouve, dans La

le quatrième évangile, qu’une seule période :

celle qui ouvre le chapitre 13 (1-4). La règle x È

générale est l’emploi de la parataxe, c’est-à-dire de la construction qui consiste à juxtaposer sans établir de liaison logique entre elles une série de petites propositions indépendantes dans la

forme et qui n’ont de lien entre elles que par l’objet auquel elles se rapportent. Elles ne sont même pas, comme c’est généralement le cas

affinités entre la langue du quatrième évangile et l’araméen (ScHLaTTER, Die Sprache und Heimat des vierten Evangelisten, Gutersloh, 1902 : C. Larrev, The Semitisms of the fourth Gospel, Journ. of th. St. 1919, C.-J. BaArz, Had the fourth Gospel

an aramaic archetype, Expository Times, nov. 1909, p. 91-93).

La thèse d’un original araméen du quatrième évangile, dont le texte actuel ne serait qu’une traduction transparente et sur certains points même toute mécanique, n'avait cependant jamais été présentée d’une manière aussi systématique que par Burney. Son argumentation est double : 19.il y a dans le quatrième évangile un certain nombre de constructions qui trahissent l’influence de l’araméen ; 20 il y a un certain nombre de passages qui ne peuvent être compris sans l’hypothèse d’erreurs de traduction de l'original araméen. Le premier

argument établirait, tout au plus, que l’évangéliste a subi

taxe, unies entre elles par la conjonction xai

chez Marc qui a aussi beaucoup usé de la para- {

Von Dobschütz a parfaitement caractérisé

cet aspect du style johannique, en notant comme

son trait distinctif « la juxtaposition de phrases

et de pensées isolées et l’absence presque com-

directement ou indirectement l’influence de Faraméen. Même. si — ce qui ne semble pas être le cas — les faits cités par Burney ne pouvaient être interprétés que comme des aramaismes, il n’en résulterait pas que l’évangile n’a pu être composé en grec, mais seulement que l’auteur écrivait un grec mélangé d’aramaismes, soit que l’araméen ait été sa langue maternelle, soit qu’il ait influencé le grec dans le milieu où l’évangile a été rédigé. Le second argument seul serait décisif, maïs tous les passages où Burney pense trouver des erreurs de traduction peuvent être compris très aisément sans cette hypothèse. Il faut ajouter que si notre quatrième évangile était, comme le .

- suppose la théorie de Burney, la transposition mécanique et .

maladroite d’un original araméen, il serait bien surprenant que son texte ne soit pas bien souvent complètement inintelligible. Tout ce qui ressort des observations de Burney — c’est déjà un fait important — c’est que la langue de l’évangile paraît avoir été, dans une certaine mesure, influencée par l’araméen. Pour la discussion de la théorie de Burneys voir notre article cité dans la note précédente.

1. WELLHAUSEN, p. 134. L'emploi de xai est beaucoup moins fréquent chez Jean que chez les synoptiques, environ 100 fois au lieu de 830 fois dans les synoptiques, soit deux fois et demi moins. Ceci est d'autant plus frappant que, sur les cent passages environ où Jean à xai, il y en a un certain nombre où cette conjonction est prise dans des acceptions particulières, avec le sens de « et pourtant » comme dans 1,10. 11, etc., ou bien de «et alors » «et par conséquent » (5,10 ;,6,57, etc.), ou bien sert à introduire une hypothèse ou un paradoxe (2,20 ;

plète de particules de pe indiquant la che

de la pensée » ?

L° here use fréquemment dn procédé

qui consiste à répéter une idée pour souligner

son importance. Tantôt, on a affaire à une simple répétition, comme dans 1,15.80 ; 3,3-5 ; 5,19-380, ete.?, tantôt une proposition affirmative est

suivie et confirmée par la négation de la propo-

sition opposée comme dans 1,20 ; 3, 16. 17 ; 5,23 (ABBOTT, Grammar, D. 4405. ) L'é évan acier exprime volontiers une idée sous deux formes . très voisines qui se renforcent l’une l’autre comme dans 11,25 : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort, celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais » (cf. 6,85, etc.).

Dans certains cas, la répétition prend la forme

8,10). Aé se trouve chez Jean 176 fois, soit proportionnellement

un peu moins que chez Marc, plus de deux fois moins que chez Matthieu et Luc. l'4s est moins PU que dans les synoptiques (.Jn. : 66, Mt. : 125, Mc. ; LC. : 101). Par contre, oùv est beaucoup plus fréquent che : Re (200) que dans les synoptiques (Mt. : 57, Mc. : 5, Le. : 32), cf. BURNEY, p. 66.5. 1. Vox Dosscaürz, Johanneische Studien, I, Z. N. T. W., ® VIII, 1907, p. 2. Cf. BURNEY, p. 49, 56.

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