‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 101 sur 127 · IT. — LE TROISIÈME VOYAGE MISSIONNAIRE DE PAUL, 4 · texte numérisé non relu

IT. — LE TROISIÈME VOYAGE MISSIONNAIRE DE PAUL, 4

La traversée de la Galatie et de la Phrygie qui : 3 ‘ constitue la première partie du troisième voyage

missionnaire est mentionnée (18,23) aussi brièvement que le premier passage de l’apôtre dans ces

régions et, selon toute vraisemblance, pour les

mêmes raisons.

-Le récit de la prédication del’ Evangile à à Ephèse donne l'i impression d’une certaine incohérence, ii est fait d'éléments disparates. Prenons l’un après l’autre les morceaux qui le constituent.

Nous trouvons d'abord une notice sur Apollos,

à qui Priscille et Aquilas donnent un enseignement plus complet et qui devient un propagateur ardent de l'Evangile parmi les Juifs (78, 24-28). Ce morceau étant sans lien aucun avec l’histoire

cune de ses préoccupations. Ce pourrait être une

tradition accessoire recueillie par le rédacteur et

incorporée par lui à son récit. N’a-t-elle pas subi de sa part quelque modification ? La question est malaisée à résoudre puisque nous ne sommes Le en état de caractériser cette source. Tout ce qu'on

peut noter c’est qu'elle a probablement été abrégée car ce qui est dit au o. 7 du ch. 19 de la pré- sence d’Apollos à Corinthe n’est qu’une maladroite

transition que le rédacteur a dû constituer en retenant un débris du récit du passage d’Apollos d'Asie en Grèce !.

Nous retrouvons un fragment de la grande ; source sur les missions de Paul au début du ch. 19. dans la mention de l’arrivée de Paul à Ephèse et

dans l'indication de la voie par laquelle il y

arrive (19,1). Cette indication pourrait bien n ’avoir

pas été isolée dans la source ; nous aurions alors ici l'indice d’une abréviation. a constatation d’une intervention du rédacteur sur ce point amène le

critique à se demander s’il y avait originairement

1. Ce qu’on lit dans le texte 8 n’est pas un élément du récit

Mais une tentative de reconstitution de ce qu’il devait contenir.

ù A7 ” ds D 38: Loisy, p. 10). IT ne pee Fes non plus une création du rédacteur puisqu'il ne répond à au-

, Tai

A Fe abat qu vil y a ne Te épi êde: et l'histoire d'Apollos, la manière dont l'Esprit se manifeste après que les néophytes ont été baptisés et qui rappelle très directement ce qui se passe après que Pierre et Jean ont imposé les mains aux con- vertis de Samarie, font soupçonner une interven- 4 tion du rédacteur qui, utilisant peut-être quelq tradition accessoire, aura créé, à l'honneur de Paul, un doublet de EÉpiFose d’Apollos (Leisy D 128): 14 Cet épisode écarté, l'entaée de Paul à la synagogue (19,8) se rattache très bien à son arrivée à Ephèse (79,1). lei encore la source a été abrégée (19,8-9). Elle ne pouvait raconter la rupture de Paul avec la synagogue au. bout de trois mois sans avoir rien dit de l’activité qu’il y avaitexer- __ cée (Lorsy, p. 724). L'essentiel de cette notice peut __ provenir de la source (Loisy, p. 724) bien que l'emploi du terme de « voie » (536<) au v. 9 pour désigner le christianisme soit caractéristique du rédacteur :.

La notice du v. 10 a le caractère d’une conclusion, elle Aexrs dans la source, être précédée de ï

de On ne le Pres en dehors de ce passage, que 9,2% 19, 23; S À 1à 29,4; 24, 14-92; tous passages qu’il y a d’excellentes raisons ; dacttibuex au rédacteur.

’ Ephèse. Nous SA constitére leur su P ssion, mais il est impossible de fixer avec précision les causes qui l’ont déterminée: Y avait-il, comme l’a supposé Loisy (p. 726), quelques détails sur les

difficultés que, d’après / Cor., 16,9, Paul avait ren-

contrées à Ephèse et le rédacteur les auraitil supprimés, parce qu'ils contredisaient sa thèse

favorite sur l’attitude des autorités politiques à l'égard de Paul et de sa prédication ? C’est pos-

sible, il serait cependant téméraire de l’affirmer avec trop de précision.

: Ce qui par.contre paraît certain c’est que—sauf ce qui concerne le départ de Paul d'Asie — tous

les épisodes relatifs à Ephèse qui ‘viennent après

la conclusion que constitue le v. 70 du ch. 19 ne

peuvent provenir de la source mais doivent avoir

leur origine dans quelques traditions accessoires. Tel est le caractère de ce qui est dit des miracles accomplis par Paul (71-72). Ils ne sont pas sans

analogie avec ceux qui: sont attribués à Pierre

(5,15). Les guérisons par le moyen de linges que Paul avait portés sont du même ordre que célles qu ’avait réalisées l'ombre de Pierre. La raison n'est peut-être pas suffisante pour attribuer entièrement ce morceau au rédacteur. Il y a lieu, pour le moins, de penser à.une forte intervention de-sa part. Les notices sur les exorcistes juifs (13-17)

na.

cn 4% Le

3% ques (18-20) proviennent de tr

Le premier de ces deux morceaux n est certainement pas entré dans le récit actuel sans avoir subi de modifications. Il contient en effet un trait mal intégré : au verset 16, le membre de phrase « sau- 2 :

tant sur eux l’homme les maïîtrisa l’un et l'autre FE : devait être originairement en relation avec des détails qui ont été supprimés. C’est toujours le

même système d’abréviation qu’une fois de plus nous constatons chez le rédacteur. Il n’est pas possible de reconstituer la disposition originale de la U source ; peut-être pourtant peut-on conjecturer que F # le récit actuel provient de la combinaison de deux traditions, l’une parlant d'exorcismes en général, l’autre relatant un épisode particulier.

Avec les 21-22 nous sommes de nouveau. en présence d’un élémént provenant de la source principale. Les projets de Paul tels qu'ils sont ici présentes et l'envoi de Timothée correspondent

à ce que nous savons par les épitres (Rom., 15,22. 1 Cor., 4,17 ; 16,10 s.). Les mots qui ouvrent cette notice : « me cela fut achevé » ne peuvent être considérés comme une:transition rédaction- ; nelle. Ils devaient se rattacher à un développe ment organique et non à une série d'épisodes déta- AOL chés, ils proviennent donc de la grande source. Mais comme ils ne peuvent être reliés au dernier. ‘#4

nuire au tas HUES qu'il Potentiel re du passé ‘de la chrétienté. Mais l’auteur dé la

source n’aurait-il pu déjà, et pour les mêmes rai-

sons, ne pas mentionner la crise de Corinthe? Ce … qu'il y aurait eu avant ce que nous lisons en 19,21 pourrait avoir été ou bien le récit des difficultés ! rencontrées par Paul à Ephèse, récit qui aura été supprimé pour ne pas nuire à la thèse chère au

rédacteur, ou peut-être tout simplement d’autres

récits que le rédacteur n’aura pas jugé à propos

de reproduire sans avoir été poussé à cela par autre chose que par le désir de ne pastrop allonger son livre.

À Re de la source. Que ON S ER RE . la partie du récit qui n'a pas été reproduite ? Loïsy .(p. 733-737) pense que ce devaient être les inci- dents de Corintheet les allées et venues auxquelles ee ils ont donné lieu. Le MERE les aurait inten-

Dans la notice des v. 21-22 nous constatons

qu’il n’est pas fait mention de ce qui, d’après les épîtres, a motivé la venue de Paul à Jérusalem, à savoir de la collecte en faveur des Eglises de Ju-

dée. Loisy (p. 734) pense qu’il y a là une suppres-

x elle et me

sorte d’é quivalent de l'impôt du Temple et pa conséquent la preuve que le christianisme s’organisant parallèlement au judaïsme ne devait pas être confondu avec lui. Comme cette constatation allait contre sa thèse, il aurait supprimé systématiquement toute mention de la collecte. Cette hypothèse que Loisy met à la base de certaines par-

ties de sa critique des Actes et dont il tire des

conclusions fort étendues ne nous paraît nullement s'imposer. Le caractèrelibre et spontané des contributions en faveur des chrétiens de Pales-

tine ne permettait pas l'assimilation à un impôt

obligatoire pour tous les membres de la com-

munauté juive et dont la loi fixait la quotité. La

différence n'était pas difficile à marquer et le rédacteur qui n'avait pas eu scrupule de parler — à tort d’ailleurs — au chapitre 11 de l'envoi par l'Eglise d’Antioche à celle de Jérusalem d'un secours en argent, n'avait aucune raison de supprimer des contributions similaires fournies par les Eglises d’Asie, de Macédoine ou de Grèce. L'hypothèse d’une suppression systématique ne nous paraît donc pas fondée et il y a lieu, pensons-nous,

de supposer que le rédacteur n’a pas mentionné

la collecte parce qu'il la jugeait sans importance à moins que — hypothèse qui pourrait bien être

| de 1 rt de 5 70 rédacteur. Celui-ci aurait vu dans la collecte une F3

â | propos de la collecte d'un. désir : le P mettre d' accord avec les chrétiens de Jérusalem ‘ É ésir que ne pouvait mentionner le rédacteur qui avait fait à ses lecteurs le récit du chapitre 15.

Entre ces préparatifs en vue du voyage en : Macé-

doine et en Grèce (19,21- -22) et le départ de Paul

(20,1)? le rédacteur insère le récit de l'émeute de

Démétrius. L’étude de la première épitre aux .Corinthiens confirme le témoignage des Actes pour ce.qui est d’un intervalle ayant rue le départ de Paul de celui de Timothée. Il n’en suit pas que ce que le récit actuel met entre 79,22 et 20,1 de vienne de la tradition originale. Loin de là. For- mellement d’abord, si on enéliminece qui dépend du récit de l'émeute, le premier verset du cha- pitre 20 se rattacherait assez bien à 79,22 pour qu’il y ait lieu de supposer que, dans la source, ces deux fragments n'étaient pas séparés l’un de l’autre *. Matériellement le récit de l'épisode

1. La manière dont Paul demande aux chrétiens de Rome de prier pour le succès de sa wisite à Jérusalem (Rom., 15, 30 s. ) montre l’importance qu'avait pour Jui la démarche qu’il entreprenait.

2. Peut-être son départ non d’Ephèse mais d’Asie car il se pourrait qu’à partir de 19,22 Paul n’ait plus été à Ephèse même. Cf. Loïsx. p. 743 s

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