‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 122 sur 127 · VI. — La PLACE DU LIVRE DES ACTES DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

VI. — La PLACE DU LIVRE DES ACTES DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE

Tandis que les évangiles sont — au point de vue de la forme littéraire — une création originale à laquelle aucun type littéraire de l'antiquité classique ne saurait être comparé, il n’en est pas absolument de même pour les Actes. On peut en rapprocher, à certains égards, diverses œuvres an- térieures de la littérature historiqué. On y trouve appliqués certains procédés courants de l’historiographie grecque, par exemple l’utilisation dans le récit d’un journal de voyage, ou la rédaction de discours qui doivent expliquer les sentiments, les préoccupations, les intentions des personnages mis en scène. Cependant il est possible que l’auteur des Actes n'ait pas connu l’historiographie grecque et que ce soit par l'intermédiaire de la littérature judéo-hellénique qu'il ait subi son in-

fluence ‘. On ne peut pas non plus signaler chez lui une dépendance très nette à l'égard de l’historiographie israélite avec laquelle son œuvre a cependant d’incontestables relations *

Pour découvrir les racines de la création qu’a faite l’ «auteur à Théophile » il faut partir de ce fait que son œuvre est la suite et le prolongement d’un évangile. C’est,en partie au moins, aux préoccupations et aux besoins qui ont donné naissance aux évangiles que le livre des Actes doit son origine. Les évangiles servaient les intérêts de la foi en montrant comment le christianisme reposait sur la personne et sur l'œuvre de Jésus, mais ils s’arrêtaient au seuil de l'Eglise. Il fallait continuer et montrer comment le principe créé par l'Evangile s’était réalisé dans l’histoire.

C’est à la nécessité de donner ce récit que répond le livre des Actes dont l’auteur a ainsi créé une forme littéraire nouvelle qui, sur quelques points sans doute, se rapproche de formes antérieures mais qui n'en reste.pas moins quelque chose d’original.

1. C’est ce que pensent par exemple P. Wenprann (Urchr. Au p.259) ; Hermann Jorpan (Geschichte der altchristiichen

eur Leïpzig, 1911, p. 70, 73 n. 2), NORDEN, (p- AU

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