Voir p. 2628. TUE Dr MES" PSN
JE contre lui ainsi que son NEA Ha Philippes
21, 1-18 (les deux fragments se relient assez bien d Fun, à l’autre) sans que le programme du voyage | ait été indiqué comme il l’est dans 79, 21-22 et sans que l'itinéraire, pour le moins singulier, qui est adopté pour aller de Corinthe en Syrie ait été expliqué, comme c'est le cas dans 20, 3. Donc, ici encore, le morceau à la première personne se relie | organiquement à des morceaux à la troisième personne qui le précèdent. Quant à la fin de ce fragment, est-il vraisemblable que le récit se soit arrêté au moment dramatique de la rencontre entre Paul et les chrétiens de Jérusalem, sans
avoir rien dit de cette rencontre et de ce qui en est résulté ?
Enfin, Peut-on penser qu'un narrateur ait pu
1. Ce qui ne prouve pas, bien entendu, que la source ait contenu ces récits tels que nous les lisons actuellement. Voir p.262 s.
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si ‘avoir. dé dinar dans quell e voyage est entrepris ? Peut-on supposer: qu il à ait Pa arrêté son récit en laissant ignorer ce qu'il était advenu de Paul ? ASE
Les passages en nous faisaient donc originairement partie d’un document plus étendu, document qu’il y a lieu de se représenter comme une histoire VE
de l’apôtre Paul et de ses missions. Ce devait être l’œuvre d’un homme qui, ayant à certains mo.
ments accompagné Paui, avait été le témoin d° une partie des événements qu’il racontait'et qui, pour le reste, les rapportait d’après des témoignages qu'il avait été à même de recueillir.
L'association, sans explication, de la première De et de la troisième personnes, anormale au premier
abord, se rencontre — c'est le grand mérite de
Norden (p. 313 s.) de l’avoir montré — assez fréquemment dans une série d'œuvres qui, par leur caractère littéraire, se ARPEDBen en quelque mesure des Actes.
Déja Jülicher, (Ein£., p.406) avait signalé que l’inadvertance d’un auteur laissant subsister dans son œuvre une première personne trouvée dans une source utilisée par lui ne serait pas plus ex- : traordinaire que la négligence d’un homme qui, racontant des faits auxquels il auraït, en partie, assisté, négligerait de dire pourquoi, en certains
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: US une de ses sources — composé en partie à la première personne n est donc pas à priori ab- surde. Elle l’est encore moins maintenant que Norden a établi que le mélange de la première et de la troisième personnes est courant dans des récits de magistrats, de chefs d’armées, de gou-
verneurs de provinces, de voyageurs qui, rendant
compte d'évènements ou d’expéditions accomplies
sous leur autorité, emploient la première ou la
troisième personne suivant qu’ils ont été ou non
présents aux faits qu'ils relatent. 1l cite (p. 318 s.)
__ des lettres de Cicéron à Atticus (V. 20) et à Caton (ad Fam., XV, 4) relatives à son expédition de 51 en Cilicie dont on peut admettre qu'elles doivent
sensiblement reproduire la physionomie de son
rapport officiel au Sénat. Dans ces lettres Cicé- ron emploie tantôt la première personne du sin- gulier ou du pluriel, tantôt la troisième. Au même
type de document se rattache la relation du roi Ptolémée III Evergète sur la campagne de 247/246 contre la Syrie où se trouvent également combinés un récit de témoin et une relation à la troisième personne ‘. On peut aussi citer Arrien qui, en 130/131,
1. Mamarry, Flinders Petrie Papyri, XL. cf. EX (Nor- ‘DEN, p. 320 s.).. à ES.
Mal d-
ANT, Cie ; im
PTT Ù
un voya ion sui
Hadrienunrapporten latin, rapportquifutensuite utilisé par lui pour la rédaction d'un ciyyexue
de Cappadoce et dressa à ce sujet à l'empereur.
grec. Le voyage qu’il avait lui-même accompli était
raconté à la première personne. Il était complété . par des récits à la troisième personne (NoRDEN,
p. 323). Si les exemples de ce type littéraire sont ne. relativement rares c’est que les écrits appartenant
au genre des üropvhuarz ne se sont, en général, pas
‘ conservés mais ont disparu après avoir été utilisés dans des œuvres historiques plus généra- Ge
les où la première personne a été effacée en rai son de cette poursuite de l’objectivité qui a été
une des règles de l'historiographie antique et dont
Thucydide, Xénophon et César fournissent des exemples si caractéristiques (NoRpEn, p. 316 s).
Il y a d’ailleurs, dans un monde plus proche encore de celui auquel à appartenu Luc, des exemples de combinaisons de la première et de la. troisième personnes qu’il a sans doute connus et | dont il n’est pas invraisemblable qu'il se soit plus
ou moins directement inspiré. Tels sont les livres ;
d’Esdras et de Néhémie où un chroniqueur à utilisé
les mémoires de ces deux hommes en y ajoutant ù
des éléments d’autres provenances, ou encore © Je livré de Tobit. Enfin, bien qu'il s'agisse d'une œuvre qui n'est pas antérieure aux Actes, Norden
Prat din À tan tie 6: vie wire ce HE es propagateur de religion paraît avoir été racontée 4 à l'aide des mémoires personnels de son disciple - - Damis ‘. : 18 __ Ainsi l’analyse des textes, aussi Bi que la comparaison avec des œuvres littéraires analo- gues, montre que les passages à la première personne ne doivent pas être considérés comme des Dements isolés insérés par quelque hasard ou quelque négligence dans une œuvre d'un carac-
tère littéraire différent. Dès leur origine, ils ont dû appartenir à un récit où ils étaient juxtaposés à des morceaux à la troisième personne
et ce récit avait pour caractéristique essentielle d’émaner d’un auteur ‘qui racontait certains faits auxquels il avait assisté en complétant la relation qu'il en donnait à l’aide de renseignements “objectifs.
1. NoRDEN, p. 36 ; cf. RerrzensTein, Hellenistische Wundererzählungen, Leipzig, 1906, p. 54. On peut, à titre de curiosité, signaler que Scawansecx (Ueber die Quellen der Apostelgeschichte, Darmstadt, 1847, p. 189 s.) a cité, d’après SrenTzEz, (Eérchionté Deutschland’s unter den fränkischen Kaisern, 11;
.P. 10 s.) des exemples de:combinaisons de la première’et de. là troisième personnes dans des annales du Moyen-Age.
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posé avec beaucoup d’art'. C’est là, comme l’a fait remarquer Loisy (p. 122), un jugement fort
Renan a écrit que le livre des Actes était com-
indulgent et qui appelle toutes sortes de réserves / 3 1e
. Car il ne tient aucun compte des incohérences, des doublets, des contradictions du récit des Actes, de son manque de plan et de proportions, des lacunes qu'il présente et dont la moindre n’est pas l'ab- sence d’une conclusion. D Comment expliquer le caractère sous lequel se
présente le récit des Actes ? Dans une très large mesure, sans doute, par l'intention qu'avait son auteur: Il n’a pas pris la plume pour écrire une
relation historique destinée seulement à instruire ses lecteurs ou à satisfaire quelque banale curio-
. sité. Il n’est pas vrai qu’il poursuive un but théo-
logique précis et qu’il entende le servir par une déformation systématique et tendancieuse. de la
réalité comme l’a pensé autrefois. l’école de Ta-
bingue ; la projection qu'il fait dans le passé de la
situation théologique et ecclésiastique qui existait
de son temps n’est aucunement consciente’et voulue, elle est toute naïve.et spontanée ; il n'en reste