On ne peut retenir des interprétations comme celles des
Wenor (p. 86) ou de Kocm (Abfassungszeil des lukanischen Geschichtswerks, p. 47) et d’autres qui ne voient dans l'épisode de la Pentecôte qu’un fait de glossolalie. On ne peut s’arrêter non plus à l’explication proposée autrefois par Cu.-H. Weiss (Die evangelische Geschichte krilisch und philosophisch beleuchtet, Leipzig, 1838, II, p. 417) et reprise par von Dosscuürz (Osternund Pfingsten, Leipzig,1903) d’après laquelle le fait rapporté dans Actes, 2 ne serait pas autre chose que l'apparition à plus de 500 frères mentionnée dans I Cor., 15, 6. L’effusion de l’Esprit aurait été, à l'origine, créatrice de foi à la résurrection et apparentée aux christophanies.Pâques et la Pentecôten’auraient été que tardivement séparées. Il n’y a, en effet, dans le récit des Actes rien qui représente une intervention du Seigneur ou qui réponde au nombre 500,
is ps.
D’après 1, 21-22 Ve fficac:
tient à ce qu'ils ont été les témoins de l’ activité
de Jésus, d’après le récit de la Pentecôte à ce qu ils ont reçu l’effusion de l'Esprit. ;
‘Presque tous les éléments qui se trouvent dans la notice sur la vie des premiers chrétiens dans 2, 43-47 sont déjà indiqués, bien que d'une manière plus sommaire, dans le verset 42 et trop nettement pour qu’on puisse songer au rapprochement de deux notices indépendantes l’une de l’autre. Le verset 42 est un résumé de la notice 43- 47 destiné à relier cette notice à l'histoire de la Pentecôte. La notice 43-47 ne saurait être considérée, en effet, comme le développement du verset 42 car elle contient un élément — la distinction entre le culte privé des chrétiens et le culte
public juif — qui n’est pas représenté dans le
verset 42 et qui semble primitif. Par contre la
mention de la doctrine des apôtres au verset 42
constitue un anachronisme.Pour la rédaction de la notice on a dû utiliser des indications provenant d’une tradition qui mérite confiance (Loisy, p.218).
Il y aura lieu de revenir sur ce point après exa-
men du morceau 4, 32-35 qui forme avec les versets qui nous. occupent un doublet très manifeste. .… Le récit de la guérison d'un impotent à la porte
du Temple et des poursuites contre Pierre:et Jean
qui en sont la conséquence :
diverses incohérences; certaines peuvent provenir de retouches secondaires-plus ou moins maladroites; telles sont la remarque de 3,10% qui brise le lien organique entre 3,9 et 10”, où bien le changement de lieu qui n'apparait pas nécessaire, ou encore le concours du peuple au:verset 11 qui fait double emploi avec ce qui avait été dit 9-10 D (Wezzmausen, Noten, p. 8.). On peut y joindre la mention des sadducéens, présentés en 4,1 comme s'ils étaient des fonctionnaires du Temple, au même. titre que les prêtres ou que le capitaine du Temple, et la remarque sur la prédication de la résur- rection par Jésus (4,7) qui rappelle la thèse qui, plus loin, sera mise dans la bouche de Paul dans une des scènes les plus suspectes du livre, la comparution de l’apôtre devant le sanhédrin (Loisy, p-239 s.). Citons encore le nombre des convertis, qui non seulement défie toutes les vraisemblances . mais encore occupe une place des moins naturelles, le verset 4,6 qui forme doublet avec 4,5, peutêtre aussi la citation du Psaume 118, 22 en 4,11 parce qu elle s'intercale d'une manière fâcheuse entre deux membres de phrase dont la relation est évidente (Wezzæausen, Noten, p. 8).
Ces éléments secondaires, éliminés, le texte qui reste n’est ni homogène ni cohérent. Les deux
discours de Pierre devant le peuple (3, 71-26) et