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. La notice de 6,7 sur l’accroissement de l’ Eglise n’est qu’un élément rédactionnel qui permet au narrateur de reprendre le fil du récit relatif aux
Hellénistes après les modifications subies par
l'épisode de l'institution du diaconat.
. Pour la commodité de l'analyse, il convient
de détacher de l’histoire d’'Etienne le discours
qu’il prononce devant le sanhédrin et d’ ones
d'abord le récit formé par 6,8-15 et 7, 54-8,3. Le début de l'épisode à Hole une premiére
gens appartenant à diverses synagogues où se
réunissaient des hommes de la diaspora. Ceux-ci ne peuvent résister à la sagesse et à l'Esprit qui
font parler Etienne. On ne voit pas comment des discussions peuvent se rattacher à des miracles
et il paraît évident que ces miracles ont été subs- ns titués à un enseignement et cela par fidélité à la
fiction qui faisait des Sept des fonctionnaires de
l'ordre administratif. Le récit devait originairement dire qu’Etienne alla porter la prédication et
la discussion dans les synagogues des Hellénistes et que cette initiative hardie provoqua Ja plainte
remarque. Ce sont les signes et les prodiges ac- È - complis par Etienne qui soulèvent contre lui des
ni
24 Lies de la pensée d’ Etienne aura dreyés ; Peut-être faut-il aussi reconnaître ici l'influence d’un détail de l'histoire de la passion (Me., 14,46). Le discours d’Etienne montre, en effet qu il m'était nullement nécessaire d’altérer sa pensée pour la faire paraître singulièrement subversive.
Dans le cours du récit Les traces d’° incohérence
sont nombreuses. Tantôt il semble qu'il y aït un procès régulier à la suite duquel Etienne est con-
ÿ damné et lapidé, tantôt qu'il y ait une émeute au cours de laquelle il trouve la mort sans que soit intervenue une condamnation régulière, Ceci
ne doit pas être expliqué par l'hypothèse d’un
narrateur qui ne se représenterait pas clairement comment les choses se sont passées. Un certain
A nombre de doublets prouve en effet que le récit
combine deux traditions parallèles ‘. Celle qui suppose un procès régulier engagé contre Etienne
… est certainement la plus récente. La mention de : Saul qui est introduite par deux fois dans le récit,
1. Les faux témoins (6, 11 5 13), ee de blasphèm (6,11 et 13). Dans /2* le peuple, les anciens et les scribes a en mouvement. Dans /2 Etienne est entrainé devant le sanhédrin lequel était formé en partie par les anciens et les ES Lapidation 7,58 et 59. Participation de Saul 7,58 et 8 STENCE PREUSCHEN, p. 45: WELLHAUSEN, Krit, An. De Te
destiné à préparer le ie A ultérieur du récit des Actes *. rs
La conclusion de ’ histoire d'Etienne introduit d’une manière fort gauche une mention de la persécution qui sévit contre l’Eglise. Après avoir parlé de la mort d’Etienne (7,60) et de l’appro- ; Ë bation donnée à ses meurtriers par Saul (8, 15} l’auteur parle de la persécution et de la dispersion en Judée et en Samarie de tous les fidèles à l’exception des apôtres (8,7 #), puis on revient à Etienne pour raconter sa sépulture (8,2) pour retourner ensuite à Saul et à sa fureur contre les chrétiens (8,3). Tout cela trahit une forte intervention rédactionnelle. Si l’on considère en outre combien peu il est vraisemblable que la persé- * cution ait épargné les apôtres,. c'est-à-dire ceux qui auraient dû en être les premières victimes *, si 400 l'onajoute que, contrairement à ce que dit le tete l'Eglise de Jérusalem n’a nullement été dispersée et que seuls les Hellénistes ont été obligés de
1. Hizcenren, Die Apostelgeschichte nach ihren Quellenschriften untersucht, Z. f.wiss. Th., 1895, p. 403 ; Harnacx, IT, p. 171-176 ; Wezcuausen, Noten, p. 12; Wenpr, p. 150, n 1; Herwüzzer, Zum Problem Paulus und Jesus,Z. N. T. W.,1912, p. 328; Lorsy, p. 351.353, etc. NOEL . 2.-Voir ce qui s’est passé lors de la persécution d’Hérode 17 Agrippa, 12,1 s. ie ©
quitter la ville, on en arrive à cette. conviction que le récit primitif devait raconter une persécution contre les Hellénistes et que le rédacteur, pour réduire la différence entre les deux groupes dans l'Eglise, a transformé assez maladroïitement le récit en parlant d’une persécution générale *. La source à été par lui si morcelée qu’on n’aperçoit plus si la notice de 8,3 sur Saul en provient ou n’en provient pas.
Venons-en maintenant au discours prononcé par Etienne (7,2-53). Au moment où il comparaît devant le sanhédrin, tout le monde ayant les yeux fixés sur lui, son visage apparaît resplendissant comme celui d'un ange (6,15), en d’autres termes, Etienne tombe en extase. À l’interrogatoire du grand-prêtre il répond par un discours d’une dialectique serrée qui est un âpre réquisitoire contre la piété et le culte israélites. Ce discours déchaîne la fureur des Juifs qui, grinçant des dents, se jettent sur lui (7,54), mais Etienne, les yeux fixés au ciel et rempli de l'Esprit Saint, voit la gloire de Dieu et Jésus à sa droite, il déclare: «Je vois les cieux ouverts et Jésus à la droite de Dieu», (7,55-56) après quoi les Juifs se précipitent de nouveau sur lui (7,57). L'extase de 6,15 inter-
1. Jo. Weïss, Ueber den liter. Char., p. 15; WELLHAUSEN, Krit. An., p. 14 ; PREUSCHEN, p. 46.
__ uneréponse à l'accusation formulée contre Etienne
< pondu aux bienfaits de Dieu. Il est question succes-
| extatique ne était sa hr réponse à l'interrogatoire du grand-prêtre. La fureur des Juifs en 7,55. est un élément rédactionnel qui anticipe ce qui sera dit 7,57 et cela d'une manière mala- droite puisque les Juifs se précipitant sur lui,on
ne voit pas comment Etienne a pu déclarer qu'il voyait les cieux ouverts (Loisy, p. 347). On doit ajouter que le discours n’est en aucune manière
(WELLHAUSEN, Krt. An., p. 12 s.).
Le discours d’Etienne est donc un élément se- , condaire. Mais 1 faut aussi se en à lui-même.
Dieu a fait pour ee la RUE A ds titude et les infidélités par lesquelles Israël a ré-
sivement du veau d’or, du culte de Moloch, puis de l'abandon du culte du tabernacle et de la construction d'un Temple, l’idée même d’un Tem- É ia ple étant condamnée par la déclaration d’Esaie, sx, 66,1-2. Mais ici il y a une difficulté, Etienne ac-
cuse : les Israélites d’avoir emmené avec eux dans D RS le désert le tabernacle de Moloch, la ox rù . Moy (d'après Amos, 5,25-27.43). D'autre part il : ns. est dit (7,44) que les Israélites avaient avec eux
Comme on ne peut. prêter à Etienne l’idé que les Israélites avaient dans le désert deux taber- = nacles, il faut penser que pour lui le tabernacle du désert était celui de Moloch et que le v. 54 qui parle du tabernacle du témoignage est l'addition d'un rédacteur qui aura été effrayé par la hardiesse du discours d’Etienne. La conclusion, à partir du verset 51,est singulièrement abrégée. La disproportion est manifeste avec le développement donné à l’histoire d'Israël jusqu’à la construction du Temple et on ne peut l'expliquer, étant donné le silence du texte, ni par l’idée qu'avec la construction du Temple l'infidélité d'Israël est arrivée à son comble, ni par des manifestations de l’impatience des auditeurs qui auraient obligé l’orateur à hâter la fin de son discours. Il est d’ailleurs difficilement admissible que l’auteur de ce discours ait pu le concevoir exclusivement comme une critique du judaïsme et n’ait pas, au moins, | indiqué comment l'Evangile venait substituer une économie religieuse nouvelle au judaïsme désormais périmé. À cela s'ajoute que le verset 53 contient une idée isolée, non intégrée dans le con-
4 texte, et qui paraît bien un tronçon détaché d’un développement dont lereste a disparu. Onest,dans el ces conditions, amené à penser que le rédacteur 3 qui a introduit l’allusion au tabernacle a, en même
dhcours dans son état actuel et non du discours primitif qu’on pourrait dire avec Preuschen (p.38) et Loisy (p. 320) que l'explication doit en être cherchée dans le plan des Actes et non dans l'his- toire d’Etienne ; encore faut-il observer que le dis-
cours à été adapté aux fins du rédacteur plutôt ns, qu'inspiré par elles car si l’idée fondamentale de
l’auteur des Actes est qu'Israël a eu tort de ne pas se accepter la prédication de ns intention n’est. s
nullement de condamner l’ensemble de son his- 2 %
toire religieuse.
A travers le morceau confus et passablement ER désordonné et remanié 8,1-3, on aperçoit que,
dans la source, les incidents qui avaient amenéle
meurtre d’Etienne déchaïnaient une persécution
non pas contre toute l’Eglise de Jérusalem, mais contre les Hellénistes dont les chefs furent obligés de se disperser. IL y a là un fait qui a eu pour l'extension du christianisme une importance considérable *
1. Loisx, p. 354. Il ne nous paraît cependant quelque peu ar- fa !
bitraire d'admettre que le rédacteur des Actes ait passé sous silence une partie de ce que la source racontait sur ces missions des Hellénistes (par exemple la fondation par eux de l'Eglise de Rome) parce que leur activité ne pouvait être présentée comme subordonnée et, en quelque sorte, contrôlée par les Douze. é « 3
200 j LE LIVRE DES ACTES
Nous retrouvons un fragment de la source dans les premiers mots du verset 8,4 où il est question des dispersés. Ces mots introduisent le récit des missions de Philippe. Le même membre de phrase se retrouve textuellement plus loin (11,19) ‘ où il est suivi de la notice relative à l'Eglise d'Antioche. Le doublet s'explique par un artifice du rédacteur qui a introduit, avant le récit de mission que donnait la source, des histoires relatives à l’activité missionnaire de Philippe. et de Pierre suivies d'autres morceaux *.
11 y a dans le récit de l’évangélisation de la Samarie par Philippe (8,5-25) plusieurs particularités qui font supposer l'intervention d’un, ou même de plusieurs rédacteurs successifs. Faisons d’abord abstraction de ce qui concerne le magicien Simon. Les versels 5 à 8 sont un petit tableau qui semble complet des succès de la prédication de Philippe. Le dernier trait « et il y eut une grande joie dans cette ville » à tout à fait l’allure d’une conclusion. On ne comprend pas comment ce n’est que plus tard — au verset 12
1. 8,4: Où pv odv duonapévrec d1n)\0ov edayyelEopevor Tov Xéyov 11,19 : OÙ pèv oùv Gtacmapévres… dAXBav..…. pnôevt AadoOËVTES To A6Yyov Et un...
2. Le fait est confirmé par cette circonstance que 8,4 estune introduction qui annonce le récitde l’activité de tout un groupe
et que avec 8,5 commence l'histoire des tournées d’un individu.
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