‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 82 sur 127 · LP TRUE · texte numérisé non relu

LP TRUE

VE: ï

né dau os

[es 4

-« grande puissance de Dieu » idvate 705 0eù À 7 is Cast È ÿ ; -" RE Je

Jautorité entre les mains des apôtres et n’at bue aux diacres qu'une position subordonn Rien dans le récit relatif à la conversion des Sa: maritains n’indiquait qu'il ait manqué quelque chose à leur christianisme. Il y a d’ailleurs un n dice matériel d’incohérence : c'est que dans ler relatif à Philippe il est question de la ville der” Samarie (5) tandis que c’est de la province qu'il s’agit au verset 11 à propos de la visite des apô-

tres *. | Lg

Le magicien Simon est présenté sous deux aspects qui ne sont ni facilement, ni parfaitement conciliables ; il est, à la fois, un magicien qui, par les prodiges qu'il accomplit, frappe l'imagination ie : et une sorte de gnostique qui spécule sur la

1. Walz, Die Quelle der Philippusgeschichten in der Apostelgeschichte, 8,5-41; Z. N. T. W., 1906,p. 84; Scæwanrz, Zur 1 Chronologie, p. 2179; PREUSCHEN, p. 50. | ‘4 J

ol

ahoup V6, ] Notre ion à rédacteur qui, dans la personne de Simon, combattait la secte des Simonites de son temps ‘.

L'histoire de Simon présente la même curieuse transposition que celle des Samaritains devenus chrétiens, dans laquelle Pierre est substitué à À Philippe. Plutôt que de voir ici avec Waitz (Z.

NT. W., 1906, p. 340 s.), une combinaison de deux traditions dans l’une desquelles figurait Pierre, tandis que l’autre mettait Philippe en Scène, il vaut mieux admettre que la fin de l'épi- sode a été transposée par l’auteur qui a introduit Pierre et Jean dans l'histoire de la conversion (Wezzuausen, Xrit. An., p. 15). Philippe, le prinei-

pal personnage au début du récit, disparait com- = plètement à la fin. Si l'on élimine comme secon-

daire la venue de Pierre et de Jean en Samarie, il est probable que dans l'altercation avec Simon le rôle joué actuellement par Pierre l'était par Phi- lippe ; seulement, comme il ne devait pas être question d'imposition des mains et d’effusion de: l'Esprit, il est probable que Simon offrait à Phi- D Hippe de l'argent pour obtenir le pouvoir de faire-

EC RS ES à ht, :

da, cdi Dh ds fi

gs 2 : ue : vs . de gr." e des miracles comme ceux auxquels il avait assisté. “2 |

LU 1.11 semble, enl’état actuel des documents, assez téméraire de- CA prétendre établir une relation précise entre Simon de Samarie 44 et des hérétiques du n° siècle.

a H vs

ni à

question d’une conv le Simon. Quoi qu'il en soit nous avons un récit qui présente tous rh

les caractères d'une œuvre d'hagiographe. il s’agit très probablement d’une tradition populaire dont il n’est pas possible de dire si elle

contient un noyau historique. On peut en dire autant du morceau qui suit et qui rapporte la ren- contre de Philippe avec l’eunuque de la reine É d’Ethiopie (8,26-40). | En, :

= Après les histoires de Philippe l’auteur donne ;

le récit de la conversion de Saul (9, 1-19). IL n’y a aucun lien entre cet épisode et ceux qua

l'encadrent et si, d'une manière générale, il y à une relation entre la personne de Saul et le mouvement des Hellénistes, il n’en reste pas moins que le récit de la conversion du persécuteur ne

constitue pas la suite de ce qui était dit de la

persécution (Wercmausen, Xrit. An., p. 16), preuve

en soit la manière artificielle et maladroite dont

une allusion à Saul est, à plusieurs reprises, :

introduite à la fin du récit relatif à Etienne. Le récit de la conversion est donné par trois

fois dans le livre des Actes, au chapitre 9, directement, puis rétrospectivement aux chapitres 22

et 26 dans les discours prononcés par Paul pour

sa justification, d’abord à Jérusalem devant le pue jee à Gésarée devant le roi Agrippa. Les

deux épisodes dans lesquels sont insérés ces discours de Paul sont, l’un et l’autre, fort suspects; il y a donc de sérieuses raisons d'attribuer au rédacteur la répétition du récit. Le fait de ce doublet estsignificatif et prouve l'importance que le rédacteur attachait à son récit soit qu'il l’ait opposé à une manière jugée erronée de présenter l’origine du christianisme de Paul, soit — ce qui paraît plus probable — que les conditions dans lesquelles Paul était devenu chrétien et apôtre lui aient paru la plus efficace des argumentätions pour justifier son attitude et son activité.

Les trois récits ont certainement la même origine ou, plus exactement, sont trois recensions parallèles ‘ ; ils ne s’accordent pas seulement sur les faits mais encore sur la manière de les présenter

1. Leur indépendance a été soutenue par SCHLEIERMACHER, Enleitung in das Neue Testament, p. 351 s. On ne saurait admettre que le rapport actuel du récit puisse être expliqué, comme l’a tenté Srrrra (p. 270 s.), par l'hypothèse d’un travail de rédaction qui aurait harmonisé des récits originairement divergents. En particulier, il semble tout à fait téméraire d’admettre avec SrrrTa (p. 275,s.) que les mots ëv 7 60& de 9, 17.27 permettent de reconstituer un récit dans lequel Paul aurait rencontré Jésus sur sa route, un peu comme c’est le cas dans l'épisode des disciples d’'Emmaüs. Jos. Wgiss (Ueber die Absicht…, p. 50), soutient que le récit du chapitre 25 est tout à fait indépendant de celui du chapitre 9. Sur l’ensemble de la question : Maurice Gocuez, L’apôtre Paul et Jésus- Christ, Paris, 1904, p. 40-55.

et jusque sur les expressions employées. Les divergences qu'il y a entre eux ne sont que des variantes de pure forme sans portée véritable, elles prouvent seulement que l’auteur s'attache à éviter une trop grande monotonie.

Abstraction faite de l'épisode d’Ananias qui ne se trouve qu'aux chapitres 9 et 22, c'est Le récit du chapitre 9 qui paraît le plus ancien: il ne donne pas d'indication sur l’heure à laquelle le phénomène se produit tandis que les récits des chapitres 22 et 26 sont d'accord pour le placer, mais en des termes différents, au milieu de la journée. Le chapitre 26 est seul à faire le récit au point de vue de Paul, il dit : « Je vis une lumière ».. tandis que les autres récits parlent d’une lumière qui entoure l’apôtre. Il est facile de se représenter cela comme une transposition opérée par le rédacteur du chapitre 26 tandis qu’on comprendrait malaisément qu’au chapitre 22, dans un discours mis dans la bouche de Paul, on ait objectivé le récit en faisant disparaître ce qui aurait indiqué un point de vue personnel. On ne verrait pas non plus, si le récit du chapitre 26 était primitif par rapport aux deux autres ”, pourquoi ceux-ci auraient fait disparaître l'indication

1. La priorité du récit du chapitre 26 est soutenue par WENpT p. 167 s.) et par CLEMEN, (Die Chronologie der paulinischen Briefe, Halle, 1893, p. 103.)

port à celui du chapitre 9'ence qu'il a s nom de Jésus le qualificatif de Nazaréen et en ce qu’il introduit une seconde, question de Pay! «Que 1 ferai-je Seigneur ? ». x

Avant de tenter de définir le caractère du récit de la conversion et d'essayer de reconnaître quelle L pourrait être son origine, il faut envisager l'épi- # sode d’Ananias qui est donné sous deux formes un e peu différentes aux chapitres 9 et 22. Son absence : au chapitre 26 ne peut pas être interprétée comme | une preuve que l’épisode d’Ananias n'aurait pas fait originairement partie de l’histoire de. la COnversion de Saul. Il a pu, en effet, être omis dans

Le le troisième récit pour créer un raccourci plus “a saisissant en faisant. donner directement et immé- 4 Fo diatement à Paul, par le Christ, la mission d’évanà géliser les païens (Wenpran», Urchr. Latf., p.329;

: Loisy, p. 413). Les deux relations de l'intervention . d'Ananias présentent beaucoup plus de diver- L gences que les trois récits de l’événement du chemin de Damas. On peut, semble-t-il, en con- £

clure que l’épisode d’Ananias était donné dans Er.

à une source différente qui avait,aux yeux du rédac- €

? 1. Contrairement à l'opinion de HorrzmANN, (4 Gao pet) : ir? et de Z1wwer (Die drei Berichte die Apostelgeschichte über! die Bekehrung des Paulus, Z. f. w. Th., 1882, p.465 s.). ! ;

écit. à. sion propre dite, à moins toutefois que le détail relatif à | Ananias ne repose pas sur une donnée tradition nelle. " | PER DAS ARS cé Le second récit relatif à Ananias (ch. 22), quoi- CE 3 que simplifié à certains égards par rapport au PA récit du chäpitre 9, paraît représenter un stadé. 51 plus avancé de la tradition car, tandis qu’au cha- Fi

__ pitre 9 Ananias se borne à imposer les mains à Paul, à lui rendre la vue et à le baptiser, dans-000 le chapitre 22, il lui révèle, en outre, quelle mis- 2 L sion lui est réservée. LE HE « A Dans l’économie actuelle du récit l'intervention d’Ananias met l’apôtre Paul, dès sonentrée dans le FER s christianisme, enrelations avec l'Eglise et présente VOTRE sa conversion comme n'ayant été achevée qu'à partir du moment où, par le baptême,il est devenu membre de cette Eglise. Si la tradition primitive L- __ relatait quelque chose sur Ananias, par exemple pus qu'ilavait baptisé Paul ‘, elle ne pouvait cependant pas lui faire jouer un rôle qui serait contreditparla Eu solennelle déclaration de Gal., 1,1: « Nidela part “Es des hommes, ni par l'intermédiaire d’un homme». 17) Sans l'intervention d’Ananias l’histoire de law "

4. Rom., 6,3 et ICor., 12,13 établissent incontestablement que : Paul avait été baptisé.

entre les deux récits qui s'appellent l’un l’autre. Dans 9,17 Ananias dit à Paul : « Le Seigneur Jésus qui t'est apparu sur le chemin... » Or, dans

le récit, il n’est pas question d’une apparition de

Jésus mais seulement de sa voix qui se fait en-

tendre. Les deux conceptions correspondent à deux

stades différents du développement de la tradi- PAtION,. « k WTR

: En éliminant les détails qui peuvent être des

. développements littéraires ou qui, comme la cé-

cité de Saul, ont été introduits sous l'influence

de l'épisode d’Ananias, retrouve-t-on les éléments d'un récit qui pourrait venir d’une source ancienne ? È La critique se montre en général assez sévère. Pour ces récits de la conversion de Saul. Pour Wendland(Urchr. Lütf.,p. 329) ce sont de libres dé. veloppements derrière lesquels il ne faut chercher aucune tradition ; Wellhausen (Xi. An, ps AT) estime que la christophanie est un fait inébranlable mais que le récit qui en est donné est légen-. daire; Loisy (p. 384) juge qu'aucun des trois.

1. Voir notamment l'invitation adressée à Paul de se rendre à Damas où il lui sera dit ce qu'il doit faire.

LE

guérie ?. 1] y a cependant quelques différences

ax; 4,7 à

s bi ne

Le

din fl x

2. Sur le caractère symbolique de la cécité et de la guérison,

voir PREUSCHEN, p. 58.

Lt

De? à Stud

be M dede

dues

Un des grands arguments que l'on invoque d'ordinaire contre l’historicité du récit de la con- | version est que la donnée première sur laquelle il repose est légendaire. IL est vrai, en effet, que le grand-prêtre, pas plus quele sanhédrin, nepouvait donner à Saul des pleins pouvoirs pour Damas où les synagogues n'étaient pas sous leur juridic-

tion ‘, mais ne pourrait-on concevoir que la source ait parlé seulement de lettres qui accréditaient Saul auprès des synagogues de Damas et que le

rédacteur ait forcé les choses en parlant de pou-

voirs qui auraient permis à Paul d'emmener pri-

sonniers à Jérusalem les chrétiens qu'il aurait trouvés à Damas ? Pour écarter complètement la

donnée initiale du récit il faut rejeter l’historicité des persécutions dirigées par Paul contre les chrétiens de Jérusalem. C’est une thèse à laquelle beaucoup d'auteurs se sont ralliés depuis une vingtaine d'années * mais qui ne nous paraît nullement démontrée. Le fait de ia persécution étant

incontestablement établi par le témoignage même

Page 1