‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 88 sur 127 · Contre l'opinion de Lorsy, p · texte numérisé non relu

Contre l'opinion de Lorsy, p

sur Jean-Marc (13, 5?) qui occupe une place peu

naturelle et qui n’est pas une création du rédac-

teur lequel n'aurait pas imaginé un épisode rela- ‘#

tif à Marc, épisode qui risquait de contredire son idéal d’une parfaite harmonie entre les apôtres. De même la manière dont le nom de Paul apparaît pour être, dans la suite, exclusivement employé suppose qu'il y avait primitivement là une notice plus détaillée. D'un autre côté le récit de la mission à Chypre appelle, au point de vue historique,

de graves réserves. L'altercation de Paul avec le

magicien Bar-Jésus ou Elymas a trop de points

communs avec l'épisode de Samarie (S, 18-24) ° pour qu’on ne doive pas y reconnaitre, au moins, . un fort élément rédactionnel. Cependant le fait 7 qu'au cours du récit (13,7) Barnabas est nommé

avant Paul empêche de penser à une simple créa-

tion du rédacteur.

De Paphos où s'était passée la scène devant Sergius Paulus, les missionnaires gagnent Perge de Pamphylie. S'ils ne prolongent pas leur séjour à Chypre malgré les conditions favorables que doit

1. Double nom dont l’origine ne peut guère être attribuée au +

rédacteur mais qui trahit l’influence d’une source où la dualité de noms devait être expliquée.

2. Hozrzmans, H. C., Î,2, p. 87. Lorsx (p. 511 s.) indique avec raison que le caractère plus vague du récit relatif à Elymas montre que la priorité doit être du côté de l'épisode du ch. 8.

Lo

E eds ne S ee que sil ‘auteur des ù ‘Actes s’attachail toujours à donner un récit com-. plet de l’activité de Paul dans chacune des con- trées ou des villes qu'il ee ce qui est loin d'étrelecas. in Le verset 13? qui relate le retour de ee Marc à Jérusalem donne nettement l'impression d'un , texte mütilé et altéré. Le rôle subordonné attribué à Jean-Marc ne rendait pas nécessaire de raconter son départ. 11 rend difficile de comprendre que cette défection ait pu, dans la suite, provoquer la séparation de Paul et de Barnabas. Le retour de : ei à Jérusalem ‘ était peut-être motivé dans la. source, le rédacteur n'aura retenu que le fait afin de l'utiliser ultérieurement pour faire disparaître la véritable raison de la séparation entre Paul et - Barnabas*.

Le récit de l’activité missionnaire de Paul en Pamphylie — comme d’ailleurs dans les autres

+ 1. Peut-étre originairement à Antioche car c est à Antioche Fe nous le retrouverons.

FPS

é 4 # . . L'idée indiquée par Lotïsx (p. 521) d'ûne rivalité d'auteur, 7 ; ds une intention de Luc de discréditer celui qui avait rédigé le à 1 De. second évangile ne nous paraît pas pouvoir être retenue notam- & , . ment parce que le rôle de Marc n’est nullement présenté dans D. D" les Actes sous un jour défavorable. 3 | 4

LFs un te systématique. L'apôtre se serait d’abord et exclusivement adressé aux synagogues ; 5

il n'aurait parlé aux païens qu'après avoir cons- taté l'échec de ses efforts auprès de ses compa- triotes. La chose est présentée dans les Actes d'une

manière si absolue qu’on doit y voir le développe- “PA Se ment de l’idée formulée dans l’épitre aux Romains: «au Juif d’abord, au païen ensuite » (Rom. 1, 16). vire Dans une certaine mesure ce tableau correspond à la réalité. Paul a dû utiliser pour sa prédication tous les points d'appui qu'il pouvait trouver et, d æ avant tout, les synagogues qui constituaient des” centres ardents de propagande monothéiste. Il se AR peut aussi que très fréquemment les choses se soient FNTAS gâtées entre Paul et les Juifs, mais l'analyse méme "0e des récits prouve que Paul n’a pas toujours at- hi

tendu l'échec de sa prédication aux Juifs pour |

s'adresser aussi aux païens et de même il n’a pas

toujours dû attendre de s’être séparé de la syna- -gogue pour chercher à doter les communautés

qu il formait d’un autre centre de réunion (War- :

LHAUSEN, Krit. An., p. 26; Lorsy, p. 509 s.541)... Le récit de Panvité de Paul à Antioche de Pi-

sidie (13, 14-52) confirme ces observations. Les missionnaires viennent à la synagogue où, la parole

leur étant offerte, Paul prononce un discours. On è lui Jonas de parler de nouveau le PLOCREL

idee F. otre ce qui provoque | fureur des Juifs. C’est alors que Barnabas et Paul déclarent qu'ils étaient tenus de s’adresser d’abord aux Juifs mais que, maintenant, ils vont prêcher

l'Evangile aux païens. L’émotion produite dans

toute la ville par la prédication de Paul ne se

comprendrait pas si, jusque-là, seuls les Juifs et

les prosélytes avaient eu l’occasion de l’entendre.

Le récit brise done le cadre dans lequel le narra-

teur a voulu l’enfermer. 1 __ Le discours de Paul au lieu d'être accompagné de la remarque que l’on attend sur l'effet produit

est suivi d’une remise à huitaine qui contredit la

permission de parler qui a été accordée à l’apôtre. . Deux traditions sont ici juxtaposées: d’après l’une,

les autorités synagogales refuseraient la parole à Paul ou plutôt l'ajourneraient à huitaine, puis,

au moment où l'apôtre qui avait employé le délai qui lui était imposé pour s'adresser aux païens,

voudrait enfin prendre la moe dans la synagogue, les Juifs excités contre lui s'y: opposeraient. : À cette manière de se représenter les choses qui viendrait du récit primitif le rédacteur aurait su-

1. Waexbr, P+ 234 s. Lorsx (p. 539) pense que le récit actuel peut être suffisamment expliqué par la gaucherie du narrateur

sans qu’il soit nécessaire de recourir à lhypothèse d’une source surchargée et remaniée. ,

sit

Mr

. sabbat.

L'examen du discours confirme cette manière

de voir. On ne peut avec Bethge (Die paulinischen |

Reden in der Apostelgeschichte, Gættingen, 1887,

p. 17 s.), y voir une reproduction libre dans la

forme, mais, pour l'essentiel, fidèle deparoles réellement prononcées par Paul. On y relève tant de réminiscences des discours des premiers chapitres

Paul se représente l'apostolat, le sien en particulier (Wezzmausen, Krit. An., p. 25.0. 1). Dans le même verset la mention des jours pendant lesquels Jésus

s'est manifesté après sa résurrection exprime une conception qui se rattache au remaniement du

prologue, c'est-à-dire à la partie La plus jeune du livre des Actes (Loisx, p. 530).

des Actes qu’on peut bien dire avec Holtzmann (H.C., 1.2, p.92; ef. p. 88) que ce n’en est qu'une récapitulation.Ce qui est dit des apôtres témoins de la résurrection (13,31) contredit la manière dont

Ainsi, derrière la narration actuelle de la pré-

dication de l'Evangile à Antioche de Pisidie, on

peut reconnaître un récit plus ancien qui ne contenait pas de discours de Paul et dans lequel l’apôtre n'attendait pas, pour s’adresser aux païens,

d'avoir solennellement rompu avec la synagogue.

D. autorise à faire des ces Eure a prosé ytes il faut supposer qu'il y a dans le récit actuel une lacune et qu’originairement il était question d'une prédication en dehors de la synagogue.

L’émeute provoquée par les Juifs contre les prédicateurs de l'Evangile (14, 2) paraît bien de-. voir être mise au compte du rédacteur ainsi que

l'indication du verset 5 sur le départ des apôtres. - Elle est contredite par le fait que toute une par- tie de la ville s’est prononcéé pour eux ce qui devait rendre vaines les menaces des Juifs. Comme 4 4 de plus il est dit que les missionnaires se réfu- gient à Lystre et à Derbe (6)c’est-à-dire dans deux villes à la fois, il y a fortement lieu de soupçon- | ner ici un remaniement rédactionnel.

L'épisode dela guérison de l’impotent de Lystre (14, 7-10) appelle diverses réserves. Il est peu naturel que l’évangélisation de Lystre et de Derbe

ayant été racontée au verset 6, le récit revienne en

À arrière pour raconter en détail la guérison d’un impotent dans la première de ces deux villes. Le miracle est, de plus, rendu fort suspect par des analogies! qui vont jusqu’à des identités d'expres-

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