‹ Introduction au Noveau Testament (volume 4)Chapitre 94 sur 127 · LA · texte numérisé non relu

LA

pression de la narration de l'incident d'Antioche

à propos duquel était. relatée l’arrivée de Pierre © accompagné de Silas et peut être aussi de Jean- Marc dont le retour à Antioche n’est pas raconté

dans l’état actuel du récit (Voerrer, Neutestamentliche Streitfragen, N. theol. Tijd., 1915, p. 139 ;

Lorsv, p. 606). Cette combinaison très ingénieuse

nous paraît se heurter à deux difficultés principa-

les. La première est que, si on retient l'indication

. qui ressort des chapitres 10 et11,—eton ne voit pas pourquoi on ne laretiendrait pas, — la persécution

d'Agrippa à dû suivre de très près la conférence

de Jérusalem. Silas n'aurait donc pas eû le temps

de s’acquitter d’une mission qui ne pouvait con-

cerner exclusivement l'Eglise d’Antioche mais de-

vait avoir pour objet les communautés de Syrie

et de Cilicie, puis de revenir à Jérusalem d’où il

serait reparti pour Antioche avec Pierre au mo-

ment de la perséeution. La seconde difficulté est. plus grave. En réalité l’incident d’Antioche n’a

pas été supprimé mais transposé par le rédacteur qui n'en a retenu que ce qu’il lui paraissait indis-

pensable de dire pour expliquer la séparation entre : Barnabas et Paul. Gardant ainsi ce qui était

indispensable pour l'équilibre de sen récit n’au-

La

rait-il pas dû, en même temps, retenir l’idée du retour de Silas non moins utile pour la cohé-

rence de sa narration ? L'argumentation de Loisy

suppose que la source racontait l'incident d'An-

tioche dans tous ses détails et que ce morceau à été coupé par le. rédacteur comme inconciliable

avec l’idée qu’il se faisait et qu'il voulait répandre

-des conditions dans lesquelles Paul: avait exercé

son ministère. Mais il convient de formuler ici

diverses réserves. D'abord est-il certain que l'in- -cident ait eu exactement le caractère que lui prête

Loisy (par exemple p. 613-630) ? Sans doute nous 2 savons par l’épiître aux Galates qu'il y eut entre.

Paul et Pierre une altercation qui dut être vive et que Barnabas se rangea du côté de Pierre, mais il ressort de la première épître aux Corinthiens (2,6) que, même après l'incident, Paul a continué à parler de Barnabas comme d’un: apôtre, — et même comme du seul apôtre — qui exérçait son ministère exactement de la même manière et dans le même esprit que lui. Nous savons, d'autre part,

que Jean-Marc qui, de toutes façons, fut mêlé à

Ernentent se retrouvera dans l'entourage de Paul

à l’époque des épiîtres de la captivité, ce qui prouve que la dispute n’eut peut- -être pas toute la | gravité qu'on lui prête et qui diminue d'autant les raisons que le rédacteur des Actes aurait eues de la supprimer dans son récit. D'un autre côté

| passé même si Les faits étrient en et, en un certain sens, peu édifiants. C’est là une prémisse qui nous paraît fausse. La source des Actes, si

exacte qu’on la suppose, n’a pas été une œuvre de stricte histoire, celui qui l’a rédigée a eu en

vue d'édifier, autant et plus que de faire pure-

ment et simplement connaître ce qui s'était passé.

N'’était-il pas dans son rôle en passant rapidement sur des faits regretlables alors qu’ils étaient peut. être déjà à moitié oubliés et qu'ils n'avaient pas

eu des conséquences irréparables ? Il nous paraît

tout naturel qu'il n'ait retenu de l’incident d’An-

tioche que la séparation entre Barnabas et Paul et

qu'il lait motivée par un différend relatif à Jean- Marc, différend qui pourrait bien avoir été réel et avoir été une conséquence de l'incident auquel avait été mêlé Pierre. Nous ne pouvons, dans ces conditions, admettre que le rédacteur des Actes ait supprimé la mention de l'incident d’Antioche et que ce soit cette suppression qui ait fait éclater

l’incohérence qu’il y a dans la relation d’un retour de Silas à Jérusalem précédant son départ d’Antioche. La désharmonie de la narration est à mettre au compte du rédacteur qui n’a pas aperçu que la conclusion fictive donnée au récit fictif de

la conférence de Jérusalem ne s’harmonisait pas.

“ar ils.

+. On peut observer avec WELLHAUSEN (rit. An. D» 30) q qu’ Ee-ya une certaine correspondance entre le procédé par leque Fe Silas, le RORARORAMRES de Paul dans son deuxième FE

20 va Hernoles lui-même avait até Re U4, 29- 23) com - envoyé à Antioche par les apôtres de Jérusalem. Il y a lèu raison de plus d’attribuer un caractère rédactionnel à la : mis- __ sion de Silas à Antioche. “

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