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Ueber den sogenannten Brief des Paulus an den Timotheus

Berlin, 1807. Cf. Conrapr, Schleiermacher’s Arbeit auf dent Gebiet der neutestamentlichen Einleitungswissenschaft, Leipzig, 1907, p. 17-31. Schleiermacher fut combattu par PLANK, Bemerkungen über den ersten Brief an Timotheus, Goettingen,

done, Goiob pré état bé es gta) de ‘

(Leipzig, 1804-1827), Eichhorn reprit les remarques de Schleiermarcher et les étendit à l’ensemble des épîtres pastorales qu’il proclama inauthentiques toutes les trois. Il devait être suivi par de Wette: qui apporta cependant à la thèse de l’inauthenticité une importante réserve en supposant quel’auteur des Pastorales avait utilisé des fragments plus ou moins étendus de lettres authentiques de Paul. Aïnsi se constituent, dès le premier quart du x1x® siècle, en face de l’opinion traditionnelle sur les épîtres pastorales, les thèses diverses (authenticité d’une ou de deux seulement d’entre elles, inauthenticité de l’ensemble, origine seulement indirectement ou partiellement paulinienne) que la critique débattra pendant le cours du -xrxe, siècle.

Après les épîtres pastorales, ce fut l’épître aux Éphésiens dont l’authenticité fut contestée par Usteri, suivi avec hésitation par de Wette et par Schleiermacher et, d’une manière plus décidée, par Schrader?. En même temps que

1. Lehrbuch der historisch-kritischen Einleitung in die Bibel Alten und Neuen Testaments, Berlin, 1817-1826, 51848.

2, Ustert, Paulinischer Lehrbegriff, Zurich, 1824, p. 2 s. ‘256 s., 263 s. De WETTE, dans son Introduction exprime des

“doutes mais sans conclure formellement à l’inauthenticité comme il le fera dans sa Kurze Erklärung des Epheserbriefs,

l'authenticité de l’épître aux Éphésiens, de Wette contesta celle de la seconde aux Thessaloniciens, mais, sur ce point, sa pensée suivit la marche inverse de celle qu’elle suivit pour l’épître aux Éphésiens. Ses doutes s’atténuèrent avec le temps et, à partir de la troisième édition de son Introduction, ilse prononça pour l’authenticité. Vers la même époque, Mayerhoff (Der . Brief an die Kolosser mit vornehmlicher Berücksichtigung der drei Pastoralbriefe, Berlin, 1838) rejetait à la fois les épîtres pastorales et l’épître aux Colossiens dans laquelle il croyait reconnaître une imitation de la lettre aux Éphésiens.

Ce qui caractérise la première époque de la critique des épîtres pauliniennes dont nous venons de relever les manifestations les plus importantes, c’est qu’elle s’appuie sur des observations isolées et ne cherche pas encore à établir une conception d'ensemble de l’œuvre historique et littéraire de l’apôtre Paul, de nature à fournir un critère permettant de juger toutes les épîtres et non seulement quelques-unes d’entre elles.

Leipzig, 1843, p. 79 s.; ScHLEIERMACHER, Einleitung in das Neue Testament, (posthume), éd. WoLpe, Berlin, 1845, p. 194 ; SCHRADER, Paulus, V, Leipzig, 1836, p. 175. En même temps

SCHRADER rejetait la seconde aux fhessaloniciens (ouv. cit., D. 41.S.).

C’est le mérite et, en un certain sens aussi, le point faible de l’œuvre de Baur, d’avoir introduit dans le domaine des études pauliniennes une conception systématique’. Préparé par son étude sur Le parti du Christ dans l'Église de Corinthe, puis par son livre sur les Pastorales qui concluait nettement à l’inauthenticité, le système de Baur fut exposé dans son ouvrage d'ensemble sur Paul?. On en connaît les grandes lignes : pour Baur l’ancienne Église catholique est née du conflit qui, pendant l’âge apostolique, a opposé l’un à l’autre le judéo-chris-

1. Sur Baur voir Scxwerrzer, Gesch.,d. paulin. Forsch., p. 105.

2. Die Christuspartei in der korinthischen Gemeinde, der Gegensatz des petrinischen und paulinischen Christentums in der aeltesten Kirche, Der Apostel Petrus in Rom, Tüb. Z. f. Theol., 1831, 4, p. 41-136; Die sogenannten Pastoralbriefe des Apostels Paulus kritisch untersucht, Stuttgart, Tübingen, 1835 ; Ueber Zweck und Veranlassung des Rômerbriefs, Tüb. Z. {. Theol., 1836, 3, p. 59-232; Einige weitere Beobachtungen über die Christuspartei in Korinth, Tüb. Z. f. Theol., 1836, 4, p. 1-32; Paulus der Apostel Jesu Christi, Stuttgart, 1845 (seconde édition publiée par ZeLLer, Leipzig, 1866-67), Beiträge zur Erklärung der Korintherbriefe, Th. Jahrb., 1850, p. 139-185, 1852, p. 1-40, 535-574; die beiden Briefe an die Thessalonicher, Theol. Jahrb., 1855, p. 141-168 ; Ueber Zweck und Gedanken des Rômerbriefs, Th. Jahrb, 1857, p. 60-108, 184-209 ; Vorlesungen über neutestamentliche Theologie, Leipzig,

‘1864: Vorlesungen über die christliche Dogmengeschichte, I,

Leipzig, 1865.

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tianisme de Pierre et des apôtres de Jérusalem et le pagano-christianisme de Paul. Les divers livres du Nouveau Testament sont les documents de cette lutte; ils se classent d'eux-mêmes, quant à leur date et à leur authenticité, suivant le moment du conflit auquel ils correspondent. Baur croit posséder par là un critère permettant de résoudre le problème d’authenticité pour chaque livre, en particulier pour chaque épître conservée sous le nom de Paul. Il écarte de l’œuvre de l’apôtre non seulement les Pastorales dans lesquelles il pense reconnaître des allusions au mouvement gnostique postérieur, mais aussi les épîtres aux Thessaloniciens dans lesquelles il ne trouve pas d’écho des grandes luttes entre l’apôtre et ses adversaires et enfin les épîtres de la captivité (Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Philémon) où sont développées des idées étrangères aux grandes épîtres (Galates, Corinthiens, Romains), lesquelles sont, finalement, retenues comme seules authentiques, toutes les autres étant considérées comme des créations ultérieures du parti quise réclamaitde Paul. Accessoirement les thèses de Baur sont confirmées par des raisons d'ordre philologique, les différences de style et de vocabulaire que les épîtres contestées présentent par rapport aux grandes épîtres étant invoquées contre leur

authenticité. Enfin, Baur et ses élèves s'efforcent de démontrer que leur thèse est confirmée par le témoignage de la critique externe.

Le système de Baur fut accepté d’abord par

ses collaborateurs directs, tels que Schwegler, Koestlin, Zeller et, plus tard, par un certain nombre de critiques tels que W.-R. Cassells, l’auteur de Supernatural Religion (London, 1874-77), Davidson, Hatch, Havet, etct.

L'importance de la théorie de Baur ne tient pas seulement à ce qu’elle est une construction puissante et grandiose qui, pour la première fois, présente une conception d’ensemble, systématique et cohérente de l’œuvre de l’apôtre Paul et de son rôle dans la genèse du christianisme, mais encore à ce que la manière dont Baur avait posé le problème a dominé toute l’évolution ultérieure de la critique.

La conception générale de Baur a été modifiée par ses disciples dans deux directions opposées. Un des points faibles du système était certaine-

“ment l'opposition absolue établie éntre les deux groupes, l’un authentique, l’autre inauthen-

1. DavipsoN, An Introduction to the Study of the New Testament, London, 1868, #1894 ; Harcx, art. Paul, Enc. Brit.®, XVIII (1885) (reproduit dans les $$ 4-32 de l’art. Paul, E.-B., III, col. 3606-3620); Haver, Le Christianisme et ses origines, Y, Paris, 1884, p. 101.

tique, distingués dans la littérature De Cette distinction a quelque chose de forcé et

‘partie, combler le fossé que Baur avait creusé

l’école de Tübingue mais qui est resté un isolé. Ge

biblique. Ses idées cependant étaient si bien à

d’arbitraire. Si on croit devoir, en tout ou en

entre eux, on peut être conduit à des conclusions opposées : soit à étendre la condamnation portée par Baur aux épîtres retenues par lui, soit, au contraire, à estimer solidaire des grandes épîtres et, à ce titre, à retenir comme authentique tout ou partie des lettres rejetées par Baur. : j'a

La première voie a été suivie par Bruno e.

Bauer', qui représente l'extrême gauche de + 28 Ses théories n’ont guère exercé d'influence et il 5 a passé pour l'enfant terrible de la critique Re p

dans la logique d’un développement possible de. la conception de Baur que tout un groupe de. , 7 théologiens qui, au début au moins, semblent

avoir ignoré Bruno Bauer ont abouti à des

1. BruNo Bauer, Kritik der paulinischen Briefe, I-III, ÿ Berlin, 1850-52. Un quart de siècle plus tard, Br. BAUER a° Fe développé sa conception positive des origines du christianisme: dans Christus und die Cäsaren, der Ursprung des Christentums aus dem rümischen Griechentum, Berlin, 1877. Sur BR. BAUER voir MARTIN KEGEL, Bruno Bauer und seine Theorien über die Entstehung des Christentums, Leïpzig, 1908; VAN DEN BERG Van EvsiNGA, Die holländische radikale Kritik des Neuen Testaments, Iéna, 1912, p. VII-XIV.

conclusions très semblables aux siénnes. Nous 14 Fe voulons parler de l’école radicale hollandaise di qui, avec Pierson, Loman, Steck, van Manen et d’autres!, finit par rejeter toutes les épîtres pauliniennes. ne

Ce qu’on peut appeler la droite de l’école de Tübingue aboutit à des conclusions très différentes. Il faut signaler ici une circonstance ; assez remarquable, c’est que les disciples de E Baur, sinon ceux de la première génération

fs 1. ALLARD PrersoN, De Bergrede en andere synoptische | __ Fragmenten, Amsterdam, 1878; A. Prerson et NABER, Verisimilia, Amsterdam, 1886 ; Loman, Quaestiones Paulinae, Th. Tidschr., 1882, p. 141-185, 302-328, 452-487, 1883, p. 14- 57, 1886, p. 42-113; (Jonnson) Antiqua Mater, A Study of | christian origins, London, 1887; STECK, Der Galaterbrief nach Æ) seiner Echtheit untersucht, Beïlin, 1888; NaBer, Nucula, À Mnemosyne, 1888, p. 355-390; Van ManEN, Paulus, I, De

De Handelingen der Aposteln, II, De Brief aan de Romainen, III, ; De Brieven aan de Korinthiers, Leiden, 1890-1896 (le tome II A ‘a été traduit en allemand par SCHLAEGER, Die Unechtheit des Rômerbriefs, Leipzig, 1906); art. Paul, E.-B., III, $$ 1-3, 83-51, col. 3603-3606, 3620-3638; FriepricH (MAEuLIS), 10 Die Unechtheit des Galaterbriefs, Halle, 1891; D. VoELTER, ® Die Komposition der paulinischen Hauptbrieje, I, Der Rômerhe und Galaterbrief, Tübingen, 1890 ; Paulus und seine Briefe, M Kritische Untersuchungen zu einer neuen Grundlegung der Le, . paulinischen Brieflitteratur und ührer Theologie, Strassburg, Ds 1905. Voelter rejette entièrement l'épître aux Galates mais De reconnaît dans les épîtres aux Romains et aux Corinthiens des ES fragments authentiques. Sur l’école hollandaise on consultera

4 __ le livre de VAN DEN BERGH VAN EvsincA, Die holländische he radikale Kritik des Neuen Testaments.

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comme Schwegler, Koestlin et Zeller, du moins ceux de la seconde comme Hilgenfeld, Hausrath, Weizäcker et Pfleiderer apportèrent aux thèses du maître dont ils continuaient cependant à se réclamer, de telles restrictions que les positions prises par eux finirent par se rapprocher singu- Jièrement, sur plusièurs points importants, de celles que les adversaires de l’école de Tübingue avaient défendues contre Baur et ses premiers disciples. Il n’est donc pas nécessaire, pour cette période de la critique, de distinguer entre partisans et adversaires de l’école de Tübingue.

On peut caractériser ce mouvement de la critique en disant qu’il a opposé aux idées de Baur une conception plus large et plus souple du paulinisme. Le schéma construit par Baur a été jugé trop étroitet l’on a fait entrer dans le cadre de la vie et de la théologie de Paul des lettres qui en avaient étéexclues, soit pour des raisons de langue, soit pour des raisons de pensée. On assiste ainsi, depuis le milieu du siècle dernier, à un élargissement progressif de la conception du paulinisme et, comme conséquence, de la littérature paulinienne.

En 1850, Grimm et Lipsius soutiennent l’authenticité de la première épître aux Thessaloniciens. Tls sont suivis par Hilgenfeld,

Hausrath, Holtzmann, Pfleiderer, von Soden

et par: la grande majorité des critiques

actuelst. Le même Grimm, puis Reuss, Klôpper, Spitta, Askwith, Harnack, Lake? se prononcent également pour l’authenticité de la seconde épitre, mais cette thèse, tout en ralliant un nombre important de partisans, n’a pas, jusqu’à présent, été acceptée d’une manière aussi générale que celle de l’authenticité de la première épître?.

1. GRIMM, Die Echtheit der Briefe an die Thessalonicher, St. u. Kr., 1850, p.753-816 ; Lrpsrus, Ueber Zweck und Veranlassung des ersten Thessalonicherbriefs, St. u. Kr., 1854,

p. 905-934; HizGenFreLD, Die beiden Briefe an die Thessa-

donicher nach Inhalt und Ursprung, Z. f. wiss. Th., 1862, p. 225-264; Ein, p. 236-247; Hausrarm, Der Apostel Paulus?, Heidelberg, 1872, p. 299; PrLEIDERER, Paulin., p. 38 s.; Urchr., I, p. 88-95; WEIZSAECKER, Ap. Zeil., p. 241-249; HoLTZMANN, Binl:, p.213 S.50P. SCHMIDT, "Der erste Thessaloñicherbrief neu erklärt, Berlin, 1885; Von

. SopEN, Der ersle Thessalonicherbrief, St. u. Kr., 1885, p. 263-

310; Urchr. Litgesch., p. 14-18; DE Faye, De vera indole Pauli apostoli epistularum ad Thessalonicenses, Parisiis, 4892 ;

Jücicuer, Einl., p. 46 s.

2. Grimm, art. cit. ; RENAN, Saint Paul, Paris, 1869, p. vi, 235 s. ; KLôPper, Der aweite Brief an die Thessalonicher,

Theologische Studien und Skizzen aus Ostpreussen, 11, 1889,

p. 73-139 ; SPitTA, Zur Gesch. u. Lit. d. Urchr., I, p. 109-154;

. ASKWITH, Introduction to the Thessal. epp., London, 1902; HarNacx, Das Problem des zweiten Thessalonicherbriefs, Sitz- :

ber. Berl. Akad.d. Wiss., XX XI, 1910, p. 560-578 ; K. LAKE, The earlier Epistels of St. Paul, their Motive and Origin, London, 1911, p. 615.

3. Se prononcent contre l'authenticité : HILGENFELD, Einl., p. 744-765; Hozsrex, der Brief an die Philipper, Jahrb. pr.

OR PR M OR TPE PR APE RO EU PR PR A pe LEA

6 Ha AË Ai

28 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES

L’épître aux Philippiens que Baur et ses dis-

ciples, Schwegler, Koestlin, Volkmar, Holsten avaient catégoriquement rejetée!, fut défendue

par un nombre de plus en plus grand de critiques tels que Lünemann, B. Weiss, Grimm,

Hilgenfeld, Schenkel, Weizsäcker, Harnack, Pfleiderer, etc.?. À l’heure actuelle son authen-

Th., 1875, p. 425 s.; BAHNSSEN, Zum Verständniss von II Thess., 2, 3-12. Ein Beitrag zur Kritik des zweiten Thessalonicherbriefs, Jahrb. pr. Th., 1880, p. 681-705; HoLTzMANN, Einl., p. 213 s.; Zum zweiten Thessalonicherbrief, Z. N. T. W. 11, 1901, p. 97-108; PFLEIDERER, Paulin., p. 38 s.; Urchr., I, p. 95-101; Raucx, Zum zweiten Thessalonicherbrief, Z. f. wiss. Th., 1895, p. 457-465; WREDE, Die Echtheit des zweiten

Thessalonicherbriefs untersucht, Leipzig, 1903 (T. U., N. F., IX) HoLLManx, Die Unechtheit des zweiten Then cherbriefs, Z. N. T. W., V, 1904, p. 28-38.

1. Baur, Paulus, p. 458-475; Zur neutestamentlicher Kritik, Th. Jahrb., 1849, p. 501-533 ; Ueber Philipper, 2, 6s., Th. Jahrb., 1852, p. 133-144; ScHWEGLER, Das nachapostolische Zeitalter, Tübingen, 1846, II, p. 131; KoEsTzIN, Zur Geschichte des Urchristentums, II, Th. Jahrb., 1850, p. 203 s.;

VozKkMaAR, Ueber Clemens von Rom und die nächste Folgezeit,

Th. Jahrb., 1856, p. 310-316 ; Ueber Euodia, Euodius und

. Anaclel, Th. Jahrb. 1857, p. 147-152 ; HoLSTEN, der Brief an

die Philipper, Jahrb. pr. Th., 1875, p. 425-495, 1876, p. 58- 165, 282-372. Cf. aussi Hirzic, Zur Kritik paulinischer Briefe, Leipzig, 1870, p. 15. J

2. LÜNEMANN, Pauli ad Philippenses contra Baurium, Goettingae, 1847; B. Weiss, Der Philipperbrief ausgelegt, Berlin, 1859 ; Grimm, Ueber die Sftelle Philipp., 2, 6-11, Z. f. wiss. Th, 1873, p. 33-59; HiLGENFELD, Paulinische Forschungen, Z. f. wiss. Th., 1873, p. 178-188 ; Hoekstra und der Philipperbrief, Z. f. wiss. Th., 1875, p. 566-576 ; Der Brief des

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