‹ Introduction au Noveau TestamentChapitre 9 sur 154 · II, — APERÇU DE L’HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ÉPÎTRES PAULINIENNES · texte numérisé non relu

II, — APERÇU DE L’HISTOIRE DE LA CRITIQUE DES ÉPÎTRES PAULINIENNES

La position du problème de l’authenticité de la littérature paulinienne sera exposée dans la suite à propos des diverses lettres de l’apôtre ; il ne s’agit ici que de donner un aperçu général qui permettra de reconnaître les grandes lignes du développement des études pauliniennes.

Ce n’est qu’au xvrrre siècle? que la critique littéraire des épîtres pauliniennes s’est constituée en s’affranchissant peu à peu de la dogmatique avec J.-J. Rambach, S.-J. Baumgarten,

1. Sur cette question voir outre le livre de A. SCHWEITZER les diverses introductions, notamment ‘celle de HoLTZMANN.

2. I1 faut cependant signaler les remarques sur l’origine non-paulinienne de l’épître aux Hébreux faites au xvirr siècle par des hommes comme CAJETAN, ÉRASME, LUTHER et CALVIN ; . mais la voie dans laquelle ils s’étaient engagés fut de bonne heure barrée, pour les uns par les décisions du concile de Trente, pour les autres par les progrès de l’orthodoxie protestante.

J.-C. Wolf, J.-H. Ernesti, J.-D. Michaelis et surtout J.-S. Semler’. Ces deux derniers auteurs inaugurent la période critique en mettant en doute l'attribution traditionnelle de l’épître aux Hébreux à l’apôtre Paul’.

Ils furent suivis par Evanson qui, dans son livre sur le quatrième évangile*, rejeta comme non-paulinienne l’épître aux Hébreux et, avec elle, les épîtres aux Colossiens, aux Éphésiens et aux Romains.

1. RamBacu, Inslitutiones hermeneuticae sacrae, 1723 ; BAUMGARTEN, Unterricht der Auslegung der heiligen Schrift, 1742, 21745 ; Wozr, Curae philologicae et criticae in decem posteriores S. Pauli epistolas, Basileae, 1741; ERNEST, Institutio interpretis Novi Testamenti, Lipsiae, 1761; J.-D. Mr- CHAELIS, Einleitung in die gôtltlichen Schriften des Neuen Bundes, Goettingen, 1750, #1788 ; SEMLER, Vorbereitung zur theologischen Hermeneutik, Halle, 1760-1770; Apparatus ad liberalem Novi Testamenti interpretationem, Halae, 1767; Abhandlung von freier Untersuchung des Kanons, Halle, 1771- 1775 ; Semler, le premier, a émis l’idée que nous ne possédons pas les épîtres de Paul sous leur forme originale mais que nous n’en avons qu’une édition ecclésiastique dans laquelle divers fragments d’épîtres sont combinés et qui a subi des retouches et des interpolations.

2, C’est W.-C.-L. ZieGLer ( Vollständige Einleitung in den Brief an die Hebräer, Goettingen, 1791) qui, le‘premier, conclut formellement sur ce point.

3. The dissonance of the four generally received Gospels and the evidence of their respective authenticity, London, 1792, p. 255- 289. Nous citons d’après Van MANEN, Die Unechtheit des Rümerbriefs, trad. SCHLAEGER, Leipzig, 1906, p. 2.

Les premiers critiques, cependant, firent, em général, preuve de beaucoup moins de hardiesse. A la fin du xvrrre siècle, Hänlein’, expri- . me quelques doutes sur la seconde épître aux Thessaloniciens et la seconde à Timothée mais conclut cependant dans le sens de l’authenticité. Vers la même époque, J.-E. Christian Schmidt conteste l’authenticité de la seconde aux Thessaloniciens et formule des réserves sur celle des Pastorales?. |

Ce n’est cependant pas à lui mais à Schleiermacher que revient le mérite d’avoir, le premier, posé rigoureusement la thèse de l’inauthenticité de la première épître à Timothée®, tout en maintenant l'attribution à Paul de la seconde épître et de la lettre à Tite. :

- Dans son Einleitung in das Neue Testament

1, Handbuch der Einleitung in die Schriften des Neuen Teslaments, Erlangen, 1794-1800, 21801-1809; Lehrbuch der Eïinleitung in die Schriften des Neuen Testaments, Erlangen,

2. Vermutungen in die beiden Briefe an die Thessaloniker, Bibl. f. Kritik und Exegese, II, 1798, p. 380-386; Historischkritische Einleitung in das Neue Testament, Leipzig, 1804.

Page 1