Sur Jean-Marc, voir Intr., I, p
* 4. F, TrAuTzscx, Die mündliche Verkündigung des Apostels- Paulus nach seinen Briefen, Frankenberg, 1903; FREYTAG,. s Missionsmethode des Weltapostels Paulus auf seinen Reisen,
Z.f. Missionswissenschaft, 1912, p. 114-128 ; OgrKEe, Missions- - predigt des Apostels Paulus, 1920 ; K. Preper, Die Missionspredigt des Rhl. Paulus, D pre 1921.
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cieuses parce qu’on peut, en un certain sens, les
considérer comme le prolongement de l’ensei-
gnement oral de l’apôtre et aussi parce que Paul est amené parfois à y traiter des questions qui faisaient l’objet habituel de sa prédication et qu’il a dû les traiter suivant le même schéma et,
en partie aussi, dans les mêmes termes.
Il y a cependant des éléments comme la polémique contre le polythéisme qui occupaient
- une grande place dans la prédication orale de -Paul et qui ne reviennent pas dans les lettres.
On n’y trouve pas non plus d’équivalent de la narration de la passion à laquelle Gal, 3,1, fait allusion. ,
La prédication de Paul était peu brillante.
Ce qu’il y avait d’humble dans son attitude et de faible dans sa parole contrastait avec l’énergie de ses lettres (11 Cor., 10,10). Elle ne brillait ni par l’éloquence ni par l’habileté de la dialectique. Paul déclare expressément qu'il renonce à ces moyens d'entraîner les convictions (1 Cor., 1,22-2,5) il faut ajouter à cela l'inévitable répercussion de l’état physique de Paul sur son attitude et sur les caractères extérieurs de sa prédication (Gal., 4,13. I Cor., 2,3).
Cette prédication sans art et sans prestige extérieur était cependant d’une incontestable puissance. Paul expliquait son efficacité par
Jaction de l'Esprit dé Dieu (1 Thess., 1,5.
1 Cor., 2.4). Les termes qu’il emploie à ce sujet ne sont pas, pour lui, des images ; il faut les prendre au pied de la lettre. L'apôtre est convaineu que c’est la puissance de Dieu qui. est à l’œuvre dans la mission. C’est elle qui pro-
duit les phénomènes pneumatiques divers, pro=
diges, miracles, glossolalie qui constituent les Fe signes de l’apostolat (1 Cor., 9,2).
La prédication de Paul répondait admirablement aux aspirations du temps. La religion des mystères exprime, avant tout, un besoin de salut. L’individu voué à la mort, en proie à l’action de puissances mauvaises, faisant partie d’un monde qui va à l’anéantissement, soupire après une transformation de sa nature qui la rendra immortelle et incorruptible. Ce qu'il faut à l'homme c’est un Sauveur’. La doctrine qui le lui prêchera sera une bonne nouvelle, «un Évangile ». À ces aspirations, la prédication paulinienne répond mieux que ne pouvaient le faire les mystères puisqu'elle ne met pas la garantie de la transformation rédemptrice de la nature humaine dans certains rites mais dans une expérience d’ordre moral qui a, pour celui qui l’a faite, une valeur incontestable.
ARE terme n’est pas chrétien seulement mais hellénistique Cf, WenDpLanD, 2OTHP,Z.N.T. W., V,1904, p. 335-353.
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e 254 LES ÉPÎTRES PAULINIENNES
Le terme de doctrine de la rédemption par lequel on peut résumer l'Évangile paulinien doit être pris dans un sens très large. Il ne s’agit pas seulement d’une expérience morale mais d’une victoire remportée par le Christ sur toutes les puissances démoniaquest.
La prédication de la résurrection, c’est-à-dire du triomphe que les croyants remporteront par le Christ sur la mort, occupait dans l’enseigne- ‘ment de Paul une telle place que l’apôtre faisait l'impression de précher des Dieux étrangers Jésus et Anastasis (Actes, 17,18). "Si "con testable que soit l'épisode d'Athènes où se trouve ce détail, l'indication donnée conserve sa valeur. Le développement de 7 Thess., 4, 15-18 prouve que les chrétiens de Thessalonique avaient conçu la rédemption comme une transformation de la nature humaine que le Christ Téaliserait à son retour et ils se la représen- ‘taient d’une manière si matérielle que, d’après eux, ceux qui ne seraient plus en vie au moment du retour du Christ perdraient le bénéfice de son œuvre. Comment une telle conception auraitelle pu se former si Paul n'avait pas fait, dans sa
1. Cette idée de victoire remportée sur les démons est symbolisée, dans Îles Actes, par la victoire de Paul sur le magicien Elÿmas, Bar-Jésus (13,6 s.) et aussi par l’épisode d’Éphèse (19,19) où des magiciens, sous l'influence de la prédication Paulinienne, renoncent à la pratique de leur art.
- LME (0) . ! L } A s" 2 prédication, une place centrale à l’idée de la
transformation de la vie humaine en vie immor-
telle et incorruptible ?1
C'est parce qu’il répondait directement aux besoins les plus profonds des hommes du temps que le paulinisme a été accueilli avec enthousiasme par des hommes sans culture. Deissmann (Paulus, p. 93 s.) a raison de soutenir que ce n’est pas un système théologique abstrait qui pouvait obtenir un tek succès. Il va cependant trop loin et nous paraît méconnaître le véritable caractère du paulinisme en voulant n'y voir qu’une expérience religieuse à l'exclusion d’une théologie.
Les auteurs qui ont essayé de se faire des idées pauliniennes une conception d'ensemble “ont varié dans le choix de la notion qu'ils mettent à la base de la pensée paulinienne?.
Pour se placer d'emblée au centre des préoccu-
. 1. C’est peut-être aussi par l’idée de la rédemption conçue dans le sens d’un réalisme physique qu’il faut expliquer la thèse des libertins corinthiens et la négation de la résurrection.
2. Nous ne donnons ici qu’une esquisse très générale de la pensée de Paul, dans la mesure où il est nécessaire de la connaître pour comprendre son œuvre. C’est pour cela que nous n’entrons dans la discussion d’aucun problème et que même. nous renonçons à citer les textes qui nous paraissent justifier. notre interprétation de paulinisme. Pour la même raison, nous ne donnons pas ici de bibliographie. On trouvera les rensei- ‘gnements nécessaires dans ScHwe1TzER, Gesch. d. paul. Forsch..
tes